S'identifier - S'inscrire - Contact

Archives par mois


Recherche


Archive : tous les articles

Auteurs

Entre autres choses, vous trouverez ici les chroniques personnelles de Denis Marion. porte-parole de TBBW.
Ses chroniques sont également lisibles sur Blog à part, des chroniqueurs réunis autour de Vincent Engel.
 
 

Vous trouverez également comme signataires  "le collectif Calvin & Hobbes" plus inspiré par les personnages de Bill Watterson  que par les homonymes philosophes. Ce collectif d'écriture et de réflexion aux participations fluctuantes regroupe , apporteurs et correcteurs selon les saisons et les envies.
 
 
 


 Les textes et chroniques n'engagent que leurs . Ils n'expriment pas systématiquement l'opinion de l'association.

Carte bleue ou droit de piller.

Entrée et séjour des travailleurs hautement qualifiés (carte bleue européenne)

La présente directive a pour but de renforcer les capacités de l’Union européenne à attirer les ressortissants de pays tiers aux fins d’emplois hautement qualifiés. Il s’agit non seulement de renforcer la compétitivité dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, mais aussi de limiter la fuite des cerveaux. […] La directive s’applique aux ressortissants hautement qualifiés de pays tiers qui souhaitent être admis sur le territoire d’un État membre pour une période de plus de trois mois pour un emploi. Elle s’applique également aux membres de leur famille[1].

D’emblée, il est difficile de se positionner sur ce genre de dossier. Subtil, complexe, pas à la portée des premiers venus.
Si nous avons bien compris, il s’agit de permettre à des (jeunes) gens brillants de rester sur le territoire européen pour prester l’un ou l’autre contrat afin d’aider nos entreprises à conserver une certaine place dans le monde. Donc, essentiellement pour des raisons économiques.  Des buts intéressés, s’il en est. Mais c’est néanmoins une initiative qui vient contrecarrer les efforts français d’expulsion de jeunes étudiants brillants mais étrangers. Louable, alors ?

Néanmoins, au risque d’être provocateurs, nous souhaiterions faire un parallèle avec notre propension à considérer les pays tiers (et généralement plus pauvres) comme des réserves de moyens disponibles, matières premières, terres, main d’œuvre, etc.

La désindustrialisation ou la mécanisation du continent a conduit à délaisser les travailleurs moins qualifiés (Même si dans les faits, ils sont bien utiles pour faire pression sur les salaires). Cependant, parce que la recherche et le développement restent, semble-t-il, notre apanage, notre raison d’être, il semble tout-à-fait convenable et souhaitable de s’attacher les services de ces diplômés.

Mais alors, que reste-t-il pour leur pays d’origine, dont on glose systématiquement le retard, le déséquilibre, la corruption, l’absence de démocratie ou l’extrémisme religieux. L’on pourra nous objecter que, leurs missions finies, après avoir fait leurs expériences, ils retourneront dans leur pays pour aider au développement. Mais nous avons souvenir de ce jeune médecin qui travaillait aux urgences d’un hôpital bruxellois, qui nous expliquait, que malgré les conditions difficiles dans lesquelles il exerçait, elles restaient infiniment meilleures que celles de son pays d’origine et qu’il ne souhaitait pas, avant longtemps, y retourner.

Les différentes diasporas ont la réputation de financer des activités dans leur région natale. Et pour certaines communautés, ce serait leur seule source de survie. Ce mouvement de solidarité est donc essentiel. Mais sur le long terme, est-ce réellement la solution pour eux ? Ne faudrait-il pas que ces forces vives, éduquées, contribuent activement à des projets locaux.

Mais avouons-le, nous pouvons comprendre que les sirènes occidentales soient à ce point tentatrices. Alors, si nous engageons ces gens, ne devrions-nous pas nous engager dans leur pays. Bien entendu, aucunement pour continuer à piller les ressources, à profiter de réglementations laxistes pour se défaire de nos déchets ou s’approprier des terres. Nous ne pouvons admettre de laisser à la porte de la forteresse Europe des hommes et des femmes dont la situation empire à cause de notre rapacité, ou celle des Chinois, ou des Américains, ou des…

C’est bien pour cela que le Collectif se pose des questions sur ces politiques migratoires.


Par chercheinfo • Mercredi 04/04/2012 • Version imprimable

Croire ne fait pas de vous un sectaire.

Au Collectif , nous sommes pour la plupart, plutôt des agnostiques, des femmes et des hommes qui préfèrent leur sens critique à la foi dans un quelconque dogme. Mais dans certains cas, nous arrivons à croire à certaines choses, comme au réchauffement climatique. Cela ne fait pas de nous des adhérents à une secte quelconque, mais des femmes et des hommes qui jugent rationnellement que le danger d’un réchauffement est bien réel. Une pensée rationnelle fondée sur les travaux de scientifiques avec des méthodes de scientifiques.

Bien entendu, il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec le principe du réchauffement anthropique, mais le plus souvent, ce sont des personnes qui sont liées peu ou prou à certains gros pollueurs ou qui n’ont pas les compétences ou le plus souvent les deux. Claude Allègre est un des plus beaux exemples de ces charlatans. Néanmoins, ces climato-sceptiques ont leurs supporteurs, leurs suppôts dans certains milieux, des gens qui ont peur pour leur avenir, généralement pécuniaire et court-termiste.

Bien entendu, au nom du libre examen, il est toujours possible de les écouter, comme ça, pour le « plaisir ». Parce que pour l’utilité du discours… En effet, à ce train, pourquoi ne pas écouter religieusement les commentaires de Sarah Palin sur la poignée de mains, de pattes entre un homme et un dinosaure bon teint ?

Mais quand ce genre de discussions, d’exhibitions atteint le parlement, ne sommes-nous pas en droit de nous interroger ? De nous interroger sur les raisons qui poussent à relancer le débat, de nous interroger sur le symbole (…mais si, mais si, vous voyez bien que des gens et pas des moindres ne croient pas à cette fable du réchauffement), ce dont nous n’avons plus besoin maintenant.

La question est simple. Si nous considérons que la probabilité que le réchauffement anthropique soit avéré est élevée, pouvons-nous permettre de ne pas y croire ? Il ne s’agit pas d’une interrogation pascalienne, mais une « simple » appréciation du risque. Y-a-t-il un politique qui veuille courir le risque ? Apparemment oui, à constater le goût de la polémique de certains à la Chambre.

Qu’il y ait des débats de société au sein de cette honorable assemblée est normal et salutaire. Mais que l’on perde son temps à remettre en question l’énoncé d’un problème pour lequel l’important est de trouver une ou des solutions est préoccupant. Il y a urgence, pour le climat, pour la perte de biodiversité, pour les pollutions grandissantes, pour les problèmes énergétiques, pour l’alimentation, pour les pénuries de matières premières. Mais ces débats sont autrement plus compliqués que de lancer quelques saillies à l’égard de soi-disant ayatollahs environnementaux. Tiens, le dogme de la croissance, un député saurait-il remettre cela en question ? Y a-t-il eu des débats ?

Que nos élus se triturent les méninges à bâtir des projets d’avenir, qui ne soient pas des resucées.
Il y a suffisamment de boulot pour ne pas passer son temps à discuter du sexe des anges.

Le collectif « ».


Par chercheinfo • Mercredi 28/03/2012 • Version imprimable

Les batraciens sont plus malins

Source WikipediaL’allégorie de la grenouille est une des fables préférées du collectif «  ». Elle n’a effectivement aucun fondement scientifique[i]. Une grenouille n’attend pas de se faire cuire à point. Elle est réactive, elle tente de s’échapper. Cette allégorie devrait s’appeler « de l’être humain irréactif , soumis à l’autorité et conformiste ».

Tiens, dans l’affaire de l’héliport, vous savez, l’Héliport-Salut, combien de personnes n’ont-elles pas dit… Ho, un hélicoptère de plus… est-ce grave ? Et, puis que pouvons-nous faire ? Sans considérer qu’il ne s’agissait pas seulement d’un hélicoptère de plus et sans envisager que nous pouvons être autre chose que des moutons à tondre.

« Il faut s’entraîner à enlever son collier et être prêt à montrer les crocs une fois acculé à une telle situation[ii] ». estime l’écrivain Kenji Maruyama à propos de ses contemporains japonais et de la catastrophe nucléaire. Ko Sasaki évoque dans son reportage « Le jour le plus long pour les sinistrés[iii] », les réactions des habitants aux appels de deux personnages en combinaison blanche. « Fuyez ! » a trouvé un écho rapide chez quelques-uns, d’autres ont mis du temps à mettre en doute le discours (ou l’absence de discours) officiel.

Maintenant, quand bien même nous ne serions pas des ovins disciplinés, encore faudrait-il que nous soyons correctement informés.
On sait désormais que les informations officielles communiquées par Tepco et les autorités japonaises suite au séisme et au tsunami étaient non seulement insuffisantes mais minimisaient systématiquement la gravité de l’accident et de la contamination radioactive : n’a t-il pas fallu plus de deux mois à Tepco pour reconnaître que c’était bien dans les premiers jours que le cœur du combustible des trois réacteurs avait fondu (melt down) ? N’a t-on pas appris que le Système informatisé de prévision des informations d’urgences environnementales (SPEEDI, en anglais) qui prévoit la diffusion des radionucléides dans l’atmosphère, n’a pas servi à la protection des populations ? Les habitants des villes de Futaba et de Namié, par exemple, ont été évacués vers le nord-ouest sans être informés que le vent dispersait les rejets radioactifs dans cette direction, ce que la simulation montrait ? Les résultats de celle-ci, pourtant obtenus dès les premières heures de l’accident, n’ont été publiés qu’à partir du 3 mai [iv]

Cela pose et repose la question de la confiance à accorder à un discours (semi)officiel. Tepco et le gouvernement japonais ont tous deux sciemment menti. Comme les autorités françaises ont menti lors de Tchernobyl. Comme le gouvernement canadien, à propos de l’amiante, comme…, comme…

Il nous faut impérativement des gages. Il faut que nous puissions exprimer notre esprit critique.  Et comment si des éléments déterminants pour asseoir notre jugement nous sont refusés.

Certes, avec un peu de recherche, nous pourrions en apprendre de belles sur les beaux discours enflammés, sur les belles paroles. Tiens le forum sur l’eau[v] qui débute à Marseille. Avant de croire aux belles paroles sur la valeur de l’or bleu, encore faudrait-il savoir qui en parle, Veolia et Suez[vi], et pourquoi la France soutient ce forum ?

Faut-il pour autant voir dans ce dispositif une démarche de philanthropie ? Comme le rappelle le rapporteur de cette loi lui-même, le député André Santini (UMP, Issy-les-Moulineaux, 92), l'industrie française de l'eau occupe la première place des marchés dans le monde : "L'expansion des entreprises françaises s'est réalisée principalement par l'obtention de contrats internationaux et par croissance externe (acquisition de sociétés, alliances entre groupes concrétisées par l'instauration de filiales communes, prise de participation dans les entreprises...). Le pôle eau de Veolia (Veolia Waters) résulte de l'intégration de la Compagnie Générale des Eaux et de l'Américain USFilter et réalise un chiffre d'affaires de près de 13 milliards d'euros dont 61 % en Europe. (…) Donner aux communes, établissements publics de coopération intercommunale et syndicats mixtes, la possibilité de conclure des conventions de coopération internationale, est non seulement un moyen de permettre une exportation du modèle français de gestion de l'eau, mais aussi un moyen de compléter utilement la conquête de marchés par les grands groupes français". Les grandes majors de l'eau française deviennent ainsi les principaux agents de la coopération, avec le soutien du contribuable, via les agences de l'eau[vii]

Ou tous ces experts économistes qui nous entreprennent sur la rigueur ou la bonté des banques et qui oublient de nous dire qui les appointent. L’université est le paravent d’autres activités, bien plus lucratives. A ce titre nous vous invitons à lire « Les économistes à gages sur la sellette[viii] ».

Loin de la théorie du complot mondial, nous pensons qu’il s’agit d’une saine exigence que de demander à chacun intervenant dans le débat (et a fortiori à titre d’expert universitaire) de montrer patte blanche pour entrer dans l’aire publique (ou au moins d’en dire suffisamment pour que chacun puisse se faire une idée juste).

Deux résolutions du collectif «  » : refuser le collier et lire entre les lignes. 

 Le collectif  «  »


[ii] Ne soyons plus des moutons ! Le 11 mars 2011 a commencé une nouvelle époque, estime l’écrivain Kenji Maruyama. Dans le désarroi, chacun ne doit se fier qu’à lui-même. Et survivre en montrant les crocs s’il le faut… (Courrier International 1114)

[iii] Le jour le plus long pour les sinistrés (Ko Sasaki Courrier International 1114)

[iv] http://blog.mondediplo.net/2012-03-07-Fukushima-et-les-chiens-de-garde-du-nucleaire et Le jour le plus long pour les sinistrés (Ko Sasaki Courrier International 1114)

[viii] Les économistes à gages sur la sellette

Editoriaux, matinales radiophoniques, plateaux de télévision : en pleine campagne présidentielle, une poignée d’économistes quadrillent l’espace médiatique et bornent celui des possibles. Présentés comme universitaires, ils incarneraient la rigueur technique au cœur de la mêlée idéologique. Mais leurs diagnostics seraient-ils aussi crédibles si ces « experts » rendaient publiques leurs autres activités ? http://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/LAMBERT/47476

 
 


Mots-clés :

Par chercheinfo • Mercredi 14/03/2012 • Version imprimable

Héliport, salut !

Source WikipediaQuand quelqu’un veut établir un héliport dans un petit village rural du Brabant wallon, cela engendre nécessairement des prises de position, généralement en opposition à cette installation. Lesquelles en entraînent d’autres dont les tenants s’opposent à l’opposition.
Certains diront, peut-être à juste titre, que les gens ne supportent plus rien. D’aucuns évoqueront la jalousie, la petitesse d’esprit. D’autres considéreront qu’une opposition est une preuve de plus qu’ils vivent dans un pays de cons. Et pourquoi ne pas parler d’atteintes à la liberté, au droit de disposer de ses loisirs et de son argent comme bon nous semble, au plaisir, à l’initiative privée, on en passe et des meilleures. Et puis de toute façon, cela n’est pas pire que ceci ou cela et puis il y a déjà ceci et cela, ce n’est pas grand-chose en sus[i].
Nous, au collectif , nous ne détestons pas être un minimum radical. Un héliport de tourisme pour un ou plusieurs gars, qui invoquent leur facilité de déplacement pour en justifier l’existence, nous jugeons que c’est une connerie. La jalousie ne nous atteint pas. La plaisir, nous adorons cela, mais nous ne nous envoyons pas en l’air à coûts de CO2.  
Nous, au collectif , nous en avons un peu marre que l’on parle d’atteinte à la liberté quand on veut empêcher le développement d’une telle activité. Liberté est un mot trop important pour être galvaudé pour défendre des loisirs polluants, et nous ne dirons même pas de nantis. Parce qu’il faut voir les assoiffés de plaisirs moteurs sans le sou, les grimpeurs d’échelle sociale qui ne mène à rien, les rêveurs de ce qu’ils pourront posséder quand ils auront gagné au Loto, les mous du bulbe qui pensent grandiloquent pour des errements de société.
La consommation ostentatoire[ii] est un de ses errements de société, société de loisirs et de consommation polluante.  Les  riches détruisent la planète, prétend Hervé Kempf, journaliste au Monde. Les riches apportent le bien-être lui répondent ses détracteurs. Nous n’avons pas trop envie de les renvoyer dos-à-dos, parce que nous pensons que le gars Hervé ne dit pas trop de conneries. Nous sommes sur une planète commune, avec des réserves limitées, avec un climat encore propice, mais qui se dégrade, un environnement qu’il est nécessaire de protéger, un équilibre sociétal qu’il convient de conserver, voire de (re)créer. Alors, tous les petits fardeaux qui chargent la barque sans rien apporter…
S’il y a d’autres endroits, d’autres situations problématiques, ce n’est pas une excuse pour ne pas se préoccuper de cet héliport. S’il y a dans les opposants, des aigris, des jaloux, des « nimbysts », cela n’entache en rien la valeur de l’opposition. Un héliport de tourisme fait partie de ces nombreuses activités dont le monde pourrait se passer sans régresser, sans sombrer dans une période obscurantiste, moyenâgeuse, phobie de nombre de commentateurs. Et pour ceux que cela frustrerait de ne plus avoir de moteur ronflant ou de signe distinctif de richesses, nous pouvons leur trouver des alternatives qui ne seraient pas des succédanés. Le plaisir, c’est aussi et surtout dans la tête.

Fallait-il en faire un fromage de cet héliport ? Définitivement, oui.
Alors, salut, l’héliport.

Le collectif «  »


[i]Tirés de divers forums

[ii]Thorstein Veblen



Par chercheinfo • Mardi 06/03/2012 • Version imprimable

August (seconde partie)

Source WikipediaLes choses de la vie ne sont pas limitées à celles que nous évoquions dans notre précédente chronique. Bien entendu, il est essentiel que nous ne restions pas insensibles aux dérives politiques et sociales.  Et nous devons bien nous en convaincre, notre sensibilité n'est finalement guère affectée par ce qui se passe autour de nous en ces matières; l’humanisme reste souvent de façade. Et si l’humanisme n’est pas un gros mot, mais il reste ce qu’il est, une attitude philosophique qui tient l'homme pour la valeur suprême[i]. La partie passe avant le tout, mais la partie oublie qu’elle n’est pas tout.
Dans ces conditions, que dire de la place de la nature, de l'environnement, de l'avenir d'une planète ou de l'espèce.  Si elles sont des préoccupations pour nombre de nos contemporains, elles restent finalement sans effet réel.  L’écologie, cela commence à bien faire, commentait un nain de jardin. L’écologie est un luxe de nantis disent certains, mais son rejet pénalisera les plus pauvres affirmons-nous.

Tim Jackson, dans son ouvrage « Prospérité sans croissance », en abordant le mythe du découplage dit ceci :Jouer avec les chiffres peut sembler tout à fait futile. Mais la simplicité de l’arithmétique dissimule l’austérité de certains choix. Sommes-nous vraiment décidés à éradiquer la pauvreté ? Sommes-nous sérieux quand nous parlons de réduire les émissions de dioxyde de carbone ? Nous soucions-nous réellement de la rareté des ressources, de la déforestation, de la perte de biodiversité ? Ou sommes-nous à ce point aveuglés par le conformisme que nous n’osons pas faire les calculs de peur de révéler la vérité ?

 
L’évidence est là, en ces quelques lignes.

C’est pourquoi, il est nécessaire que non seulement il y ait des gens qui ne saluent pas, mais aussi qui se lèvent, qui se mobilisent. Nous ne résistons à l’envie de reprendre un article du Boston Globe pour illustrer le propos et saluer Bill , héros écolo malgré lui.

Le 6 novembre 2011, Bill est arrivé à Washington pour manifester contre l’oléoduc Keystone XL, devant permettre d’acheminer du pétrole sur plus de 2 700 kilomètres, depuis la province de l’Alberta, au Canada, jusqu’aux raffineries du golfe du Mexique. L’écologiste faisait partie des 1 252 personnes arrêtées devant la Maison-Blanche en août et en septembre 2011, lors de manifestations contre ce même oléoduc. Il a même passé deux nuits en prison. Mais le 6 novembre, il était de retour avec des milliers de personnes et une idée audacieuse. “On ne peut pas occuper la Maison-Blanche, a-t-il expliqué aux manifestants présents, mais on peut l’encercler.” Cette stratégie avait pour but de rappeler à Barack Obama l’une de ses promesses électorales : “mettre fin à la tyrannie du pétrole”. Ce jour-là, 12 000 personnes se sont déplacées, faisant de cet événement la plus grande manifestation organisée devant la Maison-Blanche pour défendre une cause environnementale. Quand il s’est adressé à la foule, Bill avait l’air agréablement surpris. “On n’était pas sûr de voir autant de monde, a-t-il avoué. Cela fait des décennies qu’on n’a pas vu une foule pareille pour défendre l’environnement. En venant aujourd’hui, vous avez accompli quelque chose d’extraordinaire[ii].

En encensant Bill , nous en voyons certains opiner du chef mais n’en pensant pas moins.  Si c’est un «écolo » qui joue les « August », c’est bien, mais quand des scientifiques critiquent la théorie du changement climatique anthropique, ce n’est plus la même chose. Ce n’est pas parce que Claude Allègre gueule seul dans le désert que cela en fait pour autant un héros. Quand on soutient mordicus qu’il n’y a pas d’amiante dans son université, alors qu’elle en est bourrée, on perd un peu sa crédibilité.
Bill et Claude Allègre n’ont rien à voir. Ne joue pas les lanceurs d’alerte qui veut. Et il y a toujours un parti pris à un certain moment. Mais ne nous trompons pas. Les intérêts du premier semblent objectivement plus altruistes que ceux du second qui attend une place dans un prochain gouvernement.
 

Jouons les « August », oublions les « Auguste » Allègre.

 
Le collectif «  ».


[i] …. et revendique pour chaque homme la possibilité d'épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines



Par chercheinfo • Jeudi 23/02/2012 • Version imprimable

August (première partie)

Ressort sur Internet une photographie de1936 mettant en scène une foule faisant le salut nazi à l’exception d’un seul homme, August Landmesser[i]. Ancien membre du parti, il ne lève plus le bras pour saluer. Nous pouvons y voir beaucoup, un refus du totalitarisme, une marque d’amour pour son épouse juive ou celle d’un individualisme forcené. Qu’importe. C’est l’image de l’homme qui ne veut pas hurler la même chose que ses semblables. La première étape de la réflexion est là.

Est-elle suffisante ? Certes non. La  valeur de l’exemple est importante, mais il en faut généralement plus pour réformer les pensées communes. Le conformisme et la soumission à l’autorité sont autrement plus puissants.

Le retour du totalitarisme est-il possible chez nous ? En Europe, en Belgique ? Sommes-nous immunisés contre cette peste ? Les dérives sont là, bien présentes. Voyons la Hongrie ces derniers temps.

Dans la bouche de certains, le mot « démocratie » n’a d’ailleurs plus la même valeur. Par exemple, le fait que Marine Lepen ne puisse peut-être pas obtenir ses cinq cents signatures est-il réellement un scandale comme l'affirme Ivan Rioufol, journaliste au Figaro. Le fait que les élus locaux n'aient pas envie de promouvoir le FN en ne signant pas est-il forcément antidémocratique?

Le mot « civilisation » est lui aussi malmené. Quand les politiques commencent à parler de civilisation, il y a toujours derrière cela une idée de compétition, une envie de supériorité, une position condescendante, au mieux, une attitude raciste, souvent. Mais c'est toujours une façon de distraire les électeurs du néant des propositions qu'on leur fait. Ce n’est point pour rien qu’en France, le jeu de mot, Guéant, Sinistre Néant, puisse faire rire… jaune. 

Mais l’arrogance de nos « démocraties » est bien réelle. Prenons les actes de piraterie en Somalie. Abdulahi Ahmed Guelleh est un pirate présumé. Il est emmené par l’armée française pour être jugé, mais il s’avère qu’il n’est pour rien dans l’affaire au grand dam de ses accusateurs. On l’a mis à la porte. Il est libre. Il peut être content.

« Peu avant minuit ce jour-là, les surveillants de la maison d’arrêt de la Santé, à Paris, où il était incarcéré depuis plusieurs mois, l’ont littéralement jeté dehors. Lui ne voulait pas partir. Il avait peur… Aujourd’hui encore, ce Somalien de 36 ans ne connaît rien ou presque de la France, un pays dont il a pourtant foulé le sol il y a plus de trois ans, menotté et entravé pour « faits de piraterie » au large de son pays. Hébergé depuis sa libération dans un hôtel bon marché de la banlieue parisienne aux frais de Somaliens installés en France, M. Guelleh n’ose pas sortir de sa minuscule chambre à 38 euros la nuit. « Il est complètement perdu. Tout lui est étranger ici, à commencer par la langue », résume son avocat, Me Florent Loyseau de Grandmaison. Perdu, on le serait à moins : de la France, il n’avait donc vu que les murs de ses prisons, leurs gardiens et la violence de certains de ses codétenus. « Sa situation est inédite, poursuit l’avocat. Il se trouve dans un pays où il n’a pas voulu venir, sans aucun document d’identité ni aucune trace d’entrée sur le territoire, et d’où il ne peut pas partir. » « Voilà ce qui arrive quand on permet à l’armée d’enlever des hommes dans leur pays et de les déraciner à la va-vite, sans enquête préalable, afin de les juger », se désole un autre avocat chargé du dossier. » [ii]

Pourrait-on dire comme Jean Ziegler, que les vrais bandits sont les multinationales[iii]

Que dire des Etats-Unis qui autorisent la torture ou la laissent se pratiquer pour atteindre leurs desseins « démocratiques »? De multiples exemples peuvent encore être trouvés mais laissons faire puisque la raison de l’état l’exige.

Soyons certains que « nous » ne sommes pas innocents et que ne pas saluer ne suffit plus. Sinon à être de simples augustes.

 
Le collectif «  ».
 
(Dans notre prochaine chronique, nous poursuivrons sur ce sujet)


[i]August Landmesser (né le 24 mai 1910, présumé tué en février 1944) était un travailleur à l'arsenal Blohm & Voss de Hamburg, connu pour son apparition sur une photographie1 où il refuse d'effectuer le Salut nazi lors de l'inauguration naval d'un vaisseau d'entraînement, le Horst Wessel, le 13 juin 1936. Il est membre du Parti nazi de 1931 à 1935, mais après avoir été père de deux enfants avec sa femme juive, il est reconnu coupable de «déshonorer la race» sous les lois raciales nazies et il est traité comme un opposant au régime du Troisième Reich. August Landmesser se marie en 1935 avec Irma Eckler, une femme juive née en 1913. Elle est arrêtée en 1938 par la Gestapo et détenue à la prison de Fuhlsbüttel. Les enfants (Ingrid et Irène) sont alors séparés; Ingrid est confiée à sa grand-mère, Irène est conduite dans un orphelinat puis dans la maison des beaux-parents. Leur père, August Landmesser, est libéré de prison le 19 janvier 1941. Landmesser travaille ensuite comme chef d'équipe dans la société Püst. La compagnie est une branche de l'entreprise Heinkel-Werke à Warnemünde. En février 1944, il est incorporé dans le Strafbattalion, le 999e Fort Infantry Battalion, où il est déclaré disparu en mission et présumé tué.

[ii] Monde Diplomatique Février 2012.

[iii] http://www.courrierinternational.com/article/2012/02/02/interview-jean-ziegler-les-vrais-bandits-sont-les-multinationales 

Par chercheinfo • Mercredi 15/02/2012 • Version imprimable

Mobilité ou accessibilité ?

Carte blanche parue dans Espace-vie n° 218
Le besoin en mobilité est comme le pouvoir d’achat, un concept que l’on peut tordre et retordre pour le faire correspondre à ce que l’on veut, mais on ne saurait toucher ni à l’un, ni à l’autre tant ils sont devenus des symboles de notre société moderne. La mobilité est donc un enjeu des prochaines décennies. Ce n’est pas pour rien que les autorités, à tous niveaux, se lancent dans des plans. Comment prévoir l’avenir pour que les déplacements se fassent le plus harmonieusement possible. Ainsi, a eu lieu à Louvain-la-Neuve un colloque sur le sujet avec des interventions de qualité et des ateliers très instructifs. Pourtant, nous sommes restés sur notre faim. Déjà simplement parce que nous parlions essentiellement de déplacements domicile-travail ne représentant que 20 à 30% du flux. Le reste est constitué essentiellement des déplacements de « loisir », par essence « imprévisibles » et qui ne sauraient donc être planifiés. Ensuite parce que personne n’a défini ce qu’était réellement le besoin de mobilité.  C’est là pourtant une question essentielle. Permettre la mobilité, mais pour quoi faire ?  Enfin, cette mobilité discutée est restée essentiellement automobile, sans que puisse être envisagé la "disparition" de celle-ci.  Se déplacer en voiture est un axiome.

Laissons de côté le premier point du trio qui n’est somme toute qu’anecdotique. Même si la part des déplacements de loisirs a son importance pour analyser le second point.

Pourquoi se déplace-t-on ? Il y a, là derrière, un modèle de société. Bien entendu, chacun affirmera  qu’il est normal de se déplacer pour aller au travail, pour conduire les enfants à l’école, pour faire des courses, pour aller ici et revenir là. Qui oserait contester la légitimité de ces déplacements ? Les plus progressistes diront qu’il faut, au vu de la situation climatique, plus de transports en commun pour remplacer la voiture mais ils ne remettront pas en question le droit d’aller au cinéma et de rentrer à 22 h 30. Alors,  plutôt que de parler de mobilité à tout crin, ne faudrait-il pas alors se limiter à une notion d'accessibilité aux services?  Parce que tous ces choix individuels ne sont pas sans conséquence. En effet, la pression automobile, souvent plus aigüe le week-end que la semaine en dehors des heures de pointe, est telle qu'elle conduit à prendre des décisions politiques comme des infrastructures ou alors des obligations de parkings, de garages, des limitations de développement par le biais de règles de densification a minima, imposées aux citoyens qui souhaitent construire ou rénover. Des règles faites par peur de voir les rues s'embouteiller. 

A court terme, il s'agit peut-être de bonne politique. Mais à long terme, qu'en est-il? Si demain, l'énergie venait à manquer, ces arguments seraient-ils encore bien pensés?  Dans un article d'Espace-Vie, "Quel avenir pour notre territoire ?"[1], nous avions proposé de recréer des unités plus petites pour qu'elles soient proches des lieux de fourniture de consommation et de travail parce qu'une bonne partie de l'activité tertiaire s'éteindra et que le retour aux productions locales, agricoles ou industrielles, s’imposera largement. Cette solution, qui peut paraître incongrue, se fondait sur la disparition d’une énergie bon marché, impliquant la difficulté de maintenir des processus de production nécessitant matières premières et énergie pourtant en déclin, de maintenir une mobilité permanente des humains et des marchandises et la nécessité de restaurer un environnement équilibré.

Peut-être que les noyaux d'habitat comme l'accessibilité aux services doivent-ils être vus différemment? Une densification forte de nos villages peut-elle rester un tabou?  Ne serait-il pas plus sain  de mesurer les impacts des projets en tenant compte de ces critères : rareté de l'énergie et des terrains à bâtir, plutôt que du nombre de véhicules ou d'une pseudo-ruralité.

Anne Collignon, géographe et urbaniste, Hermann Pirmez, anthropologue, Denis Marion, économiste.



[1] Numéro 197 d'Espace-Vie, "Quel avenir pour notre territoire ?" 

Par chercheinfo • Jeudi 09/02/2012 • Version imprimable

La peinture verte est-elle encore à la mode?

Nous suivions dernièrement une conférence sur le rôle de l’écologie dans un environnement essentiellement économique, où tous les préceptes de fonctionnement de la société sont régis par la finance.  Est-il concevable de dire que l’écologie peut être l’avenir de l’économie ? 

Le propos était de se dire qu’une économie qui n’intégrerait pas un minimum (ou un maximum) l’écologie n’était plus viable. L’orateur défendait l’idée d’une comptabilisation environnementale  complémentaire à la comptabilité classique qui aurait pour effet une régulation « naturelle » et éliminerait peu à peu les processus les plus polluants. Concept séduisant et infiniment indispensable. Mais remplirait-il réellement son rôle ? Nous pouvons bien entendu supposer que particulièrement vertueux et sensibles aux coûts, les entrepreneurs se dirigeront vers le moins polluant. Nous pouvons également supposer que les consommateurs seront tout aussi sensibles et ne réclameront pas autre chose. Mais la question la plus évidente ne semble pas être posée. Le produit ou le service en question sont-ils nécessaires ? Ce qui est offert, aussi peu polluant cela soit-il, est-il indispensable, vital ? Cela remplit-il une fonction quelconque mais essentielle pour la société ou n’est-ce qu’un avatar de plus de ces besoins que l’on nous prête.

Une autre idée défendue par l’orateur était le travail sur l’efficience des matériaux et leur bon usage. Concevoir que, d’une certaine façon, la technologie est une part de la solution. Nous ne saurions faire nôtre le principe de rejet systématique des avancées techniques. Mais leur acceptation ne peut se défendre que si le progrès engrangé a un réel sens socio-environnemental. (Incidemment, il serait bon d’évaluer la valeur éthique de ces progrès quand ils sont le fruit d’une collaboration avec une dictature, comme la Chine par exemple).

Nous ne pouvons pas non plus nier l’importance du recyclage. Mais le recyclage, s’il est une obligation, n’interdit pas par lui-même l’excès de fabrication. Le recyclage ne doit pas éluder la question de la nécessité du déchet ou plus précisément de sa qualification. Fabriquer un objet à partir de bouchons de plastique suppose que le bouchon soit produit. La question est, aussi peu évidente soit-elle pour certains, la nécessité de le produire. Pouvons-nous décemment imaginer une société « zéro déchets » ? Nous pensons possible de l’approcher.

Fonder par ailleurs une société sur le déchet est par ailleurs hasardeux. Prenons l’exemple d’une unité de bio méthanisation. Sa viabilité est liée à l’existence de produits utilisables dans son processus.  Nous pouvons imaginer que l’évolution des pratiques (agri-)culturales assèchera les sources « bon marché » : diminution de l’élevage intensif, utilisation des déchets de haies comme bois raméal fragmenté ou compostage direct des sous-produits.

Tout cela nous fait penser que aussi séduisantes puissent être toutes ces propositions, elles n’auraient un effet, fût-il (ou futile) important, qu’à la marge. Parce que la question qui subsiste est : l’économie (à tout le moins celle de marché) est-elle viable dans un environnement fini ?

Le collectif .
 


Par chercheinfo • Mercredi 01/02/2012 • Version imprimable

État affectif plus ou moins durable fait d'appréhension et de trouble (seconde partie)

Il en est des peurs comme beaucoup d’autres choses. Nous aimons à les classer, les étiqueter pour les nier, les dénigrer.

Les gens ont peur pour tout. Pour leur pouvoir d’achat, pour leur pension, pour leur avenir, ils ont peur. On leur fait peur. Le peur est d’ailleurs un mode de gouvernement[1] . Pas spécialement la peur générée par une dictature franche, mais celle plus subtile des démocraties.

Faisons peur sur les pensions comme nous l’évoquions dans une précédente chronique[2].  Y a trop de vieux, c’est donc que l’équilibre est en péril.

Faisons peur sur l’insécurité, réelle, ressentie ou fantasmée. Cela fait toujours un carton dans toutes les couches de la population. Trouvons un bouc émissaire pour expier le péché.

Faisons peur sur l’avenir pécuniaire. Il fera accepter des économies…pour certains.

Conditionnons nos populations à cet incertain financier pour leur faire accepter n’importe quoi. Jouons sur leur individualisme pour leur faire refuser des revendications ou des prises de position collectives. Utilisons toutes les ficelles pour que le Système ne soit pas remis en cause.

Le peur est un outil de gouvernement, mais pas toutes les peurs, seules les peurs qui servent le dogme. D’autres, qui ne sont pas tout-à-fait dans la ligne, ne seront pas prises en compte. Prenons le cas des prothèses PIP  ou mieux du Mediator, exemples récents, où les craintes ont été jugées surfaites, où les institutions ont été complices, par négligence ou par intérêt. Prenons des exemples plus polémiques comme les gaz de schiste, les pétroles bitumineux, les nanoparticules que l’on préfèrerait éluder.

Prenons le risque nucléaire où  on s’acharne à nous dire que tout va bien. Tout va bien à Tihange, mais il faut quand même construire une digue de protection[3]. Comprenez seulement que l’accident au Japon oblige de revoir certaines choses… L’accident au Japon et une relative pression médiatique, sinon tout cela serait passé au bleu. Parce que des retours d’expérience sur le risque d’inondation, il y a en déjà eu.  (Par contre,  le risque d’expérience de Fukushima risque  d’en prendre un coup. Les minutes de la cellule de crise ont disparu[4].) De bonnes âmes prendront prétexte que le risque zéro pour vous faire avaler les couleuvres. Bien entendu que la vie est pleine de risques, mais c’est une bonne raison de les éviter.

Prenons le dérèglement climatique. Bien présent dans tous les esprits, une peur intéressante, quand elle sert à relancer l’économie. A combattre quand elle sert à alimenter des dérives gauchistes.

Ces peurs environnementales ont en effet en commun de mettre en avant les limites ou les dérives du Système. Elles sont plus contraignantes que les peurs « dogmatiques » comme la peur de la religion de l’autre, la peur de la pensée de l’autre, de l’autre tout simplement. Le frein à l’exploitation des gaz de schiste en France met en péril des « investissements ». La peur pour nos pensions légales favorise la conclusion de contrats d’assurance-pension. Pourtant, la peur de la pollution est fondée potentiellement sur des critères scientifiquement, la seconde, sur des positions dogmatiques ce nous semble.

Comment appréhender ces peurs ? Par les choses les plus difficiles qui soient dans un monde où nombre de citoyens se complaisent dans un individualisme certain et une certaine paresse intellectuelle, l’information, le dialogue, le débat. Ce n’est pas gagné.

Le Collectif .


Par chercheinfo • Jeudi 26/01/2012 • Version imprimable

État affectif plus ou moins durable fait d'appréhension et de trouble (première partie)

Peur, insécurité, méfiance sont  des thèmes porteurs pour des candidats à des élections. Voyez comme Zebulon 1er essaye d’en jouer en France.  A chacun ses têtes de Turc si j’ose, à chacun son fond de commerce.

Cela veut-il dire que la peur ou la crainte sont des réactions systématiquement stupides, que l’insécurité n’existe pas et que la méfiance ne doit pas jamais être de mise ?

Il est des choses qui interpellent réellement. Le problème est que bien souvent, quand nous choisissons l’objet de nos craintes,  nous lui consacrons toutes nos énergies par facilité, bêtise ou malhonnêteté. Et pourtant, nous devrions garder les yeux ouverts pour relativiser toutes ces peurs, pour comprendre les enjeux, pour envisager les solutions.

Ainsi lisant dans le Soir, un article sur le danger de l’islamisme radical[1], nous avons relevé ceci : « La Sûreté relève aussi que cet islamisme radical nourrit l'autre menace qui pèse sur la Belgique : celle de l'extrême droite, certes moins préoccupante, mais qui puise dans le développement toléré de l'islamisme le plus intolérant les arguments de ses discours, fondés essentiellement sur «l'islamisation de notre société ». A lire les analystes de la Sûreté, l'extrême droite et les islamistes radicaux auraient partie liée. » Ce qui rappelle cette évidence que les extrêmes se nourrissent. Mais ce qui est reproché aux extrêmes ici, peut l’être aussi à d’autres ailleurs. Ainsi,  toujours dans le Soir, un article sur les ultra-orthodoxes en Israël  donne une image similaire si l’on prête foi à ces assertions : « Une fillette traitée de pute nazie parce qu’on voyait ses bras, une soldate insultée parce qu’elle s’assied à l’avant d’un bus, et pas à l’arrière, les femmes exclues plusieurs heures par jour de la salle des sports de l’université de Haïfa, des enfants affublés de l’étoile jaune ! Les ultra-orthodoxes imposent de plus en plus leurs règles en Israël. [2]»  « Nous sommes ici au Proche-Orient. La mentalité locale n’est pas celle qui prévaut en Europe occidentale. La stricte séparation du spirituel et du temporel n’a pas cours par ici. » y déclare Reuven Hazan,  Professeur en sciences politiques à l’Université de Jérusalem, ce qui nous semble regrettable.

Ne pourrait-on pas s’inquiéter aussi des propos d’un candidat aux élections outre-Atlantique qui affirme que « Je pense que nous avons un peuple palestinien inventé, ces gens sont en fait des Arabes, et font historiquement partie de la communauté Arabe »[..]. « Ils avaient l’occasion d’aller où ils voulaient, et pour toute une série de raisons politiques ils ont entretenu cette guerre contre Israël depuis les années 1940, et c’est tragique.[3] »  Ce que nous jugeons tragique, ce sont les accommodements avec l’histoire pour des raisons électoralistes et cette incapacité à voir autrement que de manière binaire. Nous pourrions mettre (dans une certaine mesure) la proposition de loi française sur le négationnisme du génocide arménien dans le même registre.

Ou d’un autre comme Rick Santorum que l’on présente comme  un « dur de la droite religieuse connu pour avoir milité pour l'étude obligatoire du créationnisme dans les écoles publiques[4] » qui ne « croit pas non plus au changement climatique, un "canular" des scientifiques. »

Ou plus près de nous, parce que cela démontrera peut-être notre incapacité à faire une Europe réellement démocratique, citoyenne et tolérante.  Enfin, n’est-il pas inquiétant ce passage ? « On n’en croit pas ses yeux : la nouvelle Constitution hongroise, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, ne s’appelle pas " Constitution " ou " Loi fondamentale ". Elle s’intitule : " Profession de foi nationale", et met en exergue le premier vers de l’hymne national hongrois, qui est en fait, dans son entier, une prière : " Dieu, bénis l’homme hongrois ". [5]»  Dans la Stampia, Bruno Ventavoli affirme « Les réformes, la modernité, le marché peuvent attendre. Mieux vaut s’en remettre à des mythes non définis comme la pureté, la sacralité de la terre (que les étrangers mondialisés peuvent acheter pour une poignée de forints), ou des hommes forts aux commandes.[6] » Ces mythes tellement faciles à vendre à ceux qui ont peur. Ces mythes tellement faciles à promouvoir parce que personne ne pourra en mesurer l’efficacité[7].

Sans parti pris, nous n’avons essentiellement repris que des positions au caractère religieux. Sans doute, certainement, trouverait-on ailleurs autant de discours de rejet. A ces discours, il faut répondre par une certaine forme de tolérance, sans naïveté, avec une compréhension des rapports en jeu.

En effet, qu’est-ce qui pousse par exemple quelqu’un à encore croire de nos jours au créationnisme ?

Le Collectif .
 

[3] Newt Gingrinch, de même que les autres candidats républicains, courtise l’électorat juif américain en promettant de renforcer les liens des Etats-Unis avec Israël. Cet électorat, s’il ne représente pas une part conséquente de la population, peut cependant faire pencher un certain nombre d’Etats-clé.

http://www.lalibre.be/actu/international/article/705750/les-propos-d-un-candidat-republicain-indignent-le-premier-ministre-palestinien.html

[7] A lire la presse, il semble que la Commission envisage de réagir, mais principalement pour la mise sous tutelle de la banque nationale. Un coup pour rien si cela se limite à cela.



Par chercheinfo • Mercredi 11/01/2012 • Version imprimable

2012, optimisme ou pessimisme

Un florilège de citations.
“L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles.” de Georges Bernanos
“La seule différence entre un optimiste et un pessimiste, c'est que le premier est un imbécile heureux et que le second est un imbécile triste.” de Georges Bernanos
 

La RTBF commence l'année avec Mickey 3D et leur chanson Respire et la présentation de la présidence danoise.

Pour les Danois enfin, pas question de se concentrer uniquement sur la crise financière. Il ne faut pas, disent-ils, négliger les préoccupations environnementales. Les Danois comptent orienter les politiques vers le développement durable dans la perspective de la conférence des Nations Unies en juin. Un pari difficile tant les Européens sont focalisés sur la crise.

La crise financière prend effectivement et indûment le pas sur les crises environnementales. La rigueur pour les finances et la vie à crédit pour le climat semble une décision facile à prendre pour nos dirigeants. D’autant plus que leurs concitoyens ne comprendraient pas qu’on mettre en péril l’économie pour d’hypothétiques bouleversements. Pourtant, si une dette pécuniaire s’annule, une dette environnementale se paye cash.

 "Une personne optimiste ne refuse pas de voir le côté négatif des choses ; elle refuse de s'attarder dessus.” d'Alexander Lockhart
 “L’optimisme c’est aussi de dire qu’il y a de la tristesse dans la vie, du malheur. Dire que tout va bien, que tout va bien se passer, ce n’est pas de l’optimisme, c’est de la bêtise.” de Cédric Klapisch
Les hommes politiques continuent donc de parler de pouvoir d’achat. Acheter, consommer, consommer, acheter… Boulot, Conso, Dodo ! Et vive la concurrence. L’occasion de vous citer quelques extraits de cet excellent article ”Comment ils ont tué la poste ?” paru dans le Courrier International[1]Le marché postal a été libéralisé au nom du consommateur, nom que l’on donne aux anciens citoyens d’Europe[2]. Avec la privatisation, tout va mieux. Le consommateur sera heureux quand bien même lui-même ou son frère seront au bout du compte chômeurs.
Dans mon coin, le postier fait maintenant son tri à 20 km et prend sa petite voiture pour faire sa tournée. Il en profite pour rencontrer les camionnettes de firmes privées qui font aussi leur petit tour. Est-ce donc un progrès pour la société ? Le contact en tous les cas s’évanouit.

Je prends la sacoche de Mme Goldfinch et nous nous retrouvons dans Farrington Road sous un soleil printanier. On se croirait dans un film publicitaire vantant les joies du métier de préposée. Les bourgeons éclosent, l’air est doux et de vieilles dames saluent Mme Goldfinch en l’appelant par son nom, comme si elles avaient hâte de la voir, comme si elles se sentaient seules et qu’elles risquaient de ne rencontrer personne d’autre de la journée. Nous sonnons à la porte d’un appartement pour faire signer un papier, l’occupant tarde à ouvrir. Il est tout pâlot, mais semble content de voir la postière.

— Désolé de vous avoir fait attendre, je me remets de problèmes intestinaux. Et vous, ça va ?

— Ça va, merci.
— Allez, au plaisir.”

Peut-être cet homme vit-il seul ; un tiers des foyers britanniques ne comptent qu’une seule personne. Tant que la poste existe, au moins un être humain vient frapper à votre porte pour vous donner quelque chose[3].

“L'optimiste est celui qui sait à quel point le monde peut être triste. Le pessimiste, celui qui le découvre tous les jours.” de Peter Ustinov
“Les plus pessimistes d’aujourd’hui ont été les plus optimistes d’autrefois. Ils poursuivaient de vaines illusions. L’échec les a découragés.” de Hu Shi

La poste s’en va et l’Internet se gonfle. Le second serait le fossoyeur de la première, des relations humaines, de la société réelle. Et pourtant, c’est aussi un instrument de révolution.

Il ne fait partie ni de ceux qui croient que nous prenons inexorablement le chemin d’une société policière, ni de ceux qui affirment que la généralisation de la fibre optique s’accompagnera nécessairement d’une diffusion de la démocratie dans le monde. C’est précisément pour cette raison qu’il croit le cybermilitantisme nécessaire : pour aiguiller le cours des événements dans la bonne direction[4].

 “Les optimistes et les pessimistes ont un grand défaut qui leur est commun : ils ont peur de la vérité.” de Tristan Bernard
“Dans la société actuelle, l'optimisme ne saurait être qu'un mensonge à bon marché.” de Jean-Claude Clari
Et il est vrai qu’Internet a permis des combats qui sans être d’une aussi grande actualité et d’une aussi grande acuité que la révolution tunisienne ou égyptienne sont primordiaux pour leurs acteurs. L’Internet comme source de mémoire a aussi son importance. Ce que vous aviez dit il y a cinq ans sur un forum est parfois gênant, mais les rodomontades ou les mensonges d’un élu ou d’un dirigeant sont également disponibles.

Sauver l’Internet libre est une besogne lourde et chronophage. Quelqu’un doit bien nourrir le feu de Prométhée. Mais celui qui se dévoue contribue aussi à façonner l’avenir, ce qui peut expliquer qu’une personne comme Kullenberg – qui ne possède lui-même ni Smartphone ni compte Facebook – passe le plus clair du temps à se battre pour que des gens qu’il n’a jamais rencontrés aient la possibilité d’exprimer leurs opinions sur les réseaux sociaux. Voilà qui lui promet sans doute de nouvelles nuits blanches[5].

“Dans les situations désespérées, la seule sagesse est l’optimisme aveugle.” de Jean Dutourd
“Aujourd'hui, l'optimisme est une nécessité pour préserver sa santé mentale.” de Ben Harper
 En rejetant par référendum le sauvetage de leurs banques et le remboursement de la dette extérieure du pays, les Islandais ont montré qu’il est possible d’échapper aux lois du capitalisme et de prendre son destin en main, se réjouit un historien espagnol, Miguel Sanz Loroño[6].
Ce sont ces élites, secondées par des théologiens et des économistes, qui définissent ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Dans le même mouvement, elles indiquent ce qui est réaliste, suivant leur définition de la réalité, et ce qui ne l’est pas – ce qui donc constitue une aberration de la pensée et ne mérite pas qu’on s’y attarde. Autrement dit, ce qu’il faut faire et penser, et ce qu’il ne faut pas faire et ne pas penser. Cette définition est toujours en accord avec ce qui constitue le fondement même du pouvoir et de sa violence : le terrible concept de nécessité. Il faut faire des sacrifices, nous dit-on d’un air accablé. L’ajustement ou la catastrophe inimaginable relèvent de la nécessité. Une chose est sûre, la logique du capitalisme tardif a quelque chose de perversement hégélien : tout ce qui est réel est nécessairement rationnel, et vice-versa[7].
 
Choisissez votre voix, votre voie.
 

Moi, je continue en 2012 comme les années précédentes…

 
Denis Marion
Entrepreneur sans but lucratif.


[2] Comment ils ont tué la poste Hebdo n° 1103-1104 Courrier International James Meek (jamesmeek.net)

[3] Comment ils ont tué la poste Hebdo n° 1103-1104 Courrier International James Meek (jamesmeek.net)

[4] Christopher Kullenberg, thésard le jour, cybermilitant la nuit Hebdo n° 1103-1104 Courrier International Claes Lönegår

[5] Christopher Kullenberg, thésard le jour, cybermilitant la nuit Hebdo n° 1103-1104 Courrier International Claes Lönegår



Par chercheinfo • Jeudi 05/01/2012 • Version imprimable

Les complices de Tina

Si j’ai bon souvenir, cela doit être Dave Sinardet que j’ai entendu dire sur Matin Première que la classe politique flamande avait préparé son électorat à la problématique des pensions.  Opposant à cela l’inaction des élus francophones en la matière.

Préparer est un de ces mots fourre-tout qui peut être pris dans tous les sens, surtout quand on a mauvais esprit comme moi. Je vous en présente quelques définitions.

  • Faire le nécessaire, le plus souvent par une action tenace et réfléchie, en prévision d'une opération à réaliser ou d'un événement prévu
  • Agir en sorte qu'une action, un événement, un état de fait concernant quelqu'un se réalise.
  • Rendre quelqu'un capable d'accomplir quelque chose, le mettre dans les dispositions physiques, intellectuelles ou morales requises, par une action préalable et concertée
  • Mettre quelqu'un dans des dispositions d'esprit particulières
  • Disposer quelqu'un avec ménagements à quelque chose d'inattendu, de brutal, le mettre progressivement en état de supporter au mieux quelque chose

Préparer quelqu’un à quelque chose peut être indéniablement positif. Mais préparer est aussi le synonyme de manigancer, combiner et là, tout de suite, on peut subodorer de la manipulation.

Faut-il faire quelque chose pour pérenniser notre système social et singulièrement celui des retraites ? Sans doute. Mais quoi ?  Et c’est là que le débat s’évapore.  Tout conduit, semble-t-il, à une seule solution.  Comment d’ailleurs s’y retrouver quand un  journal donne par exemple des chiffres différents sur le « coût du vieillissement » :

  • Le coût du vieillissement coûte déjà actuellement 21,8% du PIB[1]
  • Le coût budgétaire du vieillissement entre 2009 et 2060 s'élève à 6,3% du PIB[2] 

Faut-il croire ce que l’on raconte ? Faut-il considérer qu’il s’agit de privilégier des systèmes de pension alternatifs et nécessairement privés ? Je vous ai mis ci-dessous quelques références qui valent ce qu’elles valent[3]. Néanmoins, elles posent question.  Est-il possible d’avoir un débat citoyen sur ce genre de problème ?

En d’autres termes, peut-on présenter toutes les options pour que nous ayons une vision de la situation ? Des avantages et des inconvénients ?  Au-delà des fantasmes ?

Cela signifie que nous nous réapproprions le droit de discuter.  Cela signifie que nous abandonnions aussi les lieux communs. Reprenons l’exemple  de ma dernière chronique sur la voiture de société.  Selon certaine étude[4], les voitures de société coûtent 4 milliards d'euros à la Belgique. Les mesures récentes rapporteraient  deux cents millions[5].  Ponction insupportable sur le cadre lit-on[6] par ailleurs.  Pourtant cela semble inférieur au coût de l’augmentation du carburant qu’il aurait dû payer s’il n’avait pas sa « carte essence »[7].   Tous ces bénéficiaires de véhicule vont-ils du jour au lendemain quitter la Belgique parce qu’ils payeront « plus honnêtement » leurs avantages en nature ?  Lieu commun ou réalité ? Et est-ce un problème ?

 

Tiens, un petit calcul… qui vaut ce qu’il vaut. Si l’on considère comme dans l’article susmentionné que l’employé va perdre en moyenne 460 euros par an, qu’il y aurait un million quatre cent mille voitures de société en Belgique, cela ferait 560 millions dans les caisses de l’état. Pourtant, comme je l’ai écrit plus haut,  le ministre des budgets n’annonce que 200 millions de recettes supplémentaires.

Quittons la Belgique. Que nous ne dit-on pas sur l’incapacité de la Banque Centrale Européenne à prêter aux états. Poncif ou vérité ?

Pourtant « La Banque centrale européenne a prêté [aux banques] 480 milliards au taux de 1%". Les banques sont aidées à des taux plancher au nom de la crise quand les Etats doivent payer [aux banques]  des intérêts de 4 à 7%, au nom de cette même crise.[8] » rapportait Pierre Larrouturou sur Martin Première. Ce "deux poids, deux mesures" […]. Si l’on est capable de prêter de l’argent aux banques à de tels taux, "qu’est-ce qui empêche de le faire pour les Etats ?", pour qu’ils puissent financer les services publics qui bénéficient à toute la population, s’interroge l’ingénieur. D’autant, précise l’invité, que "dans les statuts de la BCE, il est dit qu'elle peut prêter à des taux de 0,01% à la BEI qui pourrait prêter à 0,02% aux Etats". Ce "sans modifier les traités !", lance l’auteur du livre "Pour éviter le krach ultime", comme on lance un pavé dans une mare. Nous payons donc ce différentiel. Non ? Et nous le payons pourquoi ?

On lit souvent que le gain de productivité a plus profité au capital qu’au salaire [9]?  Mensonge ou vérité ?  Si cela s’avère, est-ce acceptable ? Bien entendu, sinon tous les capitaux foutront le camp. Cliché ou vérité ? La croissance fonctionne-t-elle uniquement avec la consommation ? Si oui, la consommation européenne pourrait-elle être remplacée par la consommation chinoise ? etc… etc….

La classe politique flamande  a donc préparé son électorat à la problématique des pensions.  Mais l’a-t-elle fait objectivement, autant que faire se peut, en proposant les différentes possibilités, ou l’a-t-elle fait essentiellement idéologiquement ? Une question fondamentale quand on sait que des questions aussi, voire plus cruciales, sont éludées. Les aspects énergétiques ou climatiques sont-ils préparés avec autant de soin ? On aime à parler de rigueur, mais tant qu’elle reste pécuniaire.  Les politiques sauraient-ils dire à leurs concitoyens que leur mode de vie devrait devenir obsolète ? Que les habitudes de consommation prises devront être revues ? Puisque que dans leur discours, le problème du climat ou de l’énergie sont aussi importants que celui des pensions, ils devraient trouver certainement les mots pour convaincre.  Sans doute n’en ont-ils aucune envie ? Si la rigueur budgétaire est ancrée dans la tête de leurs électeurs et la leur, la rigueur environnementale ne l’est guère autant.  La suppression des primes pour les économies d’énergie en est la meilleure preuve.

Il est temps que tout cela fasse le sujet de réelles discussions, les plus objectives possibles. Cela suppose des politiques capables de présenter les tenants, aboutissants et les différentes possibilités. Cela suppose des citoyens qui sont prêts à aller plus loin que les lieux communs. Cela suppose des premiers des efforts de pédagogie et des seconds des efforts d’éducation.  Est-ce concevable ? Sinon, acceptons d’être les amants de Tina et d’être des moutons ?

 

Denis MARION

Entrepreneur sans but lucratif.




Par chercheinfo • Mercredi 28/12/2011 • Version imprimable
Plus d'articles (215 articles sur 18 pages):