Pendant ce temps sur Trop de Bruit....
|
Auteurs
Entre autres choses, vous trouverez ici les chroniques personnelles de Denis Marion. porte-parole de TBBW.
Ses chroniques sont également lisibles sur Blog à part, des chroniqueurs réunis autour de Vincent Engel.
Voyez ci-dessous.
|
Il est de coutume de célébrer dans nos sociétés l’esprit d’équipe. Ce n’est pas pour rien que le « fouteballe » a autant de succès. Et une équipe gouvernementale, ce n’est pas autre chose qu’une équipe qui tend à vouloir marquer des buts, en favorisant le jeu, mais c’est toujours au dernier, celui qui a le ballon et qui est devant le « goal » d’envoyer au fond des filets. Là, il est seul, devant sa décision.
Cette métaphore « fouteballistique » en fera pleurer plus d’un par son indigence, mais quand même, le gouvernement wallon, c’est quand même une équipe qui veut atteindre ses buts décrits dans une déclaration. Alors, la sortie de certain ministre dans le dossier « Cita Verde», conseillant à tous d’introduire un recours contre la décision d’un de ses collègues, cela fait penser à un gardien qui demanderait un carton rouge pour son propre avant-centre.
Qu’un bourgmestre, qu’un membre de l’opposition, qu’un député fassent ce genre de recommandations, je peux le comprendre. Ils ont leur liberté de parole. Mais au sein d’une même équipe… Cela démontre une certaine idée de faire de la politique, un jeu où il est plus important d’empêcher les autres de marquer que de faire gagner l’équipe. Ce n’est autre chose quand un ministre, ardent opposant d’un projet, en devient un défenseur quand le ministre, gestionnaire du dossier, change de couleur politique.
Bien entendu, comme au « fouteballe », il y a des individualités, mais les problèmes d’ego, cela se règle dans les vestiaires, pas sur le terrain ou dans la presse. Comme électeur, j’attends d’une équipe gouvernementale qu’elle gouverne, en équipe, en collaboration quand cela est nécessaire. Y aurait-il des divergences ou des manquements, que cela se règle dans l’intimité. D’aucuns jugeront cela hypocrite. Personnellement, je le trouve beaucoup moins que de signer une déclaration commune et de s’en torcher par après. Et puis, j’ai toujours eu horreur des couples qui se disputent en public…
Ha ! Cette déclaration de politique régionale… Elle est signée. Il faut l’appliquer… Ce n’est pas comme certains voudraient le faire croire, une déclaration de bonnes intentions dont on paverait l’enfer wallon. Ce sont des contraintes, mais des contraintes librement consenties par les signataires. A eux de les assumer.
Denis MARION.
Ainsi donc, un ministre refuse la création d’un parc commercial destiné à des grandes surfaces liées à la « Maison ». Ce magnifique projet a été brisé par l’écologie[1], scandent les éminences locales. Les réactions sont telles qu’elles en deviennent exemplatives d’une communication que l’on serait en droit de considérer sans nuance, sans fondement, sans sens de l’avenir.
Il est bien entendu difficile de se prononcer sur le fond d’un dossier dont nous ne connaissons finalement pas toujours l’essence. Cependant, aussi minimale soit l’idée que l’on peut s’en faire, elle ne peut que nous troubler, surtout à cause du battage médiatique.
D’abord, les sorties politiques témoignent chez certains, au moins d’un sens politicien aigu, voire d’un goût pour la trahison, ou pire, et l’on peut en débattre, d’un manque de vision certain.
Ensuite, le traitement de la presse est à ce point divergent, que nous ne pouvons que nous interroger sur son interprétation des faits. Ainsi, et pour prendre un exemple bénin, certains journalistes s’étonnent, naïvement, hypocritement, de retrouver des environnementalistes dans le cabinet d’un ministre ECOLO. Bien entendu, les cabinets PS sont des pépinières CDH et les cabinets MR sont envahis de conseillers PTB.
Heureusement, d’autres essayent d’objectiver le débat. Pascal Lorent, dans le Soir, rappelait quelques vérités[2] :
Il [Philippe Henry] a surtout choisi de ne pas céder à cette facilité qui, désormais, pousse les élus à dérouler le tapis rouge devant les promoteurs. Ceux-ci les bombardent de promesses chiffrées (emplois, compensations) et d’une inauguration en grande pompe. Mais ils sont partis quand les effets pervers de ce type d’investissement se manifestent. Et que ne subsistent que les friches, hier industrielles, demain commerciales.
Les promesses des promoteurs valent parfois celles des politiques. Et quand, en temps de crise, on fait miroiter des centaines d’emplois, ces promesses sont des plus séduisantes.
Huit cents emplois pour la construction et il est certain que les promoteurs ont promis de n’engager que des entreprises de la région.
Mille cinq cents emplois par la suite et ils ne viendront pas au détriment d’autres, un peu plus loin. Un modèle économique basé, apparemment, sur la vente de produits haut de gamme, loin des préoccupations des personnes de la région, loin des réservoirs de clientèles nanties et finalement si proche d’une concurrence française, semble-t-il meilleur marché. (Cela me rappelle cette étude de la VUB sur la perspective de dix mille emplois de DHL à Zaventem, réduite à deux, trois mille dans les faits.) Un modèle de développement basé sur la pérennité des déplacements (en voiture) compulsifs, oubliant un peu vite une réflexion sur l’avenir, comme celle par exemple que nous avions eue au sein de notre comité « Calvin & Hobbes » en posant la question « Quel avenir pour notre territoire [3]? »
Les plus détracteurs, qui critiquent ce refus parce qu’il a été fait sur base de réflexions socio-économiques, ont apparemment oublié que le ministre précédent a utilisé les mêmes arguments pour le refuser une première fois. Mais plus loin que cela, en voulant maintenir la séparation entre le socio-économique et l’aménagement du territoire, outre qu’ils vont quelque part à l’encontre du premier article du CWATUP[4], ils entretiennent, dans une logique peut-être électoraliste, cette idée de la prépondérance des exigences socio-économiques à court terme sur une gestion à long terme.
D’aucuns s’inquiètent de l’apparition de chancres « commerciaux » qui apparaîtront sans doute plus vite encore que nos vieilles friches industrielles. Et, même si l’on peut espérer qu’ils ne nécessiteront pas les mêmes efforts de réhabilitation, celle-ci aura néanmoins son coût. En outre, leur multiplication dans nos villes ne sera pas sans conséquence sur la qualité de la vie.
Je ne peux donc qu’être d’accord avec la conclusion de Pascal Lorent, dans son édito cité plus haut :
Face à ce genre de tentation, le gouvernement wallon se doit de refuser tout sous-régionalisme. Et d’afficher une cohérence et une vision rivée sur un horizon bien plus lointain que la prochaine échéance électorale.
Denis MARION
[1] Amusant finalement si l’on prend l’étymologie : écologie, du grec "oikos" (maison) et "logos" (discours, sciences, connaissance) .
[4] Le territoire de la Région wallonne est un patrimoine commun de ses habitants. La Région et les autres autorités publiques, chacune dans le cadre de ses compétences et en coordination avec la Région, sont gestionnaires et garants de l’aménagement du territoire. Elles rencontrent de manière durable les besoins sociaux, économiques, (de mobilité, – Décret du 15 février 2007, art. 1er) patrimoniaux et environnementaux de la collectivité par la gestion qualitative du cadre de vie, par l’utilisation parcimonieuse du sol et de ses ressources (, par la performance énergétique de l’urbanisation et des bâtiments – Décret du 20 septembre 2007, art. 1er, al. 1er) et par la conservation et le développement du patrimoine culturel, naturel et paysager.
Je ne suis pas un sociologue ou un juriste de l’internet. Je ne crois pas que le réseau soit la panacée pour résoudre les problèmes du monde. Je ne crois pas qu’il soit innocent, on y voit tant de déviances, comme le Club de Couillon de Gouy-haut, et pire encore…, ni qu’il soit coupable, on y voit tant de bonnes initiatives, comme les Amis du Couillon de Gouy-bas.
Mais je crois que c’est un fabuleux outil de communication, qui a encore l’avantage d’être (relativement) libre. Sans cet outil, beaucoup de combats menés n’auraient pas ce retentissement qu’ils peuvent avoir grâce à la Toile, et de manière générale, grâce aux moyens modernes de communication.
Le passage, suite à certains mensonges, en Espagne de la droite à la gauche, aux élections, juste après les attentats de Madrid, les mobilisations en Iran ces derniers mois, la joute entre Google et la république chinoise sont des exemples du rôle que ces nouvelles technologies peuvent jouer. Bons ou mauvais d’ailleurs. Sans cet outil, les actions menées par de nombreuses associations n’auraient pas la promotion qu’elles méritent. Même en Belgique, où la presse « officielle » reste « libre » et « pluraliste », les combats menés n’ont pas toujours les échos nécessaires, particulièrement au niveau local[1].
Ne soyons bien entendu pas naïfs. Cette liberté sur le Net, cette absence de censure ont leurs contreparties négatives, comme la diffusion de modèles racistes, de comportements asociaux, comme la pédophilie,… Le recours à l’Internet comme substitut à la vie en société montre aussi ses limites[2].
Cependant, je reste convaincu qu’un contrôle excessif de la toile conduira rapidement à une atteinte à nos libertés. D’autant plus, si ce contrôle n’est pas mené de manière démocratique et au bénéfice de celle-ci.
J’en veux pour exemple les différentes lois qu’envisagent les gouvernements pour lutter contre les téléchargements jugés illégaux[3]. Cela n’est envisagé que sous l’angle des gros industriels de la musique et du film[4]. Victimes selon certains de leur propre modèle économique, ils exigent un contrôle accru et des sanctions extrajudiciaires. Pourtant comme l’expliquait dans La Libre, Marc Rees, un journaliste spécialisé,
« la démarche des politiques se fonde sur quels éléments ? Sur la chute des ventes de musique ou une baisse de fréquentation des cinémas ? “Il y a certes une modification des modèles économiques dans ces secteurs, mais les politiques français ont mis en place un système de contrôle basé sur une thèse – l’impact économique des téléchargements non commerciaux – qui n’a pas été démontrée par des études indépendantes, mais qui est assénée par les géants du secteur.[5]».
La mise en place de telles procédures conduit pourtant à une surveillance, à un contrôle de la vie privée.
« En France, la criminalisation du téléchargement dit illégal (loi Hadopi) est un échec. Elle porte atteinte à la vie privée des usagers par la véritable surveillance dont ils font l’objet sur le réseau. De plus, plusieurs mois après sa mise en place, Hadopi n’a pas permis un transfert des habitudes de téléchargement vers les plateformes de téléchargement dit légal, et donc vers un paiement effectif du droit d’auteur[6] »
Du 26 au 29 janvier, des représentants d'une poignée de pays (dont l'Union européenne, représentée par la Commission) se sont rencontrés à Mexico pour décider du futur de l'Internet et d'autres problématiques telles l'accès aux médicaments. Ce qui pourrait à terme être décidé ne laisse d’inquiéter de nombreuses associations. Plus de 80 organisations non-gouvernementales du monde entier (dont Consumers International, Reporters sans frontière, la Free Software Foundation et l'Electronic Frontier Foundation) ont déjà signé une lettre ouverte s'opposant fermement à l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon (ACTA) tel qu’il semble pensé.
« La dernière analyse de la Commission européenne dévoile l'intention du texte : imposer un accord "volontaire" entre les fournisseurs d'accès Internet et les titulaires de droits pour combattre de manière extrajudiciaire les atteintes au droit d'auteur par une riposte graduée et le filtrage ou une suppression automatisée des contenus. Pour forcer les opérateurs à accepter de telles restrictions, ACTA les rendra responsables des atteintes au droit d'auteur effectuées par leurs utilisateurs.
"En créant une insécurité juridique pour les opérateurs d'Internet, l'ACTA les forcera à céder sous la pression des industries du divertissement. L'ACTA obligera les fournisseurs d'accès à Internet à filtrer et enlever contenus et services, les transformant en auxiliaires privés de police et de justice. Nous ne pouvons tolérer que des restrictions aux droits et libertés fondamentaux soient imposées par des acteurs privés. Une telle modification du droit pénal par les gouvernements eux-mêmes, dans l'opacité la plus totale, montre combien les personnes à l'origine de l'ACTA haïssent la démocratie."
analyse Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net[7]».
Nous pourrions faire une analogie avec un bateau porte-containers. Si l’un d’entre eux contient des objets contrefaits, l’armateur en est-il responsable ? Est-il seulement capable de déceler dans la cargaison les objets délictueux ? Impossible, à moins d’ouvrir chaque caisse, chaque emballage, pour en connaître le contenu. Est-ce d’ailleurs pour autant que l’on saisit son navire.
Certes, il peut sembler important de lutter contre la contrefaçon, mais cela ne peut se faire au détriment des libertés démocratiques, en recourant à une surveillance constante et en recourant à des procédures de sanctions hors d’un contrôle judiciaire.
Nos gouvernants semblent convaincus que le point de vue sur Internet et le monde informatique des industries de la musique et du cinéma est plus important que la liberté de leurs citoyens. La loi Hadopi ou les projets belges en sont des exemples[8]. La taxation sur les clés USB en est un autre exemple connexe[9].
Pourtant sommes-nous certain que tout cela profite aux réels ayant-droits ?
« A-t-on besoin d’un système de propriété intellectuelle pour promouvoir la création ? Pas vraiment. De plus en plus d’économistes, travaux à l’appui, soulignent que l’expansion des droits d’auteur favorise plus les investisseurs que les créateurs et les interprètes. En fait, 90 % des revenus collectés à ce titre vont à 10 % des artistes. L’économiste britannique Martin Kretschmers conclut que « la rhétorique des droits d’auteur a été largement portée par un troisième partenaire : les éditeurs et les maisons de disques, c’est-à-dire les investisseurs en créativité (plus que les créateurs), devenus les premiers bénéficiaires de cette protection étendue[10] ».
D’ailleurs, les téléchargeurs ne s’y trompent pas. Ils achètent volontiers les CD’s de petits groupes débutants ou d’artistes confidentiels pourtant disponibles sur le Net.
Peut-être que l’industrie devrait-elle se remettre en question plutôt que ponctionner le consommateur ou pire d’attenter aux libertés du citoyen.
En tout état de cause, nous n’avons pas encore vu de taxe sur les sodas pour promouvoir la production laitière, ni de fermeture de grandes surfaces pour ersatz de poulet.
Denis MARION.
« Un lecteur de la rue Aviateur Huens a reçu deux P.-V. Il estime l’appareil « mal placé ou pas suffisamment indiqué pour faire de la répression loyale ou encore la vitesse n’est pas adaptée à cet endroit qui est en fait une route. » Il dénonce aussi les « 200 euros par infraction. » « Révoltant surtout en période de crise.» Chacun appréciera. »
pouvait-on lire dans un article du Soir intitulé « Un radar royal à l’avenue Royale »[1]
L’argumentation « foireuse » d’un citoyen inconvenant, mais point unique en son genre… Errare humanum est, perseverare diabolicum. Diabolique serait même trop d’honneur, con suffirait simplement. Un panneau d’agglomération, un d’avertissement, un panneau lumineux d’annonce précèdent le couperet fatidique. Le petit oiseau va sortir, un sourire au policier et il remet ça.
Ce monsieur, qui roulait allègrement à 75km/h[2] en agglomération, n’a pas d’excuse. 25 km/h en plus de la limite, un compteur qui devait marquer 80 km/h, cela se remarque.
J’imagine qu’il ne comprendrait pas si dans sa grande surface préférée, on plaçait des panneaux rappelant l’interdiction de partir sans payer. Il se pose, comme des milliers de chauffeurs, comme une victime de la rage taxatoire[3], comme une victime de la répression quand bien même une « vitesse maximale tolérée [...] portée à 60 km/h, ce qui correspond à du 64 km/h au compteur [4]» lui est autorisée.
Il ne lui viendrait bien entendu pas à l’idée qu’il commet un délit, un vol, un hold-up sur la sécurité d’autrui. Une limite de vitesse à 50 km/h, parfois encore excessive dans certaines rues, n’a pas été édictée dans le seul but d’engranger des amendes ou de frustrer des mous du cerveau. Elle a, dans la majorité des cas, ambition de diminuer les accidents.
Il lui viendrait encore moins à l’idée qu’il influence négativement le confort de vie des riverains de la route qu’il emprunte. En effet, une différence de 25 km/h a une conséquence directe sur le niveau de bruit.
Surtout, ne le traitons pas de voleur du bien commun. Il se vexerait d’être comparé à un voleur à l’étalage ou à un mandataire politique véreux. Pourtant, le voleur à l’étalage pratique peut-être son art pour satisfaire un besoin primaire qu’est la nourriture, alors que notre conducteur, primaire, ne satisfait que son besoin d’étalage. Et quand je parle d’appropriation de biens publics, je ne parle encore que de la sécurité et de la tranquillité. J’élude pollution et éthique économique.
A propos d’éthique économique, si notre automobiliste, qui se plaint de la crise, a chaussé son bolide de pneus Michelin, il contribue au malheur de 20.000 Nigérians[5] que le fabricant de pneumatiques vient de priver de leurs terres, situées en plus en zone naturelle protégée, en échange de 500 emplois et d’une aumône. Comme témoignait une villageoise « Je ne veux pas d’argent. Je veux qu’on me rende ma terre… Si on me donne aujourd’hui un million de nairas[6], je serai quand même fauchée, mais si j’ai ma terre, je peux toujours la cultiver pour nourrir ma famille et peut-être la transmettre à mes enfants. »[7]
Allons, soyons cruel avec notre mou du cerveau. Croyons en plus qu’il est adepte du principe que nous, bons Belges, nous ne pouvons pas gérer toute la misère du monde. S’il abandonne ses Michelin Pilot Sport Cup+, il y aurait moins de Nigérians miséreux, il aura donc apporté sa pierre à l’édifice.
Et puis pour ceux qui jugent qu’ils sont les vaches à lait de l’état, que la route est à eux, je les invite à consulter la brochure iconoclaste rédigée par Pierre Courbe d’Inter-Environnement Wallonie « taxer plus & taxer mieux[8] » dont voici un extrait :
« Selon les chiffres de la Fédération belge de l’industrie automobile et du cycle (FEBIAC), en 2007, les recettes liées à l’utilisation de véhicules perçues par l’Etat fédéral et les Régions se sont élevées à 12 milliards 285 millions d’euros. Ce calcul prend en compte : les accises sur les carburants ; la taxe compensatoire des accises ; la TVA sur les carburants, ventes, entretiens, pièces et accessoires ; les taxes et redevances obligatoires sur les primes d’assurance ; la taxe de mise en circulation et la taxe de circulation ; la taxe autoradio ; les droits de douanes ; les amendes ; le contrôle technique ; le permis de conduire ; la cotisation de solidarité pour les voitures de société et diverses rentrées mineures. Difficile d’être plus exhaustif… De son côté, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) mentionne que les coûts externes de la voiture en Belgique s’élevaient à 108 euros pour 1.000 personnes/kilomètres (p.km) en 1995, soit, compte-tenu de l’inflation, 135 euros/1.000 pers.km en 2007. Cette année là, 112,45 milliards de p.km ont été roulés par des voitures sur nos routes. Cela représente donc 15 milliards 181 millions d’euros de coûts externes (coûts d’infrastructures compris), soit 2 milliards 896 millions d’euros (ou 23,5%) de plus que les recettes de l’Etat… La Section « Fiscalité et parafiscalité » du Conseil supérieur des finances confirme cette analyse : « Dans ces conditions [domination de la route], il n’y a rien d’étonnant à ce que les coûts externes du transport soient importants. Ils sont supérieurs à la fiscalité sur le transport, même dans une acception large de celle-ci (TVA incluse) et dans une acception étroite des coûts externes (hors accidents) ».
Alors, pour rester dans le bestiaire, nous sommes moins des vaches à lait, des cochons de payant que des paons orgueilleux aux cris stupides.
Denis MARION.
[5] Michelin invades Iguobazuwa High Forest , bulldozes prime forest.
80% of indigenous people are forest dependent.
Community dispossessed of farmlands.
Pressure mounts as multinational Michelin compels community representatives to sign
Memorandum of Understanding without clear understanding.
[7] Fabrice Nicolo « Michelin fait pousser des arbres à pneus » CH 918
Amour, bonheur, pognon… Ainsi présentait ses vœux un animateur d’une chaine télévisée commerciale.
La nouvelle année est là.
Penser à dépenser ce que vous (n’) avez (pas).
Filez faires les soldes, ce ne sera que du bonheur. Vous ne savez pas pourquoi vous achetez ceci ou cela, mais ce sera au moins avec une bonne réduction.
Filez acheter dans les agences de voyages les vacances de vos rêves pour pépère, bobonne et les lardons.
Gagnez un concours dont le premier prix est un apprentissage de la conduite sur glace, en Finlande, avion et hôtel compris.
Participez à la tombola d’un club de consommateurs dont les prix sont des bagnoles.
Regardez un Paris-Dakar qui se déroule dans la pampa argentine. Excellent pour la géographie. S’il vous faut une excuse, utilisez celle du Tour de France « Je ne regarde pas la course. C’est pour les paysages. ».
Enthousiasmez-vous pour « Justine ou les Bonheurs du retour ».
Frissonnez avec l’histoire d’un attentat manqué.
Indignez-vous du « tir sur footballeurs » et des ratonnades italiennes.
Acceptez la hausse du déficit de l’état pour autant qu’entre autres baisse la TVA pour les restaurateurs. Cela ne donnera rien, mais cela fait du bien à l’électorat concerné.
Comprenez aussi que les « artistes » puissent toucher une taxe sur les supports digitaux pour compenser leur manque à gagner. [1]
Ayez une pensée émue pour les SDF. Cela ne mange pas de pain.
Ne vous inquiétez pour votre pension. Le fonds de vieillissement ne servira à rien, mais il vous restera un peu d’énergie pour travailler plus longtemps. [2]
Changez votre vieux bac pourri pour une Lèche…us… hybride. Si peu de CO²… pour le prix d’un petit appartement à Charleroi.
Courez au Palais des cotillons, des jolies hôtesses et de la voiture pour changer votre carrosse de Cendrillon.
Le monde tourne bien huilé, une routine entre peurs et consommation, effroi et plaisir de la dépense, compassion, indignation passagère et frustration, entre pains et jeux.
Elle est déjà oubliée la petite sirène danoise. Elle reviendra sans doute dans l’actualité quand la neige sera fondue. Pourquoi parler de réchauffement quand il fait un froid de canard ? Et nous attendrons le printemps pour parler de 2010, année de la biodiversité.
Pas de grands changements à l’horizon donc.
Denis MARION.
[1] TVA : Les restaurateurs bénéficient donc d’une amélioration de leurs revenus, sans obligation, en espérant seulement qu’ils soient suffisamment civiques pour déclarer plus de personnel (ou plus de revenus).
Taxe : Auvibel, la société de gestion pour la copie privée d'œuvres sonores et audiovisuelles, tenait à l'extension de cette taxe sur les systèmes digitaux, vu la baisse des revenus issus des anciens supports tels que les CD et les cassettes. Personnellement, je n’ai sur ce genre de support que des photos et des dossiers pour mes associations.
A rapprocher de Copenhague: Barnum of not Barnum (1)? (première partie)
Les lampions sont éteints, les chapiteaux sont démontés, le cirque est parti et personne n’est heureux des représentations. Personne, hormis les encore sceptiques, comme le président du Parti populaire, Mischaël Modrikamen, qui estime que la conférence de Copenhague fait l’impasse sur des théories scientifiques qui contestent le réchauffement climatique. [1] Son scepticisme tient d’ailleurs plus à la défense d’un système économique qu’une position réellement scientifique et fondée. L’homme s’adapte toujours, prétend-t-il. Ou alors s’envolera vers une autre planète comme l’affirmait le rédacteur de l’Express dans une émission de télévision. Qu’importe ce que l’on détruit pour autant que l’on s’en sorte. A ce petit jeu, je miserai plus sur la terre que sur l’homme.
Donc Copenhague serait un fiasco, un demi, un quart, quelque peu, mais un fiasco quand même. Est-ce que cet « échec » trouble les gens ? J’étais à une soirée d’anniversaire samedi soir et les dialogues n’étaient guère encourageant :
- Nous avons réservé nos vacances au Maroc.
- Ho, zut ! Nous avons oublié de le faire. J’avais pensé au Mexique. Qu’en penses-tu, chou ?
- Le gamin voulait rester chez son papy pour se faire tirer le traineau par le quad….
- Tu a vu dans le sud de la France. Ils ont éteint les illuminations de Noël pour éviter des problèmes avec la production d’électricité. C’est dommage pour l’esprit de Noël.
Je n’ai rien entendu sur Copenhague.
Portrait tiré, mais exceptionnel.
Si peu… Sur les chemins de ma promenade dimanche, il y avait plus de traces de roues de quads que de pieds. Et s’il y avait des luges, elles étaient précédées par un 4x4, avec des enfants gavés au Co². Le clinquant des fêtes est bien là. Et dans la presse, on parlait autant de Copenhague que des pauvres voyageurs bloqués dans les aéroports.
Revenons à cette conférence. Finalement, est-ce réellement une catastrophe ?
Pierre Radanne, ancien président de l'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, n’était pas des plus positifs et mettait en avant la nécessité de mettre en place nos réponses rapidement sans attendre les impacts de plus en plus graves du réchauffement parce que « la pédagogie de la catastrophe, ça ne marche pas. Il faudrait un paquet de catastrophes et diablement bien réparties à la surface du globe pour que les choses changent ».
Jean-Pascal Van Ypersele, vice-président du Giec, parle d'un « petit pas, plus grand que les précédents»…
Jean-Marc Jancovici est lui encore plus optimiste et estime que cet accord tout simplement politique soit-il est en fait une meilleure chose qu’un traité si peu contraignant. « Que les grands de ce monde aient passé une nuit blanche, enfermés ensemble dans une pièce, à mouiller la chemise pour rédiger un texte en commun est même une excellente nouvelle, car de mémoire de diplomate jamais 28 présidents n'ont procédé de la sorte pour discuter d'un accord international. Comment ne pas espérer que cet épisode va durablement impacter ce qui se passera désormais? » [2] et il continue en affirmant que « L'histoire - et probablement une histoire assez proche -dira si nous venons de vivre la fin des haricots ou si nous venons d'enclencher l'accélération du passage à l'action. Et, d'une certaine manière, c'est à nous, acteurs économiques et consommateurs, de nous manifester pour que les mois qui viennent permettent de garder le meilleur et d'éviter le pire. Rendez-vous dans six mois. »
Là est finalement le réel enseignement, à tout le moins dans nos démocraties. Nos choix, nos pressions, peuvent dans une mesure certaine changer la donne. « Alors, tenez-le-vous pour dit, prendre des vacances est un acte politique ». [3] Acheter est un acte politique. Vivre est un acte politique. A vous de voir l’avenir de vos gosses.
Denis MARION.
La rumeur, c'est un arbre sans racines, à la sève de venin, avec des feuilles d'épines et des pommes à pépins. Yves Duteil, La rumeur
Mes restes de critique historique me font toujours dire que finalement, dans la vie, les seules théories dont nous sommes sûres sont celles que l’on a démontrées comme fausses, et encore. La science n’est pas une foi et si l’on a généralement foi dans la science, peut-on en douter ?
Combien de chroniques n’ai-je écrites pour me gausser des climato sceptiques, des écolos sceptiques ? Mais ne me serais-je pas trompé ? N’auraient-ils pas eu raison contre tout le monde ? N’aurais-je pas dû suivre leurs lumières plutôt que les ténèbres du GIEC ? Aurait-on surpris me religion ?
Comme en suis-je arrivé à douter de mes croyances ? Parce que l’on m’a trompé. Si, si ! En novembre, des personnes bien intentionnées, qui luttent contre les gourous du climat, ont piraté en tout bien, tout honneur, les serveurs mails[2] de la Climatic Research Unit et récupéré 13 ans de mails[3] qui le démontrent. (Ce sont des gens bien ordonnés ces scientifiques anglais). Le Professeur Phil Jones, directeur de l'unité de recherche climatique à l'Université d'East Anglia va bientôt recevoir le surnom de tricky Phil.[4]
Ce n’est bien entendu qu’anecdotique de savoir que les mails dérobés ont été stockés sur des serveurs russes ou saoudiens. Il faut seulement savoir que le réchauffement climatique est une vaste blague et que surtout, nous ne sommes en rien responsables. Que l’on en finisse avec ce complot écolo-gaucho-impériolo-malthusianiste. Il faut que Copenhague échoue. Il ne faut pas remettre en question le modèle économique. Il n’y a aucune raison puisque tricky Phil a triché, tous les scientifiques du GIEC ont triché pour permettre à l’empire de renaître[5].
Ils s’engouffrent tous là-dedans : les vendeurs de pétrole, les amateurs de complots, Claude Allègre, les pollueurs de tous crins. Sur les forums, des « spécialistes » réclament les chiffres bruts qu’ils vont étudier dans leur arrière-cuisine. Les amateurs de défonce motorisée exultent. Les tenants de la croissance sont heureux. Certains assènent que l’on pourra s’occuper enfin des vrais problèmes : l’eau, la faim, la peste, les autres…
Qu’ils s’arrêtent pourtant pour réfléchir un tout petit peu.
Admettons même que le réchauffement ne soit pas le fait des hommes, ou alors si peu, que cela soit le fait du soleil, de la migraine des belles-mères ou de toute autre cause. Il est pourtant bien là à nos portes et il faudra bien faire quelque chose. Et tout ce que nous faisons demande tellement d’énergie, de l’énergie facile, du pétrole[6], lequel me suis-je laissé dire aurait dépassé son pic. Il verra son prix grimper avant de se tarir. Qu’importe, il y a du charbon, il y aura de l’agro carburant, il y aura, il y aura… Il y a aussi, et surtout, cette inconscience à croire qu’un monde fini peut connaître une évolution infinie. Des gens meurent de faim. La biodiversité s’épuise peu à peu. Les matières premières ne sont pas éternelles. Le désert avance en bien des endroits…
Le Climate Gate est-il alors un scandale sans importance ? Non, dans la mesure où l’on ne pourrait défendre le mensonge[7] supposé de quelques-uns, mais oui dans la mesure où ce sont quand même des milliers de scientifiques qui estiment œuvre humaine le réchauffement climatique. Ce ne sont pas quelques faussaires présumés qui peuvent remettre cela en question.
« Les lettres volées peuvent faire perdre toute clairvoyance aux meilleurs esprits », comme l'a bien conté Edgar Poe. La paranoïa qui semble être le mode d'expression d'une partie de la blogosphère ne peut faire oublier l'essentiel : si une dose de scepticisme est indispensable à la science, une masse considérable de travaux pointe la responsabilité humaine dans le réchauffement en cours. Alors qu'un sommet historique s'ouvre pour tenter de l'enrayer, il importe de le garder à l'esprit. » lisait-on dans un édito du Monde.
Et puis, si comme beaucoup de ses détracteurs le considèrent, la croyance en un changement climatique anthropique devait tenir plus de la religion que de la réalité,scientifique ,j’y appliquerais bien le pari de Pascal. J’ai plus d’intérêt à y croire qu’à ne pas y croire. Les peuples ont plus d’intérêt à y croire qu’à ne pas y croire. Les objectifs et surtout les solutions apportées respectant critères éthiques et écologiques, pourraient être bénéfiques à la planète et à ses habitants. Parole d’agnostique.
Denis MARION.
[6] On en profitera pour exploiter les sables bitumeux si respectueux des eaux et de l’environnement.
|
Un texte (paru dans Espace-Vie 197, La revue de la Maison de l’urbanisme / Centre culturel du Brabant wallon) d’Anne Collignon, géographe et urbaniste, Hermann Pirmez, anthropologue, Denis Marion, économiste .
Regroupé pour le plaisir dans le collectif « Calvin & Hobbes ».
« - Je me demande si on peut refuser d’hériter de la terre… - Je crois qu’une fois né, c’est trop tard. »
|
Pendant longtemps, et encore maintenant, des promoteurs immobiliers ont proposé des projets de lotissement de maisons quatre façades, parfois devenues bioclimatiques ou basse énergie, avec des avenues larges, des jardins bien clôturés. C’est encore le rêve de beaucoup de gens. Nous connaissons maintenant une évolution avec l’habitat groupé, qui (re)conduit à créer des entités plus denses et peut-être mieux partagées.
L’accès à ces quartiers reste bien souvent lié à la voiture. Soit par goût d’habiter dans une région d’un certain «niveau», soit au contraire parce que la réalisation du rêve nécessite de se rabattre sur des endroits plus éloignés des grands centres. Cette mobilité automobile, parfois combinée, mais rarement, à des trajets en transports en commun continue à nécessiter, non seulement l’entretien du réseau existant, mais de nouvelles infrastructures routières.
De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer l’abandon de ce grignotage, de ce mitage, les autorités emboîtant le pas en favorisant la densification des centres. Certains vont plus loin en réclamant un retour à l’exode rural vers les villes, seuls lieux qui permettent l’offre suffisante de services avec une mobilité sobre. En matière d’aménagement du territoire, l’habitat n’est bien entendu pas l’unique élément à prendre en considération. Il y aussi l’offre de travail. Or, cette offre n’est plus liée à la localisation de l’habitat. Elle n’est pas liée non plus aux contours des villes. Les espaces réservés aux entreprises sont d’ailleurs souvent éloignés des plus grands centres, voire même simplement d’un réservoir de main-d’oeuvre et leur accessibilité en transport en commun est souvent réduite. Eux aussi réclament généralement des infrastructures de transport, routières.
L’offre de services est un autre élément qui dans les grands centres, est effectivement complète, mais il nous semble que trois pans de cette offre ont eu tendance à se décentraliser ces dernières décennies, sans que le mouvement ne freine : les zones de commerce et de loisirs et les complexes cinémas qui fonctionnent comme les zones d’entreprises.
Tous ces développements se font souvent au détriment de terres cultivables ou de biotopes intéressants. Ils sont globalement de grands consommateurs d’énergie, tant en eux-mêmes que par le type de fonctionnement qu’ils favorisent, et peu peuvent se réclamer d’un développement durable.
Faut-il s’en inquiéter face entre autres aux défis du changement climatique et de la pénurie d’énergie bon marché ?
Trois options, parmi d’autres, s’offrent à nous :
- Nous ne faisons rien parce que des solutions techniques nous permettront de continuer comme cela.
- Nous rapatrions tout le monde dans les villes, parce que c'est la meilleure façon d'économiser l'énergie en ayant une offre maximale de service.
- Nous recréons des unités plus petites pour qu'elles soient proches des lieux de fourniture de consommation et de travail parce qu'une bonne partie de l'activité tertiaire s'éteindra et que le retour aux productions locales, agricoles ou industrielles, s’imposera largement.
La première option, qui nous semble d’une naïveté criminelle, ne remet pas en question le développement tel que nous le connaissons.
La deuxième, privilégiant la densification, suppose que l’offre de travail (re)devienne accessible et suppose également que la place du tertiaire reste forte. Mais elle impose l’existence d’un véritable contrat social entre les habitants sous peine d’opposer les besoins : calme versus activité, silence versus bruit. De plus, en règle générale, elle n’offre pas les outils et les espaces nécessaires à ceux qui souhaiteraient une vie proche de la nature : absence de réels espaces verts ou d’espaces cultivables.
La troisième, qui peut paraître incongrue, se fonde sur la disparition d’une énergie bon marché, impliquant la difficulté de maintenir des processus de production nécessitant matières premières et énergie pourtant en déclin, de maintenir une mobilité permanente des humains et des marchandises et la nécessité de restaurer un environnement équilibré.
Si arbitrairement, nous dédaignons la première des options, la question qui subsiste est comment préparer le passage à la seconde option, voire plus vraisemblablement à la troisième. Et il paraît que c’est urgent.
Il y a des chroniques qui traînent dans les tiroirs. La fausse bonne idée de départ. Une petite anecdote qui doit déboucher sur quelques paragraphes pertinents, mais qui n’acceptent pas de se laisser écrire. Puis, un nouveau fait, une nouvelle déclaration redonne de la raison à l’ensemble. Ainsi, des journalistes français s’entretenant de la nomination d’Herman Van Rompuy comme celle d’un « clown » a relancé l’écriture de cette chronique-ci.
Philippe Lançon dans Charlie Hebdo rapportait que Alain Finkielkraut s’indignait de ce rire imbécile que certains avaient eu à l’égard de la taille de SON président. Il parlait du reportage de la RTBF sur la sélection de la « claque » lors des visites de l’EMPEREUR : petite taille exigée. Aime-t-il, vénère-t-il à ce point l’omni-président pour ne pas voir la manipulation ?
Quand il s’agissait de nommer [1] le FILS à la tête d’un gros machin, aucun député de la majorité, encore moins aucun ministre n’a osé la moindre critique. Peur du licenciement ?
Arrogance, petitesse, fausse vision de l’avenir, corporatisme, népotisme, mensonge, celui qui se croit l’égal d’Obama se fâche sur les guignols de l’info, pour crime de lèse-majesté, se fâche avec la presse, divorce temporairement d’avec ses (é)lecteurs du Figaro. Cette obsession de l’image qui conduit à travestir l’histoire, à manipuler les faits se démontre encore avec un autre exemple. « Nicolas Sarkozy raconte sur Facebook comment, en ce jour historique, il s'était trouvé dans cette ville, y allant lui aussi de ses "coups de pioche". Invraisemblable, selon plusieurs témoins. » ai-je lu dernièrement à propos de l’anniversaire de la chute du mur de Berlin.[2] Quelle idée a-t-on de sa fonction et de son devoir pour être à ce point hâbleur ?
Mais s’il est là et surtout s’il y reste, ne sera-ce pas la faute de l’électeur ? Quand les lecteurs du Figaro cités plus haut le remercient vivement quand son fils renonce à l’épate, sans doute sont-ils prêts à ne pas le « remercier » à la fin de son mandat, à lui offrir un second tour de manège ? Revenir sur sa décision l’aura donc absout. Permettons-nous donc à un tel niveau de pouvoir un droit à « l’erreur aussi manifeste ». Acceptez cela est avaler n’importe quelle couleuvre. Si j’ai pris la France et son Zebulon[3], c’est simplement pour ne pas me fâcher avec des Belges. Mais il y en a certainement « des comme cela » aussi, peut-être juste un peu moins graves, ou un peu moins puissants.
Il serait certes exagéré, inconvenant irais-je jusqu’à dire, d’exiger de nos élus d’être des êtres parfaits, sans reproche, mais il est néanmoins normal qu’ils fassent montre des qualités morales et intellectuelles nécessaires pour mener à bien les missions qui leur sont confiées. La chose politique demande autant de « rigueur » que d’empathie, d’intelligence que de compréhension, d’hardiesse que d’honnêteté. L’image, tel qu’on la conçoit maintenant, ne devrait pas jouer. Et si le charisme est nécessaire, parfois, pour emmener les gens sur un chemin difficile, il ne saurait suffire.
Beaucoup de dirigeants pourraient se satisfaire d’un électorat passif (voire stupide). Le dictateur n’aurait pas à se lancer dans une répression sanglante et le démocrate médiocre n’aurait peut-être même pas à se justifier à chaque élection. Tous deux pourraient exercer leur apostolat sans contrainte. Admettons cependant qu’un électorat éduqué à la chose publique, conscient de ses responsabilités serait certes moins manipulable, mais certainement plus enclin à réfléchir à l’avenir, en comprenant l’enjeu des décisions proposées. L’élu, convaincu de l’importance de sa charge, du service qu’il doit rendre au pays, à la nation, à la communauté, à la tribu (biffez la mention inutile) s’appuierait sur des hommes et des femmes qui pourraient comprendre les décisions prises et les soutenir. Conscient de l’importance de la collaboration avec les citoyens, il ferait par ce biais avancer bien des choses.
Mais l’électeur peut-il reprendre un rôle de citoyen critique, moins enclin à se laisser séduire par les ors même virtuels qu’à comprendre, à apprécier les engagements et décisions politiques. Que faudrait-il pour qu’il puisse jouer son rôle de mandant conscient, actif ? Que faudrait-il pour qu’il abandonne un discours rempli de « ils » pour lui en substituer un rempli de « nous » ? Est-ce la responsabilité de l’éducation, qui préparerait insuffisamment à la citoyenneté ? Est-ce l’influence des medias et leur manière de traiter les faits ? Est-ce l’influence des politiques et de leurs manières ? Ou est-ce simplement le citoyen qui ne parvient pas à développer une citoyenneté ? Vraisemblablement une conjonction de tous ces facteurs et de bien d’autres.
Nous avons besoin de concitoyens critiques, conscients et actifs, même s’ils ne partagent pas les mêmes idées. Nous avons besoin de femmes et d’hommes politiques… pas d’égotiques.
Denis MARION.
[1] Une élection où les bulletins sont déjà validés n’est plus une élection, mais une nomination.
[3] Ainsi l’appelle un humoriste français. Cela doit être pour son côté monté sur ressort, parce que le manège n’est guère enchanté.
Nés au siècle d’une rationalité qui voudrait que l’on ne croie que ce que l’on voit, de nombreux esprits refusent d’admettre que la démesure des activités humaines menace l’équilibre planétaire. A la décharge de ces Saint-Thomas, il est vrai qu’embrasser la réalité et la complexité de notre Terre dépasse de loin les seules perceptions individuelles... Nous avons besoin de preuves, de démonstrations, de construire des vérités. […]Et ce n’est pas parce que nous prenons conscience que le réchauffement de la planète est d’origine anthropique que nous avons d’emblée conscience des limites du système qui nous héberge. Système qui s’adaptera, lui, nous n’en doutons pas, mais à quelles conditions pour la pérennité de la vie humaine...[1]
Alors, nous attendons, nous attendons hypocritement un signe, hypocritement parce que des signaux, il y en a déjà. Nous en attendons d’autres… plus clairs sans doute.
Nous attendons que les choses changent sans que nous ayons réellement à changer. Que les autres prennent cela en charge. Que les sociétés de transport en commun mettent des bus à chaque coin de rue, bus que nous ne prendrons pas parce que la voiture est bien plus pratique. Que les constructeurs automobiles construisent des voitures encore plus économes, mais que nous n’achèterons pas, par goût de l’esbroufe. Que les voyagistes inventent le voyage lointain sans CO2. Que les fabricants de GSM prennent leur part. Que les agriculteurs fassent du bio au prix de la m….
Imaginons, par exemple, que le pic du pétrole soit réel[2]. Si nous savons qu’«après-demain», le prix du carburant à la pompe explosera, cela n’imposerait-il pas que «demain», nous prenions des mesures minimales. Les constructeurs pourraient construire des véhicules très légers qui remplaceraient toutes nos tonnes d’acier.[3] Les routes et autoroutes pourraient connaître une vitesse limitée à 90 voire à 70Km/h. Les marchandises pourraient revoyager en train plutôt qu’en camion. Notre consommation pourrait être plus locale. Puisque nous attendons que l’exemple viennent d’en haut[4], que nos gouvernants fassent preuve de la vertu que nous ne sommes pas prêts d’avoir, imaginons que ce rythme nous soit imposé. Ce serait certes gênant, contraignant, mais « raisonnable », non ? Un petit pas contre le réchauffement aussi ?
Comme le « demain » de mon exemple est peut-être « aujourd’hui », ces mesures devraient voir le jour maintenant. Mais qui les prendrait ? En Europe, Angela, la femme le plus puissante du monde roule pour Opel (Même si Opel lui échappe) et Sarko, empereur, autoproclamé sauveur du monde, vole pour Airbus. Et les autres en Europe n’ont guère plus envie de bouger. Ailleurs, Dimitri Medvedev, le Russe, « gaze prom ». Lula s’arrange pour avoir des centaines de terrains de foot pour son championnat et les dirigeants chinois ne font rien que vouloir construire des autoroutes partout en Afrique. Et Mr B.O. a reçu le prix Nobel de la paix. D’ailleurs, pour les plus démocrates d’entre eux, ils auraient peur de mener une politique trop « ambitieuse » qui serait sanctionnée lors des prochaines élections.
Alors, nous attendons, pour le pétrole. Nous attendons pour le CO2. Nous attendons pour tout, espérant un miracle.
Pourtant, 29 scientifiques ont identifié 9 processus clés pour la stabilité planétaire: Réchauffement du climat, Perte de biodiversité, Cycle de l’azote, Cycle du phosphore, Amincissement de la couche d’ozone, Acidification des océans, Besoins en eau douce, Modifications d’affectation du sol, Dépôts atmosphériques, Pollution chimique. Et les premiers constats sont pour le moins inquiétants : nous avons déjà dépassé les limites pour les trois premiers d’entre eux. Les changements climatiques sont aujourd’hui, à juste titre, l’objet de toutes les attentions. Si cette focalisation est nécessaire et importante, elle ne doit pas occulter les deux autres processus la perte de biodiversité et le cycle de l’azote qui sont tout aussi cruciaux pour préserver la capacité de résilience du système planétaire. [...]Les objectifs à atteindre sont clairs et pas question de ne viser que l'un des secteurs. En une phrase, les 29 scientifiques remettent les pendules à l'heure : « Nous n'avons pas le luxe de concentrer nos efforts sur un des processus en l'isolant des autres. Ils sont étroitement liés les uns aux autres. » La démarche entamée ici est encore incomplète puisque les experts manquent de données. Aucune limite n'est encore identifiée par exemple pour la question de la pollution chimique. Et "ça craint" (comme on dit de plus en plus couramment), sachant que nous dispersons dans notre environnement, au bas mot, des dizaines de milliers de molécules de synthèse différentes. [5]
A Barcelone, les délégués des nations nous préparent Copenhague et comme le rappelle J. van Ypersel : « On a observé déjà depuis une dizaine d'années que, chaque année, particulièrement au début de l'automne, l'épaisseur de la glace diminue. […] c'est une des tendances qui montre clairement que le climat est en train de se réchauffer et la diminution de l'épaisseur de la glace et de l'étendue de la glace sur l'Océan Arctique, accélère le réchauffement, puisqu'on remplace une surface blanche, par une surface sombre. Et cette surface sombre peut absorber encore plus de chaleur, ce qui accroît le réchauffement. Donc c'est une des sources d'inquiétudes des climatologues! ». Mais il n’est pas certain qu’il y aura des avancées. [Au moment où j'ai écrit ces lignes]
A Copenhague, je voudrais croire que la petite sirène pourra inspirer les dirigeants ou leurs conseillers présents, mais je ne suis guère optimiste.
Pendant ce temps-là, nous attendons encore et si nous attendons encore, nos enfants nous maudiront, quand bien même je sois parfois tristement convaincu que beaucoup se foutent de cette malédiction. Et de toute façon, la majorité des Judas et des Ponce Pilate seront morts avec leur bonne conscience.
Denis MARION.
[2] Ce dont je suis personnellement convaincu, mais laissons de la place aux sceptiques.
[3] Nous pourrions imaginer que l’argent qui a servi à aider certains constructeurs automobiles aurait pu être investi dans la reconversion.

Chaque Partie s'engage :
-
à reconnaître juridiquement le paysage en tant que composante essentielle du cadre de vie des populations, expression de la diversité de leur patrimoine commun culturel et naturel, et fondement de leur identité ;
-
à définir et à mettre en œuvre des politiques du paysage visant la protection, la gestion et l'aménagement des paysages par l'adoption des mesures particulières visées à l'article 6 ;
-
à mettre en place des procédures de participation du public, des autorités locales et régionales, et des autres acteurs concernés par la conception et la réalisation des politiques du paysage mentionnées à l'alinéa b ci-dessus ;
-
à intégrer le paysage dans les politiques d'aménagement du territoire, d'urbanisme et dans les politiques culturelle, environnementale, agricole, sociale et économique, ainsi que dans les autres politiques pouvant avoir un effet direct ou indirect sur le paysage.
→ plus
Plus d'articles (115 articles sur 10 pages):
|