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Chronique de campagne : le mur est là et nos oreilles ont des murs

L’urgence climatique est là.

• Lundi 08/10/2018 • Version imprimable

Certains au collectif sont moins optimistes que d'autres, ce qui donne aujourd'hui un appel à vivement réagir. 

Quand elle voit le renard s’infiltrer dans la basse-cour, la poule préfère picorer frénétiquement le sol plutôt que de fuir et mettre ses poussins à l’abri

Les entendez-vous ? Depuis quelques temps, des artistes, des politiciens, des scientifiques nous interpellent sans équivoque sur le devenir de l’humanité. Aurélien Barrau, un astrophysicien de renom, a lancé un message limpide et percutant le 12 septembre. L’homme a enflammé les réseaux sociaux avec 4.000.000 de vues sur Facebook. La sentence est sans appel : « nous sommes en train d’accélérer alors que le précipice est en vue ». Le dérèglement climatique, l’exploitation irraisonnée de ressources naturelles limitées, la pollution de la terre, de l’air et de l’eau sont autant de facteurs qui vont contribuer à l’appauvrissement de populations entières et générer des guerres. Et ce pas seulement chez les autres : en Europe aussi.

Face à l’urgence, nous n’avons plus le choix, nous devons réagir maintenant . Le Secrétaire Général des Nations unies, Antonio Gutteres, a déclaré que nous avions deux ans pour agir contre le changement climatique sauf à « affronter des conséquences désastreuses ».

Et pendant ce temps-là, les médias focalisent sur des incidents souvent lugubres et anecdotiques. Rares sont ceux qui rapportent les actions positives susceptibles de s’inscrire dans le cadre d’un « penser global, agir local ». De même, bon nombre d’entre nous, emportés par les cadences d’un travail alimentaire, trouvent un refuge à bon prix dans le déni, voire l’agressivité vis-à-vis de toute remise en cause..

Les élections à Grez-Doiceau n’échappent pas à la règle. Ni les citoyens, ni les candidats ne semblent mesurer l’importance des enjeux auxquels nous sommes confrontés. On se retrouve souvent à débattre de problèmes secondaires avec une véhémence qui cache mal leur futilité. Pourquoi cette agressivité ? N’est-elle pas finalement l’expression détournée d’un sentiment de malaise général ? Difficile de porter des débats parfois stériles à un niveau d’échange rationnel débouchant sur des mesures pratiques.  En outre, beaucoup de  groupes politiques récupèrent des concepts à la mode dont ils ne semblent pas embrasser tous les contours (mobilité, circuits-courts, citoyenneté, ruralité, …). Gagner la course aux sièges dans le tournoi inter équipes : voilà l’important. Lesquels d’entre eux anticipent la crise dont les premiers effets se feront, sans doute, déjà sentir pendant cette nouvelle législature ?

Soit, c’est une occasion manquée et la réaction se fera somme toute lorsque la maison brulera. Mais ce qui est spécifique à Grez-Doiceau et incite à la réflexion, c’est la forme et ses possibles impacts. On assiste impuissant depuis de nombreuses années à une polarisation nourrie de rancœurs personnelles cultivées. Durant la campagne, manipulations, pressions et invitations à l’esprit partisan ont la part trop belle. Nous assistons  souvent à des dynamiques d’exclusion et de défiance qui mettent à mal la cohésion sociale alors qu’il faudrait favoriser des logiques de coopération que certains candidats cultivent déjà, au-delà des barrières de parti. Si les prédictions d’effondrement se réalisent, Grez-Doiceau risque d’offrir un terrain propice si les mentalités n’évoluent pas.

Il est urgent que les candidats et les citoyens réalisent qu’il est temps d’enterrer les hostilités mesquines. Qu’il est plus que temps de coopérer intelligemment afin de faire face aux défis de demain matin. Alors, pourquoi pas une petite dose salutaire de bienveillance pour occulter les egos et ouvrir la voie de la résilience et de la solidarité ?

 
Le collectif
 


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