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Décor de carton-pâte

• Jeudi 21/06/2012 • Version imprimable

Nous ne sommes pas toujours tendres au Collectif , surtout Calvin mais nous l’écrivons rarement, ou nous édulcorons à tout le moins.
Dans Retour à la « vraie » campagne, nous avions invité gentiment les rurbains à considérer la campagne comme autre chose qu’un sanctuaire, à arrêter d’utiliser le paysage pour défendre leur quiétude. La Pastèque Masquée, qui pourrait faire partie du Collectif si elle n’était pas ce point occupée, a dans Le coup de pied de Lasne remis le couvert en prenant un autre point de vue pour arriver à une conclusion similaire.
Mais il faut avouer qu’on entend quand même de grosses conneries dans nos campagnes brabançonnes. Le nombre de fois que l’étendard de la ruralité peut être brandi pour s’attaquer à l’un ou l’autre projets, certes parfois stupides, laids ou polluants. Mais il n’empêche que ceux qui empoignent la hampe de ce drapeau ont de lien avec la ruralité que Hobbes avec la mécanique quantique.

Pire est le pavillon du paysage, monté sur le mat de l’opposition systématique et osons le dire « nymbiste ». Ne bâtissez pas de hangar dans ma campagne, même si je ne m’y promène qu’une fois par an lors d’une fête de famille, histoire de fatiguer les enfants. Ne modifiez pas ce paysage séculaire qui n’a jamais bougé. Séculaire, mon c…

Arrêtons de dire des bêtises. S’opposer à quelque chose est un droit légitime, mais ce droit doit s’exercer avec mesure et intelligence. Et surtout, s’intégrer dans une réflexion plus globale. On ne peut pas s’opposer ici et ignorer ailleurs, voire applaudir.

Et puis les atteintes au paysage ne sont pas toujours où l’on croit. Regardez ces jardins sans âme, devant lesquels sont garées des voitures de luxe mais vulgaires. Comme disait dernièrement Calvin : « Vu de chez eux, ça doit être beau et dégagé mais vu de l'autre côté de la lorgnette, leurs grosses bicoques? A quoi ça ressemble, ça gâche pas le paysage ça? Voir et être vu, c'est le leitmotiv des m'as-tu vu ». Nous réclamons pour notre quiétude, mais nous roulons comme des « pètés » dans les rues de notre village. Nous parlons de convivialité, mais bien balisées, lors de la « fête de village ». Pour le reste, la petite vieille du coin peut crever la bouche ouverte. Nous consommons bio, c’est bon pour notre santé, mais bon, si le maraîcher veut cultiver à côté, c’est hors de question. Nous faisons tourner nos tondeuses ou nos « souffleurs de feuilles » sans tenir compte des autres. (D’ailleurs, certains au Collectif seraient pour une taxe sur les tondeuses). La plupart d’entre nous ne connaissons plus rien à la terre. Plus grave, nous ne la sentons plus. Ce qui nous entoure n’est qu’un support pour nos yeux. Autant mettre des trompe-l’œil comme clôtures, vous savez ces trucs moches des années septante qu’on collait sur un mur.

Quittons ces visions passéistes. Intégrons le paysage dans une vision moderniste, intégrant toutes ses fonctions. Cela prendra du temps dommage, mais surtout, cela n’empêchera pas les gros c… de réclamer avec des arguments stupides.

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