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Retour à la « vraie » campagne

• Mercredi 06/06/2012 • Version imprimable

Notre société actuelle s’est bien éloignée de ce qui et de ceux qui la nourrissait. Qui sait encore ce que fait un agriculteur ? Même les populations installées en régions rurales ne comprennent plus, ne connaissent plus ce qu’est cultiver une terre. Au point que certaines communes envisagent l’engagement de guides ruraux entre les habitants et les exploitants agricoles.
Cette méconnaissance conduit nombre de concitoyens à créer une vision rêvée, passéiste de la campagne, un sanctuaire des paysages. Beaucoup l’imaginent comme une réserve naturaliste. Certains y voient le paradis des produits chimiques et d’autres une réserve foncière. Pourtant, nos campagnes ont comme première fonction et peut-être trop rapidement oubliée, celle de nous nourrir. Certes, de la manière la plus respectueuse pour la nature, l’humain, l’environnement, mais en conservant à l’esprit l’importance de cette production.
Nous pourrions donc être enclins à considérer nos campagnes comme un musée, comme une réserve foncière, considérant qu’ailleurs la production est suffisante pour satisfaire nos besoins. Cela signifie surtout que là-bas, d’autres dégâts sont possibles (voire acceptables). La déforestation, la monoculture industrielle, la mainmise sur les terres, des plus pauvres sont parmi les fléaux  des pays du sud.  Et ils ne sont pas sans conséquence pour nos pays, ne serait ce qu’en termes de réchauffement climatique. Nous ne pouvons y être indifférent quand même ce serait lointain.
Ainsi la loi brésilienne sur « l’exploitation forestière » ne devrait manquer de nous inquiéter comme l’est la responsable du World Wildlife Fund (WWF) pour le Brésil, Maria Cecilia Wey de Brito.

«La société brésilienne et du monde entier voient un pays qui continue à jouer avec l’avenir de ses forêts»[1]

Par contre, d’autres décisions peuvent être plus positives comme la décision française d’interdire l’utilisation du Cruiser dans certaines cultures.

Le ministre de l’Agriculture s’est prononcé vendredi pour l’interdiction de l’utilisation du pesticide du groupe suisse Syngenta sur le colza. Stéphane Le Foll a pris sa décision après avoir reçu un rapport de l’Agence sanitaire de l’environnement et de l’alimentation (Anses) qui démontre l’impact du Cruiser sur la mortalité des abeilles. La France devrait aussi saisir la Commission européenne et l’Autorité européenne pour la sécurité alimentaire (Efsa)[2].

Mais cela nous éloigne de notre propos et nos campagnes.

Il faudrait que nous puissions réintroduire de la proximité dans nos campagnes, que les terres qui nous entourent puissent nous nourrir,  que nous comprenions les enjeux. De plus en plus de personnes décident de se lancer dans l’agriculture de proximité (essentiellement des productions maraîchères). Pourtant, elles peuvent se heurter à tellement de  difficultés. L’accessibilité aux terres en est certainement une. La pression sociale en est une autre, par exemple avec le paradoxe de la demande de produits locaux et le rejet de la modification de paysage. L’incompréhension des nouvelles techniques agriculturales comme l’agroforesterie est également une réalité. Les « règles d’urbanisme » peuvent être également des contraintes insurmontables. (Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas de règle).

Il est donc important qu’un dialogue entre les différents acteurs/spectateurs s’établisse, pour que nos campagnes évoluent vers une meilleure prise en compte des défis de demain : la préservation ou la restauration de la biodiversité, de la sociabilité et de l’indépendance alimentaire.

Le Collectif

 
 

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