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Bonjour, bonjour, les hirondelles.

• Mardi 18/03/2008 • Version imprimable

Bonjour, bonjour, les hirondelles. Il y a de la joie. Ce samedi matin avait un petit air de printemps pendant que nous charriions notre bois. La nature avait des couleurs douces de regards de femme : les bleus pastel, légèrement grisés, du ciel ou les teintes profondes des terres labourées et des champs renaissants. Un vent léger nous refroidissait quand même sur notre tracteur, mais qu'importe, cette journée avait un petit goût acidulé de printemps. Mais, ma bonne humeur ne pouvait pas durer.

Vous souvenez-vous de cette chronique, écrite il y a quelque temps: Nous sommes quand même des saligauds ? La fière équipe qui avait entrepris les travaux de réhabilitation d’un chemin converti en décharge clandestine s'était remise à l'ouvrage ce matin-là. Les ouvriers communaux avaient dégagé les plus gros obstacles. Les bénévoles revenaient pour dégager ce qui restait dans les talus : que de m...., des bâches, des morceaux de fer, des déchets divers, des morceaux d'éternit,… Tiens à propos d'éternit, en revenant par une route de campagne, sur notre engin poussif, nous avons vu en bordure d'un champ, de vieilles plaques ondulées que quelqu'un avait sans doute déposées pendant la nuit. Elles n'étaient pas là hier. C’est maintenant à charge de la commune de les évacuer, aux frais des contribuables. D'ailleurs, le long de cette route, je suis toujours étonné de voir des sacs poubelles que des citoyens malséants laissent au gré du vent. Des canettes de boisson décorent aussi les fossés. Nous sommes quand même des saligauds.  Il n’y a pas à sortir de là.
Qu'importent les agressions faites à l'environnement, des plus bénignes, visibles aux plus insidieuses, dangereuses semblent croire un peu trop de gens. Pourtant, selon le directeur général de l'UNESCO, Mr Matsuura,  « cette guerre à la planète risque d'avoir un coût de guerre mondiale ». Et cette campagne, même débarrassée de toutes ces crasses qui en font une annexe de dépotoir, court d'autres risques, comme la soumission aux pesticides, aux engrais artificiels et autres intrants artificiels. A ce sujet, le documentaire sur Monsanto, passé sur différentes chaînes de télévision, semble avoir marqué les esprits. Il est critiqué parfois pour ses exagérations, mais si  une petite partie seulement des affirmations devait être avérée, cela suffirait à justifier nos craintes.
Mais sans pesticide, ce serait la famine vous rétorqueront certains, en général les fabricants de ces produits ou des écologistes sceptiques. D’autres disent plutôt le contraire comme dans ce rapport du parlement français : « 
Comment pourra-t-on nourrir 9 milliards d’hommes sur des espaces agricoles par définition limités, et dont une partie pourrait être menacée par les perturbations de l’hydrosphère qui s’annonce ? La mise en oeuvre progressive d’une agriculture de précision optimisant les processus naturels est indispensable, car les techniques de forçage du sol et de lutte contre les ravageurs ont atteint des zones de rendements décroissants ».
La FAO
considère que l’agriculture biologique doit être développée, même si « le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, a déclaré [..] que la FAO n’avait aucune raison de croire que l’agriculture biologique puisse remplacer les systèmes agricoles traditionnels pour garantir la sécurité alimentaire mondiale ». Cependant le Directeur général adjoint de la FAO James Gsouligne  « La biodiversité est vitale pour la survie et les moyens d'existence de l'homme ». Et protège-t-on la biodiversité à coup (ou coût) de pesticides ?
Parce que la question est là, fondamentale. Dernièrement, j’ai eu l’occasion de discuter avec un apiculteur. Il rappelait l’importance de l’abeille comme indicateur de la biodiversité. Il soulignait d’ailleurs qu’en Belgique,  les chiffres « officiels » de mortalité dans les ruchers étaient sous-estimés. De nombreux apiculteurs, pour la plupart amateurs, ne déclaraient pas leur perte, par méfiance ou manque de confiance. L’abeille n’est pas en forme et c’est un signal de danger à ne pas négliger.
Et des actions existent pour la protéger :  à travers l’Europe, du 20 au 30 mars se déroule la « Semaine sans pesticide » pour sensibiliser les citoyens au danger de ces produits. Tous, nous sommes concernés : les agriculteurs, mais aussi les collectivités locales dans leur gestion de l’environnement et surtout les particuliers qui recourent aux biocides pour éliminer une mouche ou une fourmi. Dans ce cadre,  l’association dont je m’occupe est coorganisatrice d’événements les 26 et 29 mars prochains : La semaine sans pesticide à Grez-Doiceau. Je vous invite à venir écouter les conférenciers ou discuter avec des acteurs de terrain.

Il est temps comme l’écrit Mr Matsuura,  déjà cité, que « pour cesser d'être les parasites de la Terre, nous acceptions de signer un nouveau traité de paix avec la nature. Nous avions le contrat social, qui liait les hommes, il nous faut maintenant nous lier à la nature. »  Agir à notre niveau, ce serait un début de signature de ce fameux contrat.

Denis MARION.
 

http://tropdebruit.be/news/la-biodiversite-est-vitale-pour-la-survie-et-les-moyens-d-existence-de-l-homme

http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000726/index.html

http://bio.tropdebruit.be/


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