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Tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice !

• Jeudi 06/12/2012 • Version imprimable



Avec l’inculpation de Maurice Lippens, nous nous demandions au collectif , si ce n’était pas le moment d’écrire une chronique sur le sujet. Mais bon, le devoir et l’envie nous ont conduits sur d’autres voies, sur la route ouverte à la déesse auto.

Pour la première fois l’agressivité sur la route est avec 39% en tête du top dix des causes d’irritations dans le trafic. Ceci démontre une nouvelle enquête de l’organisation de mobilité Touring avec 1.760 réponses. Depuis de nombreuses années le « colle-au-cul » occupait la première place, mais ce phénomène déménage en deuxième place avec 31%. En 3° position se trouve l’ « excès de vitesse »[1].
 
Les automobilistes souffrent de l’agressivité sur la route. Enfin, ils reconnaissent qu’il y a un problème, que le monde merveilleux de la voiture est peut-être un enfer. Parce que, soyons de mauvais compte, l’enfer, ce sont les autres conducteurs. Ceux qui veulent passer devant, qui nous klaxonnent ou dont la couleur de carrosserie ne nous revient pas. Parce que se garer sur le trottoir n’est pas un signe d’agressivité à l’égard de piétons qui sont obligés de marcher sur la route. C’est un simple moyen de protéger son véhicule contre les autres chauffards. Parce que se garer sur une piste cyclable n’est qu’un moyen d’assurer la fluidité du trafic qui n’a aucune incidence sur la vie d’un cycliste et ne saurait être considéré comme un acte agressif. 

La voiture, objet machiste par excellence, mais que s’approprient dans le même esprit les femmes, est une bulle individuelle qui ne saurait être freinée par quoi que ce soit. C’est le message récurrent qu’expriment les conducteurs[2]. Pourtant, la route et singulièrement les rues de nos villes et de nos villages sont des espaces publics qui ne sont et ne peuvent pas être dévolus qu’à la voiture. D’autres usagers doivent y trouver leur place. Cyclistes, piétons y sont aussi chez eux.  Plus fondamentalement, des gens vivent le long de ces voies publiques. Et ils veulent, comme tout le monde, vivre dans un environnement agréable, convivial, sûr.

Cela suppose que la voiture redonne de la place aux autres, qu’elle ne considère pas la rue comme son aire exclusive de jeu, que d’autres peuvent s’y trouver,  y avoir même priorité.  Cela suppose que les conducteurs changent d’attitude, développent de l’empathie pour autrui. Ils en seront, eux ou leur famille, aussi bénéficiaires.

C’est dans ce cadre que des associations européennes ont lancé la pétition pour le 30 km/h en agglomération. Pourquoi généraliser le 30km/h ? Plus de sécurité, plus de convivialité, moins de bruit, plus d’autonomie, plus de fluidité, moins de pollution sont des arguments suffisants pour prendre cette direction[3]. Et Le 30 km/h en agglomération est une tendance irréversible selon les conclusions d’une journée d’études organisée par l’Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR) le 15 mai dernier à Bruxelles. Au cours de cette journée on a pu entendre plusieurs villes européennes relater leur expérience, positive, de diminution des vitesses en agglomération[4].

Alors, ne faites pas votre tête de lard, signez la pétition. Faire du trente kilomètres à l’heure est très facile. Il suffit de lever le pied. Ne poussez pas le bouchon trop loin avec de mauvaises excuses.

 

Le collectif .


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