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Tire-toi…

• Mercredi 21/12/2011 • Version imprimable

Tina, Tina, que de gens dois-tu séduire pour qu’on entende aussi souvent ton prénom. Tina, Tina, quatre lettres, un prénom bref, mais doux. Ha, Tina ! 

Je t’imagine, juchée sur un tabouret de bar, tes jolies jambes haut croisées. Je t’imagine un brin canaille, vulgaire pour certains, même si ces biens pensants rêvent de toi la nuit.

Je t’imagine entourée d’hommes, mais aussi de femmes. Tu n’as pas d’exclusive et ton parfum est à ce point dopé aux phéromones que personne n’y résiste.

Tu es toujours là, insoutenable séductrice, inévitable prédatrice. Tu es toujours là, jeune, jolie.

Maggie t’a sans doute oubliée avec  ses troubles de la mémoire, mais elle te vouait un tel amour que certains trouvaient cela malsain.

Ha Tina, tu as réussi à convaincre les grands argentiers à se passer du voisin de palier pour s’adresser à des marchés anonymes. Certes, tu n’as pas séduit tout le monde. Les Japonais, par exemple, qui préfèrent sans doute le style geisha.

Ha Tina, tu as habilement amené des hommes à se prendre pour Prométhée, au point qu’un nabot maintenant n’arrête de prononcer ton nom.

Ha Tina, tu mérites aussi la médaille de sauvetage. Es-tu si bonne que l’on voit en toi un Saint-bernard financier ?

Ha Tina, tu es sur tous les fronts. Tu es prête à tout pour nous aider. Aucun domaine ne t’échappe. Des arbres vénérables sur une vieille avenue et tu es là avec ta tronçonneuse. Des barrages de castors dans une commune brabançonne et tu es là avec ta pelleteuse. Des problèmes avec nos pensions et tu es là avec ta calculette pour nous recompter une histoire. Tu manies le sabre, le goupillon, le croupion avec l’aisance d’une vieille roublarde. Le pire avec toi est que parfois tu dis la vérité… mais peut-être pas aussi souvent qu’on croit.

Ha Tina, que ferait-on de l’avenir si tu n’étais pas là ? Peut-être que nous pourrions faire appel à notre cerveau, que nos idées pourraient quitter la gorge profonde séparant tes seins ? Nous, pauvres financiers libidineux, bourgeoises coincées, citoyens paresseux, parents dépassés, pourrions arrêter de rêver de toi. Nous pourrions regarder dans tes yeux et y lire tout le mépris que tu as pour nous. Nous pourrions utiliser notre imagination pour écrire des histoires moins convenues. Nous pourrions faire sans toi, ou en tous les cas, ne pas trop partager ta vie.

Mais bordel, tu reviens toujours. Si on ne fréquente plus le bar, tu nous retrouves ailleurs. Tu te déguises, tu te costumes, tu te travestis pour nous pourrir la vie.

Fous le camp, Tina… Tes jambes ne me font plus rêver, ta gorge ne me fait plus frémir, ton cul ne me fait plus b….

Fous le camp.

[Toutes mes excuses aux dames, avec l’acronyme Tina, je ne pouvais pas en faire un homme. De toute façon, Tina n’est ni une femme, ni un homme, ni un animal. C’est un monstre inhumain qui nous pourrit la vie.]

Denis MARION

Comme tout le monde a été un jour l’amant de Tina.

 
 
 

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