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Sold-out

• Mercredi 16/01/2008 • Version imprimable

Il paraît que c’est la période des soldes. Vous savez, cette frénésie qui enflamme le consommateur lambda (c’est-à-dire vous et moi) et qui le fait se précipiter dans les magasins pour acheter tout ce dont il s’est passé jusque là.
C’est ça, les soldes : vendre à bas prix ce dont personne n’a voulu. Bref, le temps des bonnes affaires, qui ne deviennent bonnes que par un artifice d’étiquette. Des bons articles dont personne n’a voulu, il n’y en a pas qu’en magasins ; la politique en regorge. Profitons donc de la saison pour faire nos soldes.
En tête de gondole, avec le canotier, je vous propose la bague de fiançailles. Elle a déjà servi, mais elle plaît toujours. De Cécilia à Carla, même gravée, il n’y a qu’à effacer quelques lettres et à tricher un peu sur les autres. La routine. L’idéal, finalement, c’est de ne mettre que l’initiale.
Nous vous proposons aussi le projet d’une Belgique unifiée, intelligente, où trois communautés continueraient à vivre en paix, partageant leurs richesses et leurs différences, conscientes que les soi-disant problèmes de langue ne sont que des arguments populistes pour des politiciens médiocres.
Autre produit, plus ensoleillé : la paix au Proche-Orient. Produit simple fondé sur des besoins basiques : vivre en paix, tranquille, sans risquer de voir ses enfants abattus par des soldats ou déchiquetés par un kamikaze. Les colonies démontées manu malitari et les terroristes renvoyés dans des camps scouts pour leur apprendre de jolies chansons et le macramé, qui vaut quand même mieux que le macchabée.
Au rayon utopie, un président américain intelligent, écolo, humaniste et pacifiste. Plusieurs tendances marketing se disputent : on ne sait pas s’il faut la poupée Barbie ou le Kent afro-américain. La seule chose qui est sûre, c’est que lorsqu’on soldera Bush, personne n’en voudra, et qu’il faudra quelques années pour effacer tous les dégâts qu’il aura causés.
En solde aussi, une conférence de Kyoto ayant très peu servi, que vous pouvez troquer contre une pair de Bali. Quelques permis de polluer susceptibles de financer la métallurgie indo-wallonne sur le compte des pouvoirs publics, comme ce fut le cas pour le Grand Prix de Francorchamp, autre miracle éco-logique.
J’ai aussi un splendide dossier “nuisances aéroportuaires”, avec un pack “cynique” flamand, qui renvoie leur pollution sonore chez les Wallons, et un pack “abruti politique” auprès du gouvernement wallon, qui refuse de se sentir concerné.
Faites vos courses, les articles de cette sorte ne manque pas. Sauf que, à bien y regarder, ce sont des dossiers qui n’ont pas de prix, et qui ne méritent certainement pas d’être bradés.
Notre seul espoir : janvier n’est-il pas aussi le mois de bonnes résolutions ?

Sold-out
Par Vincent Engel

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  • Vincent Engel
    • Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'Histoire des Idées et de Formes Littéraires à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur
  • Epures ASBL
    • Trop de Bruit en Brabant wallon, l'Observatoire indépendant de l'environnement en Brabant wallon. (TBBW ASBL), actif particulièrement sur le territoire de la province du Brabant wallon, a changé de nom en 2013 pour s’appeler EPURES, Ensemble Pour Une Réflexion Environnementale Solidaire et ainsi mieux rendre compte de ses activités. En effet, créé en 2004, ce groupement de citoyens et son comité a mis dans un premier temps l'accent sur les nuisances aériennes provoquées par Bruxelles-National mais s'est, depuis, ouvert à d'autres problématiques environnementales, liées ou non au territoire de la province.