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Quelle vitesse sur nos routes…

• Jeudi 11/05/2017 • Version imprimable

Carte blanche parue dans Espace-vie n°271 | Mai 2017

La Flandre est passée au 70km/h  par défaut sur les routes à deux bandes hors agglomération. Selon l’AWSR, la Wallonie n’a pas suivi, arguant du fait que la densité de population le long des voiries n’est pas aussi importante qu’en Flandre.[1] La situation est certes différente en Wallonie et en Flandre mais nous avons également des contextes locaux très semblables à ceux de la Flandre, de fortes densités, des formes de conurbation plus ou moins affirmées. A ces endroits, une limitation à 70 km/h, voire moins, serait appropriée.

Pourquoi s’attarder à la vitesse ?

Pour une question d’insécurité,

« Une vitesse inadéquate peut générer deux types d’insécurité : l’insécurité dite objective, que l’on mesure à partir des rapports d’accidents avec dégâts corporels, et l’insécurité dite subjective, qui correspond à la perception de la population. Ces deux types d’insécurité sont importants et doivent être pris en considération. » Ainsi le renoncement à la traversée d’une chaussée rapide n’est pas mesurable dans les statistiques d’accidents : il modifie cependant le vivre ensemble et l’usage des modes de transports doux. 

Pour une question de convivialité,

L’insécurité est l’ennemie de la convivialité. « De nouveaux comportements et une vie sociale deviennent possibles dans les zones urbanisées lorsque la vitesse est adaptée aux lieux traversés par les usagers. »

Pour une question de santé publique,

L’Agence européenne de l’Environnement considère que la pollution sonore est un problème majeur de santé environnementale. L’OMS estime à un million le nombre d’années de vie en bonne santé perdues chaque année en Europe de l’Ouest du fait de l’exposition au bruit du trafic.

Entre 130 et 50 km/h, les émissions sonores diminuent avec la vitesse.[2] Une diminution de 20 km/h de la vitesse correspond à une division par deux du volume de véhicules[3]. Cette diminution n’entraîne pas un allongement sensible du temps de parcours, pour les trajets courants. Par contre, elle peut améliorer la fluidité du trafic en évitant entre autres les effets de saccade. S’ajoute à cela, la diminution réelle de polluants atmosphérique. 

Et sur le terrain, est-ce possible ?

Force est de constater une signalisation incohérente, des changements répétés de limitation de vitesse favorisant une circulation saccadée,  des situations similaires qui n’engendrent pas les mêmes décisions.

Nous l’avons particulièrement remarqué sur deux nationales, les N25 et N268, qui traversent la commune de Grez-Doiceau. Les travaux effectués sur la N25 avaient pour but de rendre la N268 au trafic local comme l’évoquait en son temps, l’ingénieur responsable des travaux: « Sur la chaussée de Wavre (N268), il ne restera pratiquement plus que le trafic local ». Le nombre de résidences, de commerces, les traversées diverses, la présence de la N25 justifieraient une mise à 50 km/h sur tout le parcours.

Sur une partie de la N25, une mise à 70 km/h s’impose pour permettre entre autres des cheminements plus sûrs pour tous ceux se rendant à leur arrêt de bus, pour les usagers du centre sportif, pour les cyclistes qui la traversent, pour les automobilistes quittant leur village, etc.

La mise en place de ces prescriptions est souhaitée par plusieurs acteurs locaux, publics et citoyens.

Pourquoi les décideurs dans ce dossier ne souscriraient-ils pas à une vision plus cohérente et plus conviviale de la mobilité ?  Nous devrions tous en profiter quand bien même cela ne serait pas mesurable en terme de statistiques morbides. 

Dendoncker, Ceulemans & Marion

Citoyen(ne)s actifs dans différentes associations et commissions locales.


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