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P…. de démocratie, chronique de campagne (3)

Mensonges et fantasmes.

• Mardi 15/04/2014 • Version imprimable

Au collectif , nous sommes quelques-uns à nous vautrer dans le travail associatif comme vous le savez bien. Nous ne nous en cachons pas. Alors, l’occasion de ces chroniques électorales est trop belle pour ne pas faire le point sur un dossier éminemment politique dans une campagne électorale. Un vrai bâton m….
Le dossier des nuisances aériennes refait surface. L’application de l’accord gouvernemental fait de nouvelles victimes pour en soulager d’autres. Le plan Wathelet (qui est celui du gouvernement fédéral) est sans doute mauvais, mais vraisemblablement moins mauvais que beaucoup d'autres. Au contraire de ses prédécesseurs, il semble avoir travaillé de concert et avec le blanc-seing des autres membres du gouvernement) Il y a dedans de bonnes idées, comme l'usage des couloirs non aedificandi ou des zones d'infrastructure.
Que les nouveaux survolés se plaignent est dans l’ordre des choses, avec les excès habituels, mais aussi avec des plaintes et des douleurs bien réelles. Que des aventuriers profitent de l’occasion pour se faire valoir est une chose habituelle, quand bien même le travail citoyen en soit en partie perverti.

Légère parenthèse

Il serait de bon de déterminer ce qu'est un mouvement citoyen. Beaucoup s'en réclament, mais n'ont-ils pas un agenda ou des accointances cachés. Quand un mouvement citoyen a de l'argent pour engager des graphistes ou des journalistes free-lance, nous pouvons toujours croire qu'il existe un ou des mécènes pour le soutenir. Mais quel est l'intérêt qu'ils poursuivent. Peut-être suis-je trop cynique pour croire à l'innocence des dons quand ils sont trop importants ou émanent de personnes qui ne sont pas réellement concernées.
 
Les politiques, essentiellement bruxellois, sortent également du bois, criant au viol de leur ville. Cela fait plus de dix ans que nous suivons ce dossier et à chaque nouvel essai de plan, un nouveau groupe se forme. Les Bruxellois ont toujours été survolés, mais ce ne sont pas toujours les mêmes. Des personnes confrontées à des nouvelles nuisances ne peuvent donc que se rebeller. Et à chaque plan, son lot de sorties électoralistes plus ou moins éclairées, oubliant souvent que les mécontents d'hier et ceux d'aujourd'hui sont tous des électeurs qui auront à se plaindre des décisions.
Soyons clairs,

Il n'y a plus de réelles zones moins densément peuplées autour de Zaventem, hormis les couloirs non aedificandi à l'est de l'aéroport (utilisés pour les atterrissages en situation normale, mais maintenant aussi pour certains décollages grâce au travail associatif) et il n'y aura jamais de budget pour isoler quoi que ce soit ou plus exactement il y aura difficilement un accord pour le dégager.
Il n'y a pas de volonté de combattre l'aéroport. Il n'y a pas de volonté d'affronter certains groupes de pression ou autorités (e. a. le Noordrand, BIAC, etc...). Il y a surtout beaucoup de fantasmes faute de connaissances, d'informations fiables, etc... tant chez les citoyens que chez les élus. Peu de gens se documentent réellement. (Nous nous rappelons un candidat ministre-président bruxellois qui confondait toutes les pistes.). De manière générale, les politiques ne font pas œuvre de pédagogie. De manière générale, ils ne prennent pas de positions (un tant soit peu) réellement radicales. De manière générale, ils ne pratiquent pas l'alliance objective. Nous en avons rencontrés en son temps, certains dans leur cabinet, pour se faire jeter au prétexte que leur territoire était Bruxelles. Nous parlions de collaboration, coopération, avec la région wallonne, avec le fédéral, avec la région flamande, mais ils sont restés sourds. De manière générale, ils pratiquent la gesticulation inutile dans ce dossier, sans mesures, ni actions concrètes.

Et à chaque fois, que ce soient des politiques ou des citoyens, c’est la même scène qui recommence : les uns veulent renvoyer les avions d’où ils viennent ; les autres ressortent des solutions qu’ils savent inapplicables par défaut de réelle volonté politique. Peu d’entre eux se questionnent véritablement sur la cause du problème, le trafic aérien, prétextant que l’on peut difficilement s’en passer pour toutes sortes de raisons. Parce qu’en matière de commentaires sur les nuisances aériennes, il y a d’ailleurs une série d'affirmations qui nous em..... souverainement: tout le monde prend l'avion. Tout le monde est content de prendre l'avion. On a besoin de l'avion. Non ! Tout le monde ne prend pas l'avion. Même avec le low cost, il n'est pas accessible à tous. Tout le monde n'a pas envie de le prendre. Nous n’avons malheureusement plus cette statistique qui donnait le pourcentage réel des utilisateurs versus population de nos aéroports.
Et le besoin? Nous ne faisons plus un usage raisonné de ce transport.

La recherche d’équilibre est-elle possible ? Oui, mais il faut une réelle volonté de collaborer, voire de combattre. Une des rares "solutions" (hormis la fermeture de l'aéroport ou à tout le moins la limitation de son utilisation) est l'usage de la route nord du ring. Collant au tracé de l'infrastructure et les nuisances aériennes se confondant à celles de la route, elle pourrait être le meilleur choix. Mais quels politiques (néerlandophones ou francophones) ont envie de se colleter avec le Noordrand ?
Le collectif

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    • Trop de Bruit en Brabant wallon, l'Observatoire indépendant de l'environnement en Brabant wallon. (TBBW ASBL), actif particulièrement sur le territoire de la province du Brabant wallon, a changé de nom en 2013 pour s’appeler EPURES, Ensemble Pour Une Réflexion Environnementale Solidaire et ainsi mieux rendre compte de ses activités. En effet, créé en 2004, ce groupement de citoyens et son comité a mis dans un premier temps l'accent sur les nuisances aériennes provoquées par Bruxelles-National mais s'est, depuis, ouvert à d'autres problématiques environnementales, liées ou non au territoire de la province.