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P…. de démocratie, chronique de campagne (2)

Ces bourrins de citoyens

• Mardi 08/04/2014 • Version imprimable

Peut-on croire que l’élection au sein d’une démocratie ne sert à rien, si ce n’est à prolonger un système favorisant une élite ? Et ce n’est en quelques chroniques que nous viderons le tonneau de la polémique, mais essayons quelques pistes.

Cette élite politique est-elle une réalité ou un fantasme ? Nous en discuterons dans une prochaine chronique. Profitons de la sortie d’un édito de Thierry Fiorilli, Rédacteur en chef adjoint au Vif/L'Express, intitulé « Slogans de campagnes et électeurs dans une logique de supermarché » pour aborder un des positionnements de l’électeur.
En France, un maire d’une petite ville qui ne voulait plus se représenter l’expliquait ainsi : « Le citoyen est devenu un client. Il estime qu’en donnant sa voix, il a acheté un produit, une marque. Et donc il exige un retour sur investissement. Ça veut dire qu’il n’accepte plus de payer des impôts pour la collectivité. On lui dit: “C’est pour une école, ou une piscine, ou un rond-point, ou une piste cyclable”; il rétorque : “Je n’ai pas d’enfant, je ne nage pas, je ne passe par là, je n’ai pas de vélo”. Et c’est pareil pour tout ce qu’il considère comme ne le concernant pas. S’il estime que le service après-vente ne lui convient pas, personnellement, il change de magasin, de marque. Et il vote pour un autre. »

Cela rejoint ce que beaucoup de membres du collectif entendent dans leur quotidien de bénévoles associatifs. Que de fois ne nous dit-on pas que les élus sont payés pour résoudre nos problèmes ? Ou que de toute façon, ils décident de tout, ou qu’ils n’en ont rien à f….
Même à l’égard de l’associatif (et singulièrement de ces bénévoles), le citoyen se comporte en tant que client. Que ferez-vous donc pour moi en contrepartie de ces dix (misérables) euros de cotisation que je vous alloue ?
La conscience politique s’étiole. Le vote lui-même est devenu une corvée dont l’électeur voudrait s’affranchir, puisque l’on reprend toujours les mêmes et que ceux que qu’il n’aime pas se retrouvent toujours au pouvoir par le jeu des coalitions. Mais il est dans l’air du temps où tout se commerce, tout se monnaye. Pourquoi ferait-il exception dans un monde où les secrétaire et receveur communaux sont devenus respectivement directeur général et directeur financier ?

L’électeur est-il responsable ? Pourquoi ne le serait-il pas ? Quelqu’un penserait-il autrement ? Il est libre de donner son vote. Certains peuvent le regretter au nom d’une certaine efficacité, mais la démocratie ne peut souffrir d’exception.

Ainsi, la mise en place de majorité d’extrême-droite en France est le résultat des urnes. Certes, il faut être abruti pour voter pour ce genre de partis, même (et surtout) au nom d’un vote sanction, mais ces formations ont présenté des listes et ont gagné des élus. D’autant que la pertinence de leurs idées n’est en rien combattue par des formations plus traditionnelles, ce qui rend plus floue la frontière entre l’acceptable et le nauséabond.

D’aucuns pourraient déduire de notre discours qu’il faut laisser faire la bêtise humaine. Là n’est pas notre propos et il convient de renouer le dialogue entre électeur et élu pour éviter la (pas si) lente, mais réelle dérive de nos sociétés.

A suivre et à bientôt,

Le collectif
 

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