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Low-Cost & High-Polution pour le Brazil

Où on parle de Zaventem

• Lundi 10/09/2007 • Version imprimable

Des fruits de serre à la pollution des aéroplanes en passant un ex-Monty Python.

L'Orange bleue sera-t-elle ? Aujourd'hui, personne ne le sait. Si Orange bleue il y a, ce sera, dans nos contrées, un fruit de serre. L'effet de serre est nécessaire à son développement et à sa maturation. Rien dans son programme n'a d'ailleurs réellement trait à l'environnement. Je me suis farci la note de Leterme. Pas Jojo, c'est le cas de le dire.
Je me demande ce que l'explorateur va nous faire découvrir. On a parlé d'une Jamaïcaine ou plutôt d'une Brésilienne. Une Brésilienne, n'est-ce pas une glace ? En tous les cas, pour l'instant, ils sont plus préoccupés par le Bazar de l'Hotel de Ville que par l'avenir de la planète de quelque couleur qu'elle soit. Si une Brésilienne pouvait les refroidir, pourquoi pas ? Il y a pourtant urgence disent les experts (1) et l'Europe commence à avoir peur que cela lui coûte bonbon. (2). Le terme se rapproche, mais ce n'est pas une priorité pour tout le monde. (Même pas pour Wilfried Martens qui, selon le Soir, regrette d'avoir lancé Leterme).

Apparemment et heureusement, l'environnement n'est pas ignoré par tout le monde. Les Néerlandais ont décidé d'appliquer le principe du " pollueur-payeur " en levant certaines taxes.
Mais si vous créez des " pollu-taxes ", la réponse des pollueurs est simple : délocaliser. C'est ainsi que la compagnie Easyjet a réagi aux propositions de taxes du gouvernement néerlandais. Par la voix de son CEO, Andy Harrison : la compagnie envisage, si le gouvernement persiste dans cette direction, de délocaliser des vols à Bruxelles-National. Ce n'est pas demain que Easyjet obtiendra le prix de l'entreprise citoyenne, respectueuse de l'environnement. Les Belges vont connaître le plaisir de la délocalisation environnementale. Devenir une poubelle, certains pays africains connaissaient déjà cette malheureuse situation. Nous allons aussi connaître ce privilège.
Certes, il est peut-être exagéré de comparer les dépôts de déchets toxiques qui sont faits dans les pays pauvres avec l'arrivée d'une compagnie à bas prix comme Easyjet. Mais ce n'est pas pour autant anodin. Si des pollu-taxes poussent une compagnie à délocaliser, c'est d'abord qu'elle pollue et ensuite qu'elle n'est pas prête à réduire sa pollution ou à payer un dédommagement. Ne peut-on pas considérer cela comme un manque de civisme ?

Au-delà de cela, la déclaration d'Andy Harrison nous confirme que par le laxisme de sa politique de gestion environnementale, Bruxelles-National aurait pour vocation de devenir la poubelle des aéroports européens. Des exemples fort nombreux semblent démontrer qu'il permet à des avions interdits ailleurs d'utiliser ses infrastructures.
Plus fondamentalement, l'absence d'une réelle politique environnementale ne pourra que conduire à un rejet toujours plus marqué de son implantation dans une zone fortement urbanisée. La méconnaissance des droits des riverains et la croissance à outrance de cette plateforme aéroportuaire montrent à satiété que nous sommes loin d'une volonté d'intégration de Zaventem dans un processus harmonieux de développement. Si les actionnaires de BAC (Brussel Airport Company), nom qui lui convient parfaitement, peuvent estimer opportun d'accueillir des compagnies à bas prix ou des nouvelles lignes de fret, il n'en va pas de même pour les riverains de l'aéroport. Et même ceux que l'argument de l'emploi séduit devraient s'assurer que de telles retombées profiteront bien à nos concitoyens.
Le prochain gouvernement aura-t-il à coeur d'apporter des solutions à l'utilisation et au développement anarchique de Bruxelles-National, des solutions innovantes, qui ne consistent pas à reporter une charge d'un groupe sur un autre, mais bien, par exemple, à limiter le bruit à la source, le nombre de vols ou à interdire les vols de nuit ? Si Bruxelles et la Flandre ont peut-être besoin d'un aéroport urbain dédié au trafic européen (ce qui pourrait convenir à la capitale de l'Europe), ils n'ont pas l'utilité, à cet endroit, d'un aéroport de fret ou lowcost. Mais si l'on se base sur la note de Monsieur Leterme, ce n'est pas avec ce qui s'y trouve que nous avons de quoi être rassurés (3).

Tiens, tant que nous parlons de Bruxelles-National, Monsieur Landuyt va laisser une solide ardoise pour ne pas avoir respecté certaines règles. Si cela se confirme, ce sera une fameuse facture que payera indirectement le contribuable par ses impôts. C'est comme cela quand on confie un dossier à certaines personnes par trop partisanes. Ce qui est plus choquant, c'est que Monsieur Landuyt désire que les régions participent au règlement de la douloureuse. La victime doit payer pour son tortionnaire. Cela fait penser au film " Brazil " de Terry Gilliam : les victimes d'arrestation arbitraire devaient y payer les frais de procédure. (4)

Brazil, Brésilienne, Jamaïcaine, glace, (ne pas confondre mota et Motta si je puis me permettre ce jeu de mots), tout cela fait penser à un joyeux séjour dans des Amériques du Sud de cinéma ; mais je ne suis pas certain que l'on danse beaucoup lors des négociations en cours et certainement pas le tango, parce qu'il faut être deux pour le danser.
Pour finir, il n'y a pas que les Néerlandais pour se lancer dans la chasse à la pollution. Je me suis laissé dire que le gouvernement wallon aurait décidé d'appliquer le principe du pollueur payeur. Selon le Soir, le gouvernement wallon a en effet adopté en dernière lecture l'avant-projet de décret relatif à la prévention et la réparation des dommages environnementaux (5). Il est même précisé que les victimes (même potentielles) disposeront d'un droit d'action. Je me demande si cela sera valable contre les avions d'Easyjet.
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1) http://tropdebruit.be/news/l-homme-est-responsable-du-rechauffement
2) L'Europe sous pression à cause du climat
Vendredi 07.09.2007, 15:18 Le Soir.
La Commission européenne s'est inquiétée de la " pression croissante " exercée par les catastrophes liées au dérèglement climatique sur ses budgets destinés à l'aide humanitaire d'urgence. [...] " D'après les experts, il est extrêmement rare d'avoir deux ouragans de force 5 sur une même année. Or, nous venons d'en avoir deux en l'espace de trois semaines ", a rappelé le porte-parole de l'exécutif européen en charge de l'Aide humanitaire. " Nous sommes face à une augmentation considérable des catastrophes humaines liées à des phénomènes climatiques extrêmes ", ce qui soumettra le système humanitaire international à " une pression croissante dans les années à venir ".
3) http://tropdebruit.be/news/bruxelles-national-on-n-en-sait-officiellement-pas-plus
4) http://tropdebruit.be/news/bruxelles-national-une-note-de-dix-millions-d-euros
http://tropdebruit.be/news/bruxelles-national-landuyt-laisse-une-dette-d-un-demi-milliard-de-francs-belges-derriere-lui
http://tropdebruit.be/news/bruxelles-national-les-regions-ne-payeront-pas-pour-les-nuisances-sonores
5) Ce décret prévoit la création d'un mécanisme de " responsabilité objective ", c'est-à-dire même en l'absence de faute directe. En cas de dommages causés à l'environnement, son responsable sera tenu, sans attendre la définition d'une responsabilité civile, de prendre les mesures de traitement et de réparation de la pollution. Le coût lui sera imputé. Le projet de décret prévoit également que toute personne touchée ou risquant d'être touchée par le dommage environnemental dispose d'un droit d'action.


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  • Epures ASBL
    • Trop de Bruit en Brabant wallon, l'Observatoire indépendant de l'environnement en Brabant wallon. (TBBW ASBL), actif particulièrement sur le territoire de la province du Brabant wallon, a changé de nom en 2013 pour s’appeler EPURES, Ensemble Pour Une Réflexion Environnementale Solidaire et ainsi mieux rendre compte de ses activités. En effet, créé en 2004, ce groupement de citoyens et son comité a mis dans un premier temps l'accent sur les nuisances aériennes provoquées par Bruxelles-National mais s'est, depuis, ouvert à d'autres problématiques environnementales, liées ou non au territoire de la province.