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Les flatulences du sport.

• Mardi 13/07/2010 • Version imprimable

La coupe du monde en Afrique du sud, c’est l’équivalent des émissions de CO² de 200.000 Belges pendant un an.[1] Avec cela, tout est dit.
 
Si je reviens en passant là-dessus, c’est parce qu’un lecteur m’a interpellé sur mon manque de respect pour le Sport et le foot en particulier[2]. Je n’ai rien en particulier contre le sport. C’est comme une religion. Tant qu’il n’exerce aucune influence sur les gens qui n’y adhèrent pas, il n’y a pas de souci. Mais le sport, comme la religion dans une certaine mesure, ne conserve pas cette neutralité. Il y a des gugusses qui souhaiteraient qu’en 2018, les états belges et hollandais consacrent de l’argent à une concentration de fans du ballon rond. No Way. Arrêtons ce cirque.
 
Je peux concevoir que le sport d’équipe soit une école de vie pour des jeunes, comme peuvent l’être des mouvements de jeunesse ou des groupements de découverte de la nature, de la citoyenneté. Pour le reste, le sport n’a pas plus beaucoup de vertus formatrices et ne sert plus à grand chose, si ce n’est à l’étude clinique des injections de substance, pour établir la meilleure manière de dépenser un pognon dingue ou d’être désagréable avec autrui. Et dans ses « grands messes », il serait plutôt néfaste à l’environnement, à la vie sociale et aux budgets des états.
 
Certes, diront certains esprits joyeux, tout cela est peut –être vrai, mais il faut tenir compte de l’impact positif pour le pays organisateur et pour le pays victorieux. J’ai déjà dit tous mes doutes dans une précédente chronique sur les retombées pour la population sud-africaine. Pour l’Espagne, beaucoup sont convaincus que cela fera revenir les investisseurs. (On pourrait douter de la saine gestion d’un entrepreneur pour qui une victoire sportive invaliderait les résultats d’une analyse économique.) Ainsi donc, une manifestation payée par des Africains, financée en partie par la dégradation du climat, profiterait à un seul pays, gagnant d’un gros lot. Je trouverais très sain d’attribuer les 2, 8 millions de CO² émis à l’Espagne. Repartir avec la coupe et les crasses qui vont avec donnerait à réfléchir.
 
Il est donc temps qu’en matière de sport, nous arrêtions de délirer… et que nous devenions cohérents.  La réduction des gaz à effets de serre passe aussi par la suppression des allers-retours des élus  en avion pour un match de foot. J’ai déjà parlé des cyclistes, mais il y a aussi les skieurs et les joueurs de golf[3] et tous les autres. Quand un j’entends un fondu du motocross se plaindre, à la fermeture d’un terrain privé, squatté par ses semblables, du manque d’intérêt des autorités pour leur sport, je dis « Basta, la coupe est pleine ». Mes impôts n’ont pas à financer cette prédation. En fait, la solution serait, comme pour d’autres domaines, la relocalisation. Plutôt les provinciales que la ligue des champions.
 
Repenser les sports comme une industrie polluante[4] permettrait de déterminer l’acceptable en la matière. Et pour ceux qui entreraient dans ces critères d’acceptabilité, penser à les relocaliser serait la seconde étape.
 
Encore un doux rêve.
 
Denis MARION
 
Entrepreneur sans but lucratif.

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