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Les cracks de la pollution.

• Jeudi 29/04/2010 • Version imprimable


Avec Bourvil-"Les Cracks"
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J’avais le choix pour cette chronique. M’attaquer aux aides que réclament les compagnies aériennes, m’indigner de l’attitude des politiques belges ou vilipender les coureurs cyclistes pollueurs.
 Les compagnies aériennes belges peuvent attendre puisque le gouvernement est démissionnaire. Les politiques belges, eux, ne perdent rien pour attendre. Je leurs réserve un chien de ma chienne. Mais les cyclistes, c’est de saison.
Trois coureurs, Benjamin Gourgue, Christopher Froome et Blel Kadri, qui ont participé mercredi dernier à la Flèche wallonne, en Belgique, font l'objet d'une plainte pour « pollution » à la suite de jets de bidons en bord de route

Incongru trouvez-vous qu’une association porte plainte contre des coureurs qui auraient jeté leurs déchets sur la voie publique ? Je ne suis pas un criminel disait sur les antennes de la RTBF l’un des sportifs cités plus haut. Pourtant, dans nos rues, cela vaudrait à l’auteur une amende de quelques dizaines d’euros. Mais c’est la tradition. Les pauvres coureurs ne peuvent pas revenir avec leurs déchets sur le porte-bagage ou dans leurs fontes. 

Moi, je vous dis que cette association a pleinement raison.

Un, c’est un mauvais exemple. Et il doit être pleinement suivi puisque que le long des routes, surtout à certains endroits privilégiés, c’est la foire aux canettes et aux bouteilles. Et ce n’est pas uniquement le fait des autres usagers.

Deux, par simple justice. Pourquoi le citoyen lambda et pas le cycliste dopé ? Ce qui me fait penser à un autre problème, mais trop délicat pour une rubrique de bon ton.

Trois, par goût du sport. Tout le monde à la même enseigne. Une paire de fontes. Un jambon beurre ou des tartines au choco, une fillette de rouge, une gourde, mais pas la même ou une canette de bière (pas d’affreux sodas) et contrôle à l’arrivée, y compris le pot de rillettes éventuel. Pourquoi ne pas aller à quelques boyaux de rechange et une trousse à outils. On supprimerait les voitures suiveuses. Ce serait du CO2 en moins. Et tant que l’on y est, supprimons la caravane. Il n’y a plus d’Yvette Horner. Et la publicité Rodania est plutôt énervante. Cela fera certes des brols en moins pour les gamins, mais surtout sur les accotements. 

Allez. Avouez… Pour tous ceux qui regardent le Tour de Chose pour les paysages… Ce serait plaisant de voir des coureurs pique-niquer. Ce serait didactique aussi. Comment réparer une crevaison ? Ou reforger une fourche ? Une prime au sportif débrouillard. Ce serait édifiant de voir les joueurs arriver à l’étape et trier leurs déchets.

Et puis pensez à nos talus, accotements, prés et champs, cela fera des crasses en moins à ramasser par les cantonniers, les scouts, le club des jeunes cyclistes, les amateurs de paysages, notre sympathique Jojo[1], les défenseurs de la nature, les machines agricoles, …

 
Denis MARION
 

PS. A ce train-là, diront les grincheux, on pourrait fiche des amendes aux formules un. Pourquoi pas ? Pour ce que cela sert. 

 
 

[1] J’ai évité l’affreux Jojo.


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