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La femme et l’homme

• Mercredi 13/03/2013 • Version imprimable

« Je crois plus que jamais au rôle éclairé, au rôle éclaireur que peuvent jouer les femmes, je crois à la clarté de leur force (et je l’espère demain déferlante, à la fois pacifique et irrésistible)… Je crois qu’aujourd’hui la raison et la vie, la raison politique, la vie de la raison et la raison de vivre sont mieux portées par les femmes, dans les maisons et dans les rues, à l’école, à l’université, sur les lieux de travail et dans toutes les institutions[i] » aurait écrit le philosophe Jacques DERRIDA

Il serait malvenu au collectif de contester le bien-fondé de cette pensée, ne serait-ce que pour ne pas briser la parfois difficile « consensualité » de nos débats. Et pourtant, faut-il donner à la moitié de l’humanité un brevet de vertu et d’intelligence parce qu’elle partage le même sexe, comme l’autre s’arrogerait la puissance et le pouvoir au motif qu’elle (ou ses membres) porterait une paire de couilles.

Le conservatisme n’est pas le fait unique des hommes. Les femmes en portent autant l’étendard et leurs prises de position sur le mariage pour tous en France en est un exemple. Mais on pourrait légitimement considérer le rôle des institutions, comme certaines églises, ou de la culture[ii] dans ces états de fait, qui pousseraient les dames à ne pas s’affranchir du culte conservateur. Ces mêmes institutions qui assignent à toutes choses et à toutes gens, un rôle précis et immuable.

Aussi, ce rôle réel d’éclaireuse ne peut être réduit au simple fait d’être femme. Ce n’est pas parce que je suis femme que mon discours sera libérateur, pacifiste, progressiste. Mais si en tant que femme, je maintiens un tel discours, sa force sera encore plus probante, légitime peut-être, maintenant, que s’il était prononcé par un homme[iii].

Ce qui est lassant, c’est cette glissade vers cette dichotomie, mais de cela Derrida ne le parle pas, qui fait de la relation entre homme et femme obligatoirement une relation antagonique, qui suppose l’opposition et la supériorité des uns ou des unes sur les autres. C’est ce rétrécissement de la pensée qui finit par nous faire dire « les femmes sont ceci et les hommes sont cela ». 

Ramener à deux couleurs la palette large des personnalités humaines est simplement figer un combat qui n’a pas de raison d’être. Il ne peut y avoir de supériorité, de prédominance. Tous sommes capables de mener cette avancée. Mais il faut pour cela que chacun se libère de ces stéréotypes.

Et puis, comme dit Hobbes, la manière de conduire une voiture de certaines femmes se rapproche de plus en plus de celle de certains hommes. Les chauffardes commencent à brûler l’asphalte. Et continue-t-il, provocateur, si demain les guerres devaient être menées par les femmes, seraient-elles pour autant moins cruelles ?

 

Le collectif «  ».