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L’argent a-t-il une odeur ?

• Mercredi 10/11/2010 • Version imprimable

En faut-il des œillères pour ne pas voir la manipulation ? Ben, non… Si ce n’est à voir le mal partout et réfléchir à chaque acte.

Ils sont là tous les jours à nous dire qu’ils pensent à l’environnement. Une grosse berline qui ne fait que 145 gramme de C0² au km, mais c’est beau, c’est écologique et hop, je saute dedans. Des couches recyclables, pour lesquelles il existe même un réseau de recyclage, si ce n’est pas moi qui saute dedans (encore trop tôt), c’est la gamine du voisin.

Une entreprise se doit d’être durable sans que l’on précise exactement la définition, se doit être verte sans que l’on se demande à quel niveau. Le consommateur suit, puisqu’il obtient un brevet d’écologiste sans rien changer à ses habitudes, si ce n’est de devoir changer de fournisseurs.

Et toutes ces fausses impressions de participer à la protection de la planète, ces événements qui brouillent les cartes, comme à Paris, lors de la journée mondiale de la biodiversité

« Nature Capitale, « œuvre végétale vivante », se déroule [..] sur les Champs-Elysées. La cohésion sociale et les opinions communes se forgent notamment grâce à des symboles forts. Aussi, produire une jolie mise scène à l'occasion de la journée mondiale de la biodiversité sur l'avenue la plus magistrale du pays (située dans la ligne droite entre le siège du CAC 40 de la Défense, le siège du pouvoir, l'Elysée, et le siège de la culture classique qu'est le musée du Louvre) est une idée qui peut se défendre -bien qu'un peu datée.[…] Mais, lorsque je lis la liste des sponsors de cet événement, je ne peux que faire le constat que Nature Capitale est une véritable foire au greenwashing ! Le site Internet dédié se fait le porte-voix d'acteurs qui défendent une vision de la société qui n'a rien d'écologique.[1] »

Ou ces transferts des émissions polluantes que l’on ne veut plus chez nous, ni d’ailleurs de moins en moins dans certains pays asiatiques, comme la Thailande qui exporte cela en Birmanie, moins regardante[2]. Il fait propre chez nous, mais si sale ailleurs… 

D’autant plus que certaines associations environnementales jouent ce jeu ou les chevaux de Troie. Ainsi, en septembre dernier, Procter et Gamble annonce les objectifs 2020 qui l'aideront à réaliser sa nouvelle vision et présente un partenariat avec le WWF.

« Procter & Gamble est une société qui a le pouvoir de faire évoluer les tendances du marché et nous sommes heureux d'avoir collaboré à l'élaboration de leur vision de développement durable, " a déclaré Carter Roberts, président-directeur général du World Wildlife Fund U.S. " C'est pour cette raison que nous annonçons un partenariat international entre le World Wildlife Fund (WWF) et P&G. Dans le cadre de ce partenariat, le WWF et P&G poursuivront leur coopération visant à résoudre les problèmes de production et de consommation tout en respectant le développement durable.[3] »

Alors, la brave mère de famille qui achète des P…. recyclables et (presque) labellisées WWF n’a plus aucune raison d’utiliser des couches lavables. Qu’importe le pognon qu’on lui soutire ou que la filière de recyclage n’existe pas dans son coin. D’autant plus que si elle adhère à l’un ou l’autre club de la marque, elle permettra à l’UNICEF de vacciner des enfants[4]. Ca, c’est de l’environnement positif, facile et caritatif.

IKEA, un modèle qui n’est pas démonté par tout le monde, ou TOTAL, suppôt d’une dictature évoquée plus haut, voire Electrabel, qui n’a pas que de vertes facettes, autant de partenariats qui ne font pas peur à toutes les associations environnementales.

Je ne jette pas la pierre, chacun cherche la meilleure manière de financer ses campagnes, mais n’est-ce finalement pas une compromission pour rien ? Ceux que nous aurions sensibilisés sur un sujet le seraient  peut être sur un autre, aussi important, aussi environnemental soit-il, comme la brave mère de famille.

Au-delà de la sensibilité de chacun, de son radicalisme, il serait bon d’évaluer ces politiques de recherches de fonds et d’en mesurer les éventuels effets pervers.

 
Denis MARION
Entrepreneur sans but lucratif.
 

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