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Dette environnementale

• Lundi 29/10/2012 • Version imprimable

La crise a diminué radicalement l'intérêt pour le changement climatique, mais pas ce changement lui-même. Voici les derniers chiffres de l'AIE: Emissions globales de CO2 2010: + 4.6% un record sans précédent, si je ne me trompe). Pays soumis au protocole de Kyoto[1]: +3.3%. Autres pays: +5.6%. Deux tiers des émissions proviennent de 10 pays dont la Chine (23.8%) et les USA (17.7%). Ensemble, les parts de la production électrique, de la production de chaleur et des transports = 2/3 des émissions globales. On est en route vers la catastrophe[2].
 

Daniel Tanuro adresse un message aux syndicalistes: « Ne misez pas sur la relance de l'accumulation (c'est le problème, pas la solution) mais sur la lutte anticapitaliste pour le partage - des richesses, du temps de travail, des ressources qui sont nos biens communs ».

Que nous soyons ou non d’accord avec ses solutions, nous ne pouvons aucunement faire l’impasse sur ses constats. Pourtant, la crise économique oblitère totalement notre vision de la crise climatique ou plus largement de la crise environnementale.

Les vues à court terme sur l’emploi, le pouvoir d’achat ou la croissance empêchent réellement une réflexion à long terme sur la crise environnementale. Pour ceux qui doutent encore du changement climatique[3], faut-il encore s’efforcer à les convaincre. Parce qu’un gars qui croit que le réchauffement a été inventé pour mieux le taxer ou pour faire un nœud à sa bistouquette, il est au mieux très con. Tout au plus, répondre à leur déni par des faits scientifiques, mais ce n’est sûr qu’ils les comprennent. Par contre pour tous les autres, ceux qui ont intégré l’existence de ces changements, qu’ils soient anthropiques ou non d’ailleurs, peuvent concevoir que remettre à plus tard toute décision est stupide, voire criminel. Mais en ont-ils envie à voir tous les prétextes avancés ?

Croire par exemple que la crise économique ralentit le processus semble assez naïf si l’on suit les conclusions d’une étude récemment publiée

Les émissions de gaz à effet de serre augmentent quand les économies se développent mais ne baissent pas aussi vite en temps de récession. C'est la conclusion d'une étude américaine publiée lundi 7 octobre dans la revue Nature Climate Change, qui prend le contre-pied de nombreux gouvernements pour lesquels la récession a au moins cet avantage de réduire fortement les émissions de dioxyde de carbone (CO2). Elle suggère au contraire une persistance durable des modes de vie très polluants adoptés en période de forte croissance[4].

Il est donc impératif de modifier ces modes de vie. Mais le goût du lucre et de la puissance nous conduiront sans doute à la catastrophe. La course aux forages de gaz de schiste en est un bel exemple. La « nouvelle terre promise », la révolution énergétique qui, si elle changera peut-être les équilibres géopolitiques, alourdira certainement la facture climatique. Lisez « L’avenir radieux d’une superpuissance pétrolière: Les Etats-Unis sont à la veille d’un nouveau boom énergétique »[5]. La vision optimiste et très peu écologique de l’expert en géopolitique Walter Russell Mead.

Pourtant le changement climatique a(ura) ses conséquences.  Par exemple, pour la sécurité des centrales nucléaires[6]. Et combiné à d’autres éléments, comme la perte de biodiversité[7], il finira par nous rendre la vie impossible.

Alors, tentons de changer de cap.

Le collectif «  ».



[1] Précision de Daniel Tanuro: les 3,3% concernent les pays de l'Annexe I (OCDE, Mexique et ex-bloc de l'Est), ce qui n'est pas la même chose que les pays soumis à Kyoto (les USA, entre autres, n'ayant pas ratifié le protocole)

[2] Daniel Tanuro (Ingénieur agronome, environnementaliste écosocialiste et fondateur de l’ONG Climat et Justice sociale. Auteur de «L’impossible capitalisme vert», Les empêcheurs de penser en rond / La découverte, 2010

[3] La population belge ne semble pas remettre en question ces changements climatiques.

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