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Des feux d’artifice qui portent bien leur nom.

• Mardi 19/08/2008 • Version imprimable

Nous avons été trompés. La cérémonie d’ouverture des jeux olympiques, on nous l’a trafiquée. Ce n’était pas tout du vrai.  La petite fille qui chantait le faisait en play-back, pendant que celle qui donnait de la voix était planquée en coulisse, pour denture déficiente. Les feux d’artifice eux-mêmes n’auraient que des inclusions digitales dans la version télévisée.

Pourquoi n’ont-ils pas fait la même chose avec la flamme olympique ? Cela nous aurait évité de voir débarquer des milices de sécurité pour accompagner olympiquement  le cortège. Ils auraient pu aussi créer un stade virtuel pour des compétitions bidons. Quelques plays-stations (ou autres bazars du même style) mises en réseau et cela aurait suffi. Quelle économie en CO et en béton.
Et peut-être que le dopage se serait limité aux sodas et à la pizza froide.
De toute façon, cette virtualité est entrée dans les mœurs. On vit une seconde vie entre les bits. Des châteaux de rien qui n’ont pas le charme de ceux d’Espagne. Des rencontres de l’inexistant pour remplir le vide d’une vie. On vend, on achète aussi, une économie parallèle, une économie aussi importante que l’économie réelle semblait dire Jacques Attali dans une émission télévisée, mais je n’ai peut-être pas bien compris. A cinq heures du matin, devant une tasse de café…
Certains diront que cette économie n’est pas polluante, puisque virtuelle. Mais ce n’est pas le cas, puisque qu’elle repose sur un vecteur physique qu’est le réseau internet, dont nous commençons à comprendre le coût environnemental.

Ai-je à ce point une vision passéiste des avancées de ce monde ? Je préfère la « confrontation physique» des corps, des odeurs et des idées qu’un monde où nous changeons d’aspect pour ne pas vivre ce que nous sommes. Nous développons des réseaux de socialisation sur le Net, mais nous sommes incapables de dire ne serait-ce que non à notre voisin. En d’autres termes, si cela rapproche les gens lointains, cela éloigne des gens proches.

Ce ne sont en tous les cas, à mon sens, ces méthodes qui redonneront le goût du vivre ensemble. Si certaines d’entre elles favorisent la communication et permettent à (presque) tout le monde de s’introduire dans le débat, je ne suis pas enclin à considérer que le fait que mon voisin se fasse passer pour une grosse blonde sur Second Life soit une avancée significative pour la « resocialisation ».

J’aurais plutôt tendance à porter mon intérêt sur la société matriarcale des Mosos, une ethnie établie en Chine. La femme y joue un rôle de premier plan. Les mères sont les piliers de la société, une société matrilinéaire, au sens où seule l’ascendance féminine est prise en compte et où la transmission du nom comme des biens est exclusivement féminine. La famille se regroupe autour d’une ou de plusieurs générations de femmes ayant le même ancêtre féminin. Le père n’a aucun droit ni pouvoir sur ses enfants; ne faisant pas partie de la parenté, il est et reste à jamais un étranger, même s’ils peuvent nourrir une affection pour leur progéniture. Ce sont les oncles maternels qui endossent le rôle paternel. Les Mosos n’auraient été à l’origine d’aucune guerre au fil de leur histoire. L’égo masculin n’y est pas destructeur.

Alors, des images de la Chine, je retiendrais plus celles de ce peuple que de jeux faisandés. Et je privilégierais le visage d’une femme et d’un homme Mosos dans un documentaire à la vision éléphantesque de mon voisin.

Denis MARION

http://fr.wikipedia.org/wiki/Second_Life
http://www.tv5.org/TV5Site/programmes/universal/pop_programme.php?id=173310
http://hommefemme.joueb.com/news/les-mosuo-une-societe-matriarcale-vivante
http://endehors.org/news/le-royaume-matriarcal-du-lac-lugu-une-communaute-modele
http://www2.cfwb.be/av/KIOSK/HTM/FILMS/Funmonde.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Moso
 

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