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Ce n’est pas la multiplication des partis qui rendra cette planète vivable

• Mardi 01/06/2010 • Version imprimable

La biodiversité n’est pas en danger… certainement en Belgique… en tous les cas en politique. Des partis politiques, il y en a de « toutes les cougnes ». Je ne dis pas que c’est un mal, l’idée d’un parti unique n’étant pas faite pour me plaire. Cette diversité est importante pour l’existence d’un débat démocratique quand bien même celui-ci serait confisqué de facto par les partis traditionnels. Mais ce qui est considéré par la plupart comme indispensable à notre vie sociale semble beaucoup moins intéressant quand il s’agit de la nature.

Quand Zébulon 1er, empereur d’Outre Quiévrain assène un « L’environnement, ça commence à bien faire », on rentre, permettez-moi, dans le domaine de la « connerie ». Ce serait déjà gênant de la part d’un quidam, mais venant d’un dirigeant politique, cela frise le crime. Cette phrase sortie pour complaire aux grands syndicats agricoles français est l’expression même de l’ignorance et du mépris que nous pouvons avoir pour les matières environnementales, et singulièrement pour la protection de la nature.

Comme en politique, dans la nature, si un seul détient le pouvoir, la catastrophe est toujours au bout du chemin. Pourtant, ce risque ne nous préoccupe pas. L’idée d’un réel danger ne nous effleure pas. Pire, qu’importe une nature en bonne santé si nos concitoyens ne peuvent asseoir leur prospérité. Ce mot revient si souvent dans la bouche de nos politiques. Encore, dernièrement, j’entendais un politique néerlandophone s’ériger en défenseur de la prospérité des Flamands : pognon, pognon. Vue si courte de ces enfants qui dévorent la boite de chocolat et qui s’étonnent quand elle est vide. Et quand dans leurs discours, nos dirigeants parlent de rigueur, et en règle général,  pas pour les plus riches, j’aimerais que cette rigueur s’applique à autre chose qu’au budget des états. Si nos dettes financières font le plaisir des spéculateurs, nos dettes environnementales seront la mort de nos sociétés.

Parce que les « prospérités » en matière de biodiversité ne sont pas nombreuses, il est temps d’agir. Certes des associations, des hommes, des femmes, des communes[1], s’investissent dans ce combat. Magnifique, mais peut-être désespéré, si globalement nous n’évoluons pas plus vite dans nos réflexions et nos actes. Le danger est pourtant là. Au rythme des extinctions des espèces et de leur influence sur l’équilibre, certains prétendent que la « disparition de la vie » est programmée à un horizon de deux siècles. Elucubrations, exagération ? Peut-être ? Il n’empêche que cette perte de biodiversité inquiète de nombreux scientifiques et de nombreux organismes…
 
Ainsi selon la FAO…

On estime qu’actuellement, 30 espèces seulement couvrent 95 pour cent des besoins énergétiques  humains et quatre d’entre elles (le riz, le blé, le maïs et la pomme de terre), plus de 60 pour cent. Au vu du rôle important que joue ce nombre relativement restreint d’espèces cultivables pour la sécurité alimentaire, il apparaît crucial de maintenir la diversité existante en leur sein. Si les espèces végétales qui couvrent l’essentiel des besoins énergétiques et en protéines sont assez peu nombreuses, elles sous-tendent souvent une grande diversité. Par exemple, on estime que l’espèce de riz Oryza sativa compte plus de 100 000 variétés différentes. Les communautés d’agriculteurs des Andes exploitent plus de 175 variétés de pommes de terre locales. Cette diversité d’espèces permet de cultiver dans différents sols, régions ou conditions météorologiques[2].

Cette richesse est clairement menacée.

Les océans sont aussi victimes de ces disparitions, de manière plus importante, mais malheureusement moins connue que celles des zones terrestres. Le scandale du thon rouge est là pour nous le rappeler. Les pêches dévastatrices[3] y sont pour beaucoup, mais de nombreuses autres activités humaines sont également responsables. La marée noire au large de la Louisiane devrait également nous servir d’épouvantail.

Pourtant, même ceux qui ne vivent que par les chiffres devraient s’inquiéter. Les services rendus par la biodiversité sont difficilement chiffrables[4], mais leur valeur est indéniable et leur fragilité avérée[5]. Le travail incessant des abeilles peut être difficilement remplacé par les petites mains d’une main d’œuvre sous payée.

Le 13 juin, vous voterez pour qui vous voudrez. Je ne suis pas certain que cela aura un impact positif pour la biodiversité. Mais n’attendons pas cette date pour modifier nos comportements. Et il y a un petit livre pour vous aider : « 366 gestes pour la biodiversité »
 
Denis MARION
Entrepreneur sans but lucratif.


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