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Ce cochon de consommateur (2)

• Jeudi 11/12/2014 • Version imprimable

« Arrêtons de croire que l’entrepreneur est la personne qui fait le bonheur économique à croissance exponentielle de notre société de rêve. Arrêtons de croire que c’est lui le créateur de richesses.  Non, c’est cet imbécile de cochon de payant, de consommateur abruti, prêt à lâcher ses picaillons pour n’importe quelle c…...  pour assouvir des besoins qu’il ne savait même pas avoir qui fait tourner la boutique. ».[i]
Trop provocant ?

Il est aisé de comprendre que le capital est la machine et que le consommateur-travailleur est finalement ce carburant qui la fait tourner. Cette machine n’est rien sans carburant. Elle se meurt. (Pour les aigris et les pisse-vinaigre qui viendraient critiquer cette position, nous voudrions rappeler qu’il s’agit d’une chronique, pas d’un traité d’alchimie économique. Précisons également que de dire que le capital est une machine ne rend pas nécessairement ce machin sympathique).

Bien entendu que notre discours est simpliste, mais il est une réponse simple aux positions sans nuance des grands (et de certains petits) patrons[ii], aux politiques et aux citoyens qui s’auto-flagellent, se sentant coupables de tous les maux du monde.

Ainsi, prenons encore une idée simple : la dégressivité du chômage va conduire (va forcer) ses bénéficiaires  à trouver un emploi. Mais s’il n’y a pas d’emploi[iii] ?

Certes, il y a sans aucun doute des personnes qui « profitent » de la non-dégressivité, mais, comme nous l’écrivions dans l’épisode « un » de cette chronique, cet argent n’ira généralement pas alimenter un bas de laine lointain. D’autant que laisser glisser de plus en plus de gens vers la pauvreté[iv] sera source de dépenses ou de conflits, mais c’est peut-être la société que nous désirons pour éteindre notre jalousie.

Les (grosses) entreprises sont-elles prêtes à prendre la porte, à filer à l’anglaise ? Sans doute que oui, elles le feraient pour un quart de centime, si elles n’avaient pas un quelconque intérêt à rester. Elles restent rarement par patriotisme ou par humanité. Faut-il céder à leur chantage ? Sans doute que non, parce que pour paraphraser ce cher Winston  « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre ». Parce que nombre d’entre elles se comportent en ogre, dévoreur de ressources naturelles, humaines et pécuniaires.

Il faut donc changer de recettes « dogmatiques », d’angle de vue, tant du point de vue du citoyen-consommateur que du citoyen-politique, pour faire comprendre au citoyen-entrepreneur quelles sont les règles du jeu, au risque sinon et alors inéluctable d’une société fracassée, déséquilibrée, anéantie. Si, si, il y a certainement moyen[v] !

Le collectif «  ».

PS. Ces quelques photos pour réfléchir

 


[ii] Cette réflexion de Jérémie Tojerow, dans son article Honte aux salauds de travailleurs en grève, et gloire aux puissants! qui considère que « la situation de certaines PME et indépendants est plus hybride et complexe à classer. Souvent leur apport consiste en leur propre force de travail, les capitaux émanant de tiers (banques etc.). Ils sont aussi souvent dans un rapport de sujétion avec ces tiers et des donneurs d’ordre (sous-traitants etc.) » est intéressante et relativise ce bloc monolithique patronale.

[iv] 15,1 % le nombre de personnes vivant en Belgique sous le seuil de pauvreté. (Ongelijkheid Armoede, Sociale Uitsluiting en de Stad)

[v] Par exemple ceci ? http://www.courrierinternational.com/article/2014/08/05/jon-gnarr-quatre-ans-d-anarchie-quel-bonheur