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2012, optimisme ou pessimisme

• Jeudi 05/01/2012 • Version imprimable

Un florilège de citations.
“L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles.” de Georges Bernanos
“La seule différence entre un optimiste et un pessimiste, c'est que le premier est un imbécile heureux et que le second est un imbécile triste.” de Georges Bernanos
 

La RTBF commence l'année avec Mickey 3D et leur chanson Respire et la présentation de la présidence danoise.

Pour les Danois enfin, pas question de se concentrer uniquement sur la crise financière. Il ne faut pas, disent-ils, négliger les préoccupations environnementales. Les Danois comptent orienter les politiques vers le développement durable dans la perspective de la conférence des Nations Unies en juin. Un pari difficile tant les Européens sont focalisés sur la crise.

La crise financière prend effectivement et indûment le pas sur les crises environnementales. La rigueur pour les finances et la vie à crédit pour le climat semble une décision facile à prendre pour nos dirigeants. D’autant plus que leurs concitoyens ne comprendraient pas qu’on mettre en péril l’économie pour d’hypothétiques bouleversements. Pourtant, si une dette pécuniaire s’annule, une dette environnementale se paye cash.

 "Une personne optimiste ne refuse pas de voir le côté négatif des choses ; elle refuse de s'attarder dessus.” d'Alexander Lockhart
 “L’optimisme c’est aussi de dire qu’il y a de la tristesse dans la vie, du malheur. Dire que tout va bien, que tout va bien se passer, ce n’est pas de l’optimisme, c’est de la bêtise.” de Cédric Klapisch
Les hommes politiques continuent donc de parler de pouvoir d’achat. Acheter, consommer, consommer, acheter… Boulot, Conso, Dodo ! Et vive la concurrence. L’occasion de vous citer quelques extraits de cet excellent article ”Comment ils ont tué la poste ?” paru dans le Courrier International[1]Le marché postal a été libéralisé au nom du consommateur, nom que l’on donne aux anciens citoyens d’Europe[2]. Avec la privatisation, tout va mieux. Le consommateur sera heureux quand bien même lui-même ou son frère seront au bout du compte chômeurs.
Dans mon coin, le postier fait maintenant son tri à 20 km et prend sa petite voiture pour faire sa tournée. Il en profite pour rencontrer les camionnettes de firmes privées qui font aussi leur petit tour. Est-ce donc un progrès pour la société ? Le contact en tous les cas s’évanouit.

Je prends la sacoche de Mme Goldfinch et nous nous retrouvons dans Farrington Road sous un soleil printanier. On se croirait dans un film publicitaire vantant les joies du métier de préposée. Les bourgeons éclosent, l’air est doux et de vieilles dames saluent Mme Goldfinch en l’appelant par son nom, comme si elles avaient hâte de la voir, comme si elles se sentaient seules et qu’elles risquaient de ne rencontrer personne d’autre de la journée. Nous sonnons à la porte d’un appartement pour faire signer un papier, l’occupant tarde à ouvrir. Il est tout pâlot, mais semble content de voir la postière.

— Désolé de vous avoir fait attendre, je me remets de problèmes intestinaux. Et vous, ça va ?

— Ça va, merci.
— Allez, au plaisir.”

Peut-être cet homme vit-il seul ; un tiers des foyers britanniques ne comptent qu’une seule personne. Tant que la poste existe, au moins un être humain vient frapper à votre porte pour vous donner quelque chose[3].

“L'optimiste est celui qui sait à quel point le monde peut être triste. Le pessimiste, celui qui le découvre tous les jours.” de Peter Ustinov
“Les plus pessimistes d’aujourd’hui ont été les plus optimistes d’autrefois. Ils poursuivaient de vaines illusions. L’échec les a découragés.” de Hu Shi

La poste s’en va et l’Internet se gonfle. Le second serait le fossoyeur de la première, des relations humaines, de la société réelle. Et pourtant, c’est aussi un instrument de révolution.

Il ne fait partie ni de ceux qui croient que nous prenons inexorablement le chemin d’une société policière, ni de ceux qui affirment que la généralisation de la fibre optique s’accompagnera nécessairement d’une diffusion de la démocratie dans le monde. C’est précisément pour cette raison qu’il croit le cybermilitantisme nécessaire : pour aiguiller le cours des événements dans la bonne direction[4].

 “Les optimistes et les pessimistes ont un grand défaut qui leur est commun : ils ont peur de la vérité.” de Tristan Bernard
“Dans la société actuelle, l'optimisme ne saurait être qu'un mensonge à bon marché.” de Jean-Claude Clari
Et il est vrai qu’Internet a permis des combats qui sans être d’une aussi grande actualité et d’une aussi grande acuité que la révolution tunisienne ou égyptienne sont primordiaux pour leurs acteurs. L’Internet comme source de mémoire a aussi son importance. Ce que vous aviez dit il y a cinq ans sur un forum est parfois gênant, mais les rodomontades ou les mensonges d’un élu ou d’un dirigeant sont également disponibles.

Sauver l’Internet libre est une besogne lourde et chronophage. Quelqu’un doit bien nourrir le feu de Prométhée. Mais celui qui se dévoue contribue aussi à façonner l’avenir, ce qui peut expliquer qu’une personne comme Kullenberg – qui ne possède lui-même ni Smartphone ni compte Facebook – passe le plus clair du temps à se battre pour que des gens qu’il n’a jamais rencontrés aient la possibilité d’exprimer leurs opinions sur les réseaux sociaux. Voilà qui lui promet sans doute de nouvelles nuits blanches[5].

“Dans les situations désespérées, la seule sagesse est l’optimisme aveugle.” de Jean Dutourd
“Aujourd'hui, l'optimisme est une nécessité pour préserver sa santé mentale.” de Ben Harper
 En rejetant par référendum le sauvetage de leurs banques et le remboursement de la dette extérieure du pays, les Islandais ont montré qu’il est possible d’échapper aux lois du capitalisme et de prendre son destin en main, se réjouit un historien espagnol, Miguel Sanz Loroño[6].
Ce sont ces élites, secondées par des théologiens et des économistes, qui définissent ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Dans le même mouvement, elles indiquent ce qui est réaliste, suivant leur définition de la réalité, et ce qui ne l’est pas – ce qui donc constitue une aberration de la pensée et ne mérite pas qu’on s’y attarde. Autrement dit, ce qu’il faut faire et penser, et ce qu’il ne faut pas faire et ne pas penser. Cette définition est toujours en accord avec ce qui constitue le fondement même du pouvoir et de sa violence : le terrible concept de nécessité. Il faut faire des sacrifices, nous dit-on d’un air accablé. L’ajustement ou la catastrophe inimaginable relèvent de la nécessité. Une chose est sûre, la logique du capitalisme tardif a quelque chose de perversement hégélien : tout ce qui est réel est nécessairement rationnel, et vice-versa[7].
 
Choisissez votre voix, votre voie.
 

Moi, je continue en 2012 comme les années précédentes…

 
Denis Marion
Entrepreneur sans but lucratif.


[2] Comment ils ont tué la poste Hebdo n° 1103-1104 Courrier International James Meek (jamesmeek.net)

[3] Comment ils ont tué la poste Hebdo n° 1103-1104 Courrier International James Meek (jamesmeek.net)

[4] Christopher Kullenberg, thésard le jour, cybermilitant la nuit Hebdo n° 1103-1104 Courrier International Claes Lönegår

[5] Christopher Kullenberg, thésard le jour, cybermilitant la nuit Hebdo n° 1103-1104 Courrier International Claes Lönegår