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Respire, disait la souris

• Mercredi 30/11/2011 • Version imprimable



Il y a deux ou trois jours, j’ai eu une brette avec un voisin quand je lui proposais de participer à une réunion sur la mobilité et la sécurité. Il n’avait pas le temps d’y consacrer deux petites heures en utilisant le sempiternel argument : « Tu as le temps, toi. Tu n’as pas d’enfant[1] ». Effectivement, j’aurais même le temps d’aller aux funérailles de ses gamins, renversés par l’un ou l’autre chauffard dont il se plaint.

Choquant ?

Si la désaffectation des citoyens pour la chose publique ou le bien commun est manifeste, elle est d’autant plus préoccupante de la part de ceux qui ont choisi d’être parents. Laissez l’initiative à ceux qui célibataire, en couple, n’ont pas de progéniture, ceux auxquels l’on prête un égoïsme latent par l’absence ou leur refus de descendance n’est peut-être pas la meilleure idée. Pourquoi aurais-je envie de limiter mes plaisirs pour les mioches d’un autre.

Mais tu ne comprends pas. Nous n’avons simplement pas le temps. Nos enfants nous bouffent du temps. Il faut aller ici, là, les conduire. Il faut les occuper. Ce qui explique peut-être que seuls 30% de nos déplacements sont entre le domicile et le lieu de travail. Nous avons tellement de choses à faire. Et puis, il y a le travail. Il faut bien bosser pour les gâter. Il faut que nous pensions à leur avenir.

Justement, leur avenir.

Il est bien normal que nous désirions pour ceux qui nous suivent une meilleure situation. Nous voudrions qu’ils aient le c.. dans le beurre. Mais le c.. dans le beurre, cela soigne le froyon, pas les problèmes respiratoires liés aux polluants. Et avec le réchauffement, il y a de fortes chances que le beurre se liquéfie. Bien entendu, nous pouvons espérer que nos (petits-)enfants montent dans la dernière arche, mais au train où vont les choses, même l’oligarchie mondiale n’aura peut-être pas de place.

Pensons moins en biens et plus en liens. Mais pensons surtout à nous bouger.  Parce que si nous pouvons nous réfugier derrière l’inaction des autres, voire leur stupidité, leur vénalité, il n’en reste pas moins que le reflet dans la glace le matin est bien le nôtre.  

D'ici quelques années, on aura bouffé la feuille et tes petits enfants, ils n'auront plus qu'un œil en pleins milieu du front. Ils te demanderont pourquoi toi t'en as deux. Tu passeras pour un con. Ils te diront comment t'as pu laisser faire ça. T'auras beau te défendre, leurs expliquer tout bas, c'est pas ma faute à moi, c'est la faute aux anciens mais y aura plus personne pour te laver les mains. Tu leur raconteras l'époque où tu pouvais manger des fruits dans l'herbe, t’allonger dans les prés. Y avait des animaux partout dans la forêt. Au début du printemps, les oiseaux revenaient[2].

Bougeons donc. Et cela passe par la participation à des moments de réflexion, à des actions de terrain. Mais aussi par une refonte de nos besoins, de leurs besoins. De notre manière d’éduquer. Et pour cela, il ne faut pas compter uniquement sur l’école, mais aussi sur nous, citoyens et surtout ceux qui sont aussi parents.

 

Cela suppose du changement…

 

Ha, j’oubliais… pour conclure, ne venez pas m’em… avec l’argument que vos enfants payeront ma pension. Mes impôts payent vos allocations. C’est un débat stérile. Nous sommes dans la même chaloupe et tout le monde doit ramer.

 

Denis MARION

Entrepreneur sans but lucratif.



[1] Que tous ceux qui m’ont sorti cet argument ces derniers mois ne se sentent pas visés… enfin pas tous… Certains d’entre vous avaient des arguments recevables. Ou alors, peut-être sont-ce les liens d’amitié….

[2] Extrait de Respire, par Mickey 3D

 

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