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Magouille, contrôle et éthique

• Jeudi 27/10/2011 • Version imprimable

Teun Voeten, dans un article, "Bruxelles, un nouveau cours pour le navire à la dérive"[1] dans lequel il renvoit dos à dos, Belges de souches, migrants et autorités, cite Johan Anthierens décrivant les Belges comme un peuple qui trouve tout formidable du moment qu'il peut se goinfrer de tomates crevettes dans sa fermette. Et Teun Voeten de citer à la suite  Kennedy: Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays pour  préciser que dans la culture belge de la fraude et de la magouille, c'est exactement le contraire. 

Tomates, crevettes, fermette entourée de haies ou de palissades. Maître chez soi ou devant chez soi. Exemplaire parfois, mais souvent barbare, ailleurs. Cela a le don d'énerver certains pour qui le respect des gens, des choses et des lois ne se fait pas à la carte, mais est un principe à respecter le plus strictement. 

Dernièrement, dans une réunion citoyenne, un ami s'indignait du laxisme à contrôler et à faire respecter les règles de conduite sur la route. Un 30, un 50 ou un 70 sont des indications claires et faciles à respecter selon lui. Mais si le contrôle est absent, aussi faciles sont-elles à respecter, aussi rapidement sont-elles oubliées. Il parlait de cette hypocrisie des autorités et des citoyens.

[Ce ras-le-bol des chauffards est palpable au point que « Trente Ramillois excédés par les chauffards et leurs excès de vitesse ont parcouru hier après-midi à très base allure les rues du village.[2] ».]

Hypocrisie des autorités qui mettent en place une réglementation dont l'application, faute de moyen ou de volonté, n'est pas contrôlée. Et si d'aventure l'est-elle, cela se fait avec une solide tolérance. D'un 50, on fait un 56 pour des raisons techniques, et puis on tolère avant de verbaliser, 76 km/h à Bruxelles par exemple[3]

Hypocrisie des parents qui réclament des abords d’écoles plus sûrs, mais qui roulent à fonds ailleurs. Hypocrisie des habitants qui réclament plus de convivialité et de sécurité, mais que cela ne les entrave pas. Hypocrisie des citoyens pour qui les délits routiers n’en sont guère.0  « Ils n'ont rien d'autre à faire pour faire chier le monde ? C’est plus facile que de courir après les délinquants » en parlant de contrôles radars.

[J’ai repris en bas de cette chronique, un florilège de commentaires à cet article  Schaerbeek: 200 PV distribués pour excès de vitesse en... 1h30. S’ils ne sont pas scientifiquement représentatifs, ils témoignent de l’opinion d’une frange de la population.]

Il s’agirait, par le contrôle, d’en revenir à l’éthique. Est-ce la bonne manière ?  Néanmoins, notre société belge a certainement besoin d’une certaine dose d’éthique. Pas d’un retour à un moralisme, coincé, passéiste, religieux, mais à une éthique fondée sur le respect et l’empathie. Les défis environnementaux et sociaux ne peuvent se relever que si une certaine éthique préside à nos existences. Il ne s’agit pas de femmes et d’hommes parfaits, mais de personnes respectueuses et compréhensives qui recherchent une sorte d’harmonie, d’hozo[4].

Denis MARION

Entrepreneur sans but lucratif.

PS. D’aucuns prétendent que comme le 50km/h n’est pas respecté, il est inutile de penser à un 30 km/h. Est-ce une excuse pour ne rien faire ? Je ne pense pas… Certains avancent que si une diminution générale des vitesses est favorisée, nous sommes sur la bonne voie. D’autres avancent qu’il suffit de quelques-uns pour donner la bonne allure à la circulation.

Allez voir www.zone30.be

Schaerbeek: 200 PV distribués pour excès de vitesse en... 1h30

(Le gras est de ma plume)

Il doit rester prioritaire d'ancrer dans le ciboulot de nos petits que la chaussée est prioritairement destinée à la circulation normale des autos, cyclos, carrosses en tous genres, et voitures sur roues. C'est avant tout eux qui doivent apprendre à être attentifs et à s'en méfier. Les aider à apprendre cette attention permanente est beaucoup plus correct que de les faire rêver d'un monde sans voiture.

C'est un manque de bon sens de demander à des automobilistes de rouler à 30 à l'heure. Une voiture n'est pas faite pour cela. Le traditionnel 40 à l'heure, en pareils lieux était plus correct, de même d'ailleurs que le 60 (plutôt que le 50 actuel) en agglomération. La Belgique a toujours été champion pour tenter d'imposer le déraisonnable. Pourquoi s'étonner alors que tout le mon de triche allégrement et sans scrupule

Et une fois de plus, la rédaction a prouvé qu'elle est ''aux ordres'' en sucrant un de mes commentaires sévères pour l'administration. J'y parlais de mesures vraiment efficaces: barrières, patrouilles scolaires, marquage au sol, casse vitesse, responsabilisation des soi-disant usagers faibles, modification des sortie des écoles, éducation des parents. ''On '' ne veut pas prendre des mesures - car les techniques existent - et on préfère attraper les automobilistes qui ne respectent pas des pancartes généralement invisibles. Mais, bon sang de bois ! Quand comprendra-t-on que quand on habite à côté d'un torrent impétueux, on bâti un pont ? En circulation, c'est la même chose ! Qui va aller à l'enterrement d'un gosse renversé ? Un flic verbalisateur ou un élu qui ne s'est même pas donné la peine de réfléchir aux vraies solutions ?

Ceux qui réagissent avec véhémence ont bien entendu quelque chose à se reprocher. Ces PV sont révélateurs d'un comportement égoïste et inconscient de pas mal de conducteurs. La sanction est le moyen nécessaire à rappeler le respect de la norme et des autres. Car une fois un piéton/un enfant sous le capot, il est trop tard!!!

Tant qu'à faire, je préfère qu'on fasse rentrer l'argent de cette manière dans les caisses de l'Etat, au moins, ceux qui ne commettent pas d'infractions ne se voient pas ponctionner leur salaire par des impôts exagérément élevés! Tandis que lorsqu'on commet une infraction, on sait ce qui nous pend au nez, donc, on assume... Et puis, rouler à 60 dans une zone 30, près d'une école, en pleine heure d'arrivée des enfants, c'est meurtrier!



[1] Brussel, een nieuwe koers voor het stuurloze schip

De Belgen. Johan Anthierens beschreef de Belgen ooit als een volk dat "zolang ze zich maar een vette bek kunnen eten aan de tomaat crevette op hun fermette, het allang prima vinden". In België wordt de overheid als een vijandelijke entiteit gezien, waarbij gecalculeerd wordt hoe men er het minst last van heeft en er het meest van kan profiteren.

"Ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country", zei John F. Kennedy. In de Belgische cultuur van sjoemelen en foefelen is het precies andersom. Iedereen heeft boter op zijn hoofd. Van de creatievelingen die middels het felbegeerde 'artiestenstatuut' veredelde steuntrekkers zijn, tot en met de belastingontduiker op zijn kaveltje omringd door glimmende tuinkabouters

http://www.demorgen.be/dm/nl/2461/De-Gedachte/article/detail/1280342/2011/06/18/Brussel-een-nieuwe-koers-voor-het-stuurloze-schip.dhtml

 [2] http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20111008_00056165&postcode=1367

[4] l'Hozo, association idéale de l'harmonie, de l'équilibre et de la beauté.


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    • Trop de Bruit en Brabant wallon, l'Observatoire indépendant de l'environnement en Brabant wallon. (TBBW ASBL), actif particulièrement sur le territoire de la province du Brabant wallon, a changé de nom en 2013 pour s’appeler EPURES, Ensemble Pour Une Réflexion Environnementale Solidaire et ainsi mieux rendre compte de ses activités. En effet, créé en 2004, ce groupement de citoyens et son comité a mis dans un premier temps l'accent sur les nuisances aériennes provoquées par Bruxelles-National mais s'est, depuis, ouvert à d'autres problématiques environnementales, liées ou non au territoire de la province.