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Chronique de campagne : vroum, vroum, tut, tut.

• Vendredi 14/09/2018 • Version imprimable

Dans la DH du 31 juillet dernier, un article rapportait la large tolérance dans le suivi des contrôles routiers. Dans certaines zones de police, il faut dépasser la limite de 17 km/h avant de récolter une prune. En agglomération, vous pourriez donc accélérer impunément jusqu’à 67 km/h. Par ailleurs, ces contrôles ne sont finalement pas aussi fréquents que le souhaiteraient bon nombre de riverains des voies à problème. Frustration et sentiment d’abandon de ces derniers car nous sommes nombreux à ne pas respecter ces minimas qui renforcent leur  sécurité et qui diminuent leur exposition à la pollution sonore et olfactive.

Les arguments pour justifier ce « laxisme » sont nombreux. Le manque de personnel des zones de police et l’engorgement des parquets en sont les deux principaux. Et ils sont diablement liés à des contraintes budgétaires. Contraintes budgétaires choisies et orientées par nos élus à différents niveaux en fonction de leurs convictions. Pourtant l’insécurité routière est une des premières préoccupations de nos concitoyens. C’est particulièrement vrai dans les communes rurales, où la voiture est privilégiée pour les déplacements, par confort et facilité, mais aussi bien souvent par crainte des autres automobilistes. Combien de parents préfèrent conduire leurs enfants à l’école, parce qu’atteindre à pied l’arrêt de bus ou rouler à vélo leur semblent trop dangereux ? L’insécurité reste un des premier s freins à l’utilisation du vélo et cette crainte d’enfourcher son vélo est plus forte en Wallonie qu’en Flandre d’après une étude de l’IBSR réalisée en 2016. Loin d’être injustifiée, cette crainte est objectivée par le risque réel encouru par kilomètre parcouru.

En cette période de campagne électorale, les problèmes de mobilité et d’impunité routière  reviennent davantage sur le devant de la scène. On en sent bien l’importance pour les électeurs. Beaucoup veulent changer le paradigme du « Tout à la voiture », promouvoir les transports en commun et les modes doux. Un sursaut collectif est pourtant nécessaire pour atteindre ce but.

De la part des pouvoirs publics, (élus ou administrations) on attendrait des signes tangibles d’un véritable souci de contrôle des injonctions routières : radars fonctionnels et judicieusement placés, renforcement des parquets pour les poursuites, cohérence dans la signalisation et protection renforcée pour les traversées cyclistes et piétonnes. Actions de prévention routière de sensibilisation à l’usage du vélo pourraient davantage être encouragées dans les écoles. Enfin, le maillage des pistes cyclables et des trottoirs devrait être complété. Il est temps de passer à la vitesse supérieure si l’on peut dire…

Ce sera un enjeu, tant pour les conseils communaux qui seront élus en octobre que pour les citoyens qui sont les premiers acteurs de la mobilité.

En attendant, c’est souvent encore « vroum, vroum, tut, tut ».

Le collectif «  »



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