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Chroniques d’été : le gros dégueulasse.

Une série de chroniques construites sur des propos recueillis ces derniers mois.
 
« Dites-moi les petits choux ! demandait mon vieil ami, à froid, sur la terrasse plutôt brûlante d’un café, Que feriez-vous si vous surpreniez un particulier déposer ses détritus en pleine campagne ?
-          Moi, je ne ferais rien. J’aurais trop peur de recevoir un mauvais coup, répondit le courageux de service.
-          Ce ne sont pas mes oignons. A la commune ou à la police de traiter ce genre de délinquance, continua son cousin.
-          Donc, si je vous comprends bien, cela ne vous gêne pas qu’un gros dégueulasse laisse ses crasses au milieu des chemins.
-          Si, si, mais que veux-tu faire ? Ce serait bien que la police soit plus souvent présente pour prévenir ou régler ces incivilités.
-          Parce que tu crois que la police va effectuer des patrouilles sur tous les chemins de campagne pour épingler les jeteurs de détritus ? Tu rêves !
-          En tout état de cause, s’indigne un gars près de ses sous, c’est nous qui payons. Quand il faut nettoyer, c’est avec nos impôts.
-          Bon, tu nous poses la question, mais qu’aurais-tu fait, toi, dans ce cas-là ? demande notre courageux de service.
-          Ben, oui, qu’aurais-tu fait ? enchaine son cousin.
-          Là, dernièrement, j’ai été confronté à cela et je n’ai rien fait.
-          Tu vois bien. Tu n’as rien fait. C’est beau de donner des leçons.
-          Je n’ai rien parce que j’étais à pied. J’étais même trop loin pour lire le numéro de sa bagnole. J’aurais été motorisé, je le bloquais et m’expliquais avec lui.
-          T’as pas les chocottes ?
-          Bah, avec un merlin dans mes mains, j’ai des arguments. Mais bon, ça pas été le cas. Et le soir, la tempête avait emporté tout dans les champs. Tu retrouveras toutes ces merdes dans les récoltes. Enfoiré de gros dégueulasse.
-          Maintenant, faut dire… Ce n’est pas pour prendre sa défense, mais quand même les déchets, c’est quand même une corvée, se plaint l’homme près de ses sous. Les sacs poubelles, ce n’est pas bon marché. Il faut aller au parc à conteneurs pour se débarrasser des tontes de pelouses ou de haies. Il y a des communes qui organisent des broyages à domicile.
-          Je ne vois pourquoi, s’indigne une petite voix, mes impôts payeraient pour vos choix de cultures. Vous n’avez qu’à composter.
-          Oui, mais c’est beaucoup trop.
-          Retournez votre pelouse pour en faire un potager. Faites-en une prairie fleurie. Liquidez vos affreuses haies de thuyas. Vous ne voulez pas que l’administration communale vienne faire votre ménage. C’est fou le nombre de gens comme vous qui s’installent à la campagne, veulent des jardins, puis qui se plaignent. D’ailleurs, je serais partisane d’une taxe sur les pelouses.
-          Mais il y a les personnes âgées et celles sans voiture.
-          Ha oui, les vieux. Ils vous intéressent parfois les vieux, quand il s’agit de justifier des mesures qui pourraient vous être profitables.
-          Je trouve que vous exagérez, s’indigne le courageux de service. Le citoyen fait ce qu’il peut. Il trie ses déchets, va au parc à conteneurs. Je trouve aussi que les autorités et les fabricants devraient faire un effort.
-          Et bien, je ne suis pas d’accord, tonne mon vieil ami. C’est vous qui choisissez ce que vous consommez et donc la masse de crasse que vous devez éliminer. Regardez vos poubelles. Elles sont peut-être triées, mais elles sont pleines, bien pleines. Des tonnes de bouteilles et de canettes, pour vos enfants obèses. Des trucs suremballés. Des barquettes de fruits. Des tonnes de trucs que vous pourriez ne pas acheter ou pas comme ça.
-          Mais avec toi, tout est simple. Et puis les enfants…
-          C’est vous qui les éduquez ou non, vos gosses, ou le marketing de Coca ?
-          Faites vos choix, reprend la petite voix. Vos poubelles sont des témoins de votre façon de vivre. Assumez-les. Allez voir au parc à containers au mois de septembre tous les jouets de plein air jetés, tous ces trucs en plastoc qui n’ont pas tenu deux semaines.
 
Moi, pendant ce temps-là, je comptais les papiers qui jonchaient le sol.
 
Propos recueilli par Denis MARION
Entrepreneur sans but lucratif.

Par chercheinfo • Mercredi 28/07/2010 • Version imprimable

Chroniques d’été : « Nous sommes en guerre »

Une série de chroniques construites sur des propos recueillis ces derniers mois.

« Nous sommes en guerre ! » Voilà ce qu’assenait dernièrement un vieil ami lors d’une réunion dégustative. Interloqués qu’ils étaient les convives, surpris la fourchette à la bouche ou le verre aux lèvres.
-          En guerre contre quoi ? a demandé un premier.
-          Encore contre une pollution quelconque ? » a poursuivi un second.
 
Il est exact que ce pote est de tous les combats, contre les OGM, contre les ondes, contre les centrales nucléaires, contre par principe presque… Cependant, il ne parlait pas de ce genre de guerre. Il parlait d’une « vraie » guerre, pour autant qu’il y en ait de fausses. Il en fût de drôles, c’est vrai. Une vraie guerre menée par la Belgique (et quelques autres) en Afghanistan.
Mais entonnait le chœur des convives, « Nous ne sommes pas en guerre.
-          Mais qu’est-ce d’autre quand on envoie des avions pour lâcher des bombinettes sur la tête des gens, répondit notre vieil ami (guère plus âgé que moi). Un tir aux pipes à la foire du Midi ? 
-          Mais c’est pour lutter contre le terrorisme, lâcha un gars qui depuis le début essayait d’avoir l’air intelligent. C’est une opération de police contre des terroristes.
-          Et puis, ces talibans ont des mœurs affreuses à l’égard des femmes » échotait sa voisine. 
 
Alors une petite voix se leva « Croyez-vous sincèrement que nous sommes là pour les mœurs affreuses de ces religions ? Avec nos ploucs, nous serions alors partout, et aussi chez nous, pour combattre ces habitudes d’un autre âge. Si c’est pour combattre le terrorisme, nous devrions courir le monde pour éradiquer ce mal… selon le point de vue où l’on se place. N’y aurait-il pas des motifs plus géostratégiques ou simplement économiques ? Ne vient-on pas de dire que l'Afghanistan serait assis sur un trésor de minerais ? Pourquoi y trouve-t-on tant d’investisseurs indiens et chinois? C’est bien une guerre, mais sans doute, sans beaucoup de bonne raisons. »
-          « Mais n’apportons-nous pas la démocratie ? » questionna alors un bien pensant.
-          « Démocratie, mon cul » répondit clairement et fortement le compagnon de la petite voix. 
 
Mon vieil ami reprit son discours interrompu « Si demain, des Afghans, que l’on estime si peu réfugiés et bien légitimement expulsables parce que l’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, si demain, donc, ils se mettaient à faire la guerre ici, que diriez-vous ? Que ce n’est pas de jeu ? Que le terrain des affrontements est là-bas, pas ici. Quelle c…. ! «   
-          C’est une idiotie, repris la petite voix, de croire que la violence s’éradique de cette manière. Il y a peu d’exemples où un pouvoir est venu à bout de ces insurrections, surtout un pouvoir corrompu. 
-          Alors, faut-il laisser tout faire ? N’a-t-on pas un devoir d’ingérence ?  s’indigna un fidèle de Kouchner.
-          Ingérence et intérêt commencent avec les mêmes lettres, répondit mon vieil ami. D’ailleurs, de quel droit pouvons-nous considérer ces Talibans comme plus dangereux pour la planète que les dirigeants de BP, de Monsanto ou nous-mêmes ? Les Tuvaluans, les Gilbertins ou les Inuits seraient sans doute en droit de nous demander des comptes sur nos comportements violents ? 
-          Je suis désolée. Je ne vois pas en quoi je suis violente, s’indigna une péronnelle.
-          Deux ou trois voyages en avions pour te faire rôtir les miches te rendent aussi coupable qu’un terroriste endurci… et tes poubelles seront un facteur aggravant ».
-          Mais je les trie.
-          La belle affaire, avant de trier, il t’a fallu piller ! »
 
« N’exagérez donc pas. Nous ne sommes pas des pilleurs, recommença un des premiers contradicteurs. Et pour revenir aux Talibans, leur mode de vie n’est guère sympathique.
-          J’en conviens, leurs mœurs sont par trop rétrogrades. Mais sont-elles à ce point si éloignées de certains fondamentalismes chrétiens. Ils ont plus de ressemblances avec Sarah Pallin que j’en ai avec elle. La différence réside plus dans leur mode de vie et là, c’est certainement Sarah Pallin qui est la plus dangereuse. »
 
Pendant ces échanges, je regardais dans mon verre de vin la couleur du sang perdu.
 
Propos recueilli par Denis MARION
Entrepreneur sans but lucratif.

Par chercheinfo • Mardi 20/07/2010 • Version imprimable

Les flatulences du sport.

La coupe du monde en Afrique du sud, c’est l’équivalent des émissions de CO² de 200.000 Belges pendant un an.[1] Avec cela, tout est dit.
 
Si je reviens en passant là-dessus, c’est parce qu’un lecteur m’a interpellé sur mon manque de respect pour le Sport et le foot en particulier[2]. Je n’ai rien en particulier contre le sport. C’est comme une religion. Tant qu’il n’exerce aucune influence sur les gens qui n’y adhèrent pas, il n’y a pas de souci. Mais le sport, comme la religion dans une certaine mesure, ne conserve pas cette neutralité. Il y a des gugusses qui souhaiteraient qu’en 2018, les états belges et hollandais consacrent de l’argent à une concentration de fans du ballon rond. No Way. Arrêtons ce cirque.
 
Je peux concevoir que le sport d’équipe soit une école de vie pour des jeunes, comme peuvent l’être des mouvements de jeunesse ou des groupements de découverte de la nature, de la citoyenneté. Pour le reste, le sport n’a pas plus beaucoup de vertus formatrices et ne sert plus à grand chose, si ce n’est à l’étude clinique des injections de substance, pour établir la meilleure manière de dépenser un pognon dingue ou d’être désagréable avec autrui. Et dans ses « grands messes », il serait plutôt néfaste à l’environnement, à la vie sociale et aux budgets des états.
 
Certes, diront certains esprits joyeux, tout cela est peut –être vrai, mais il faut tenir compte de l’impact positif pour le pays organisateur et pour le pays victorieux. J’ai déjà dit tous mes doutes dans une précédente chronique sur les retombées pour la population sud-africaine. Pour l’Espagne, beaucoup sont convaincus que cela fera revenir les investisseurs. (On pourrait douter de la saine gestion d’un entrepreneur pour qui une victoire sportive invaliderait les résultats d’une analyse économique.) Ainsi donc, une manifestation payée par des Africains, financée en partie par la dégradation du climat, profiterait à un seul pays, gagnant d’un gros lot. Je trouverais très sain d’attribuer les 2, 8 millions de CO² émis à l’Espagne. Repartir avec la coupe et les crasses qui vont avec donnerait à réfléchir.
 
Il est donc temps qu’en matière de sport, nous arrêtions de délirer… et que nous devenions cohérents.  La réduction des gaz à effets de serre passe aussi par la suppression des allers-retours des élus  en avion pour un match de foot. J’ai déjà parlé des cyclistes, mais il y a aussi les skieurs et les joueurs de golf[3] et tous les autres. Quand un j’entends un fondu du motocross se plaindre, à la fermeture d’un terrain privé, squatté par ses semblables, du manque d’intérêt des autorités pour leur sport, je dis « Basta, la coupe est pleine ». Mes impôts n’ont pas à financer cette prédation. En fait, la solution serait, comme pour d’autres domaines, la relocalisation. Plutôt les provinciales que la ligue des champions.
 
Repenser les sports comme une industrie polluante[4] permettrait de déterminer l’acceptable en la matière. Et pour ceux qui entreraient dans ces critères d’acceptabilité, penser à les relocaliser serait la seconde étape.
 
Encore un doux rêve.
 
Denis MARION
 
Entrepreneur sans but lucratif.

Par chercheinfo • Mardi 13/07/2010 • Version imprimable

Air chaud et jambes épilées.

A Beauvechain, 60.000 gugusses ont passé leur week-end, à observer des bourrins faire des culbutes plutôt que de s’envoyer en l’air, 40.000 de moins que prévu. Mais même à 100.000, cela ferait un peu trop de CO² lâché dans l’air par tête de pipe. L’Air Show ne se sent pas concerné par sa pollution manifeste et ce n’est pas les ho et les ha de l’assistance qui compensent les émissions de gaz à effet de serre. Le Tour du Flanc, c’est le même. Treize cents bagnoles pour quelques cyclistes, cela fait cher en pollution le coup de pédale[1] et la minute de spectacle. Ne parlons pas des coupes de foot et des championnats de F1. Le pétrole se perd dans les océans et se gaspille dans l’air…
Qu’importe ! Dehors les rabat-joie. Nous nous amusons, c’est bien notre droit. Brulons l’or noir jusqu’à sa dernière goutte.
 
Mais la dernière goutte est peut-être bien plus proche que nous pensons. Même les huiles du Pentagone américain s’inquiètent.
Un rapport préparé par le haut commandement unifié des forces étasuniennes, publié par le Guardian de Londres la semaine dernière, conclut que la planète aura dépassé le «pic pétrolier» d'ici deux ou trois ans, ce qui va engendrer une pression sur les prix. Ceux-ci devraient se stabiliser autour de 100 $ le baril. Selon ce rapport, l'essentiel de la pression sur la demande proviendra de pays comme la Chine et l'Inde.
Le Pentagone estime que le ralentissement de la production mondiale frappera surtout les pays dont l'économie est fragile, ce qui risque d'exacerber les tensions politiques actuelles et de frapper durement l'économie de la Chine et de l'Inde.
L'Agence internationale de l'énergie ne partage pas le point de vue pessimiste des militaires et ne voit poindre aucune pénurie avant 2030. Mais cette évaluation ne ferait pas consensus au sein de cette organisation.
Les militaires étasuniens sont les plus gros consommateurs uniques de pétrole dans le monde. En 2008, ils ont acheté pour 16 milliards de dollars de produits pétroliers. Leur consommation moyenne atteint 300 000 barils par jour, ce qui en fait l'armée la plus énergivore de la planète, au point que certaines études y voient son principal talon d'Achille à moyen terme.[2]
 
Si les militaires s’inquiètent, c’est moins pour la planète que pour leur position. Le constat est néanmoins là.
 
D’aucuns diront que la raréfaction du pétrole conduira à une diminution des émissions de gaz à effets de serre. Tout cela sera alors résolu. Truisme !
Quand nous aurons brûlé les dernières gouttes, le climat sera sans doute cul par-dessus de tête. Et insuffisamment préparé, nous ne pourrons pas faire face aux réalités énergétiques et climatiques.
 
Il faut que la transition vers une société moins polluante et moins énergivore se fasse. A tous les niveaux. Ce n’est pas parce que le Pentagone a obtenu que ses activités, guerre et paix confondues, ne soient pas comptabilisées dans les quotas de CO² attribués aux Etats-Unis[3]n’empêche 22 gars et leurs supporters de bien s’amuser sur une prairie voisine et pour les exhibitionnistes du mollet de se produire sans les relents sonores d’une marque de montre.
 
Ce n’est pas parce que l’on fait autrement que cela n’est pas amusant.
 
Denis Marion
Entrepreneur sans but lucratif.
 
PS. J’ai perdu ma casquette « Rik Van Looy » lors de la flèche wallonne de 1968. Quelqu’un l’aurait-il retrouvée ?     
 

Par chercheinfo • Mercredi 07/07/2010 • Version imprimable

Bobonne, t’attends la pension pour dégager du trottoir ?

Dans la série "Bobonne verse dans la délinquance".

Brussels Studies vient de sortir une intéressante étude[1] dont les conclusions devraient être plus largement diffusées. Cela permettrait à chacun d’entre nous de mieux comprendre la vie de notre société, de moins fantasmer. Cela permettrait de démonter certains discours politiques, mais aussi de nous rappeler notre responsabilité.

 

Mon propos n’est bien entendu pas de nier la réalité d’une insécurité ou d’un sentiment d’insécurité. Même si l’importance qu’il leur est donné est fonction de la mentalité de chacun, il n’en reste pas moins qu’elles nous touchent tous et que nous souhaitons en diminuer la pression. Nous pouvons bien entendu débattre de la manière d’arriver à ce résultat. Est-ce affaire de politique judiciaire, de répression, de prévention, de rapport de société, de politique sociale ? Chacun, selon son courant politique, ses convictions personnelles, aura une approche différente. Cependant, il est des éléments de réflexion qui nous renvoie directement à nos propres comportements.
 Indépendamment d’une estimation de la fréquence des infractions dont eux ou leurs proches auraient été victimes, il a été demandé aux personnes de désigner, parmi une liste de dix-sept, quels comportements ils considéraient comme problématiques dans leur quartier. Ces données reflètent un souci par rapport à une situation, que celle-ci soit quantitativement importante ou non. Huit problèmes recueillent plus de 20% de réponses « tout-à-fait » à Bruxelles. Parmi elles, trois concernent la circulation automobile, deux des vols (cambriolages et vols dans les voitures) et trois la dégradation du quartier (objets qui traînent en rue, murs salis et destruction de mobilier urbain). Sur les huit problèmes, six concernent donc des questions relevant davantage de la qualité de vie que de la délinquance au sens où ce mot est communément entendu. Ces chiffres indiquent à la fois qu’une importante proportion des Bruxellois s’accorde à identifier une série de problèmes qu’ils vivent au quotidien et que ceux-ci ne concernent que peu des questions de délinquance à proprement parler[2].
Ainsi ai-je repris cette liste de comportements et leur pourcentage respectifs. Riche d’enseignement.
  1. Cambriolages (35%)
  2. Vols dans les voitures (35%)
  3. Conduite agressive (33%)
  4. Vitesse non adaptée du trafic (31%)
  5. Objets qui traînent dans la rue (29%)
  6. Murs et/ou bâtiments salis (26%)
  7. Destruction des cabines tél./abribus (24%)
  8. Nuisances sonores dues au trafic (22%)
Hormis les points 1, 2 et 7, qui relèvent de la délinquance « classique », les autres relèveraient d’une délinquance que j’appellerais « citoyenne », de ce que certains nomment un manque de civisme, aussi galvaudé soit le terme, d’un manque de respect. Quand des dames bien mises tiennent salon dans une voiture garée sur un trottoir devant une école, obligeant les piétons à les contourner, ne concourent-elles pas à un sentiment d’insécurité ? Quand un expert-comptable, sur une Harley-Davidson, passe pétaradant, négligeant les limitations, les habitants d’un village sont-ils en droit de parler de sentiment d’insécurité ? Quand un automobiliste qui affirme sur son véhicule défendre les droits des enfants passe en trombe dans une « zone trente », que doit-on penser ? Quand un honnête citoyen utilise son joli coupé pour aller déposer ses déchets verts le long des chemins, qu’est-ce donc ?

Cette délinquance citoyenne n’est pas le fait de la « lie de la société » comme se complaisent à affirmer certains. Les deux dames qui conversaient étaient de bonnes bourgeoises qui ne se troublaient pas de la situation. L’expert-comptable est certainement un homme de rigueur quand il s’agit de ses chiffres. Les droits des enfants sont sans doute avant tout théoriques. Et les déchets verts sont biodégradables invoquera-t-on.

D’aucuns avanceront que c’est le fait d’un nombre limité de personne. Ben tiens… Exonération de responsabilité. Renvoi à autrui. Jamais coupable.

Ce sont pourtant typiquement des problèmes que nous pouvons résoudre par nous-mêmes en adoptant des comportements adéquats ou en exerçant ce contrôle social tant dénigré. Pourquoi faudrait-il fermer sa g… quand un c... justifie son comportement par des arguments captieux ?

Aidez les bobonnes et les experts-comptables à ne pas verser dans la délinquance. Ouvrez-la !

 
Denis MARION
Entrepreneur sans but lucratif.
 

PS. Un petit plaisir : une association dans laquelle je suis impliqué, Trop de Bruit en Brabant wallon, vient d’obtenir le prix des associations décerné par Inter-environnement Wallonie, preuve que la démarche citoyenne, si elle est parfois hésitante, est néanmoins possible.

 
 
 
 
 
 
 
 

Par chercheinfo • Mercredi 30/06/2010 • Version imprimable

Le nez dans la m...

par Pierre Titeux

Le pétrole, ça tache, ça colle, ça pue. Autrement dit, le pétrole, ça pollue. L’affirmation peut paraître une évidence voire une lapalissade, pourtant, depuis le 20 avril dernier, elle paraît avoir valeur de révélation. Ce jour-là, la plate-forme de forage Deepwater Horizon installée dans le Golfe du Mexique, au large de la Louisiane, explosa, coûtant la vie à 11 ouvriers dont le souvenir fut rapidement emporté par les 2 à 3 millions de litres de brut se déversant quotidiennement dans la mer. Propriété de Transocean, leader mondial du forage offshore abritant ses plus-values sous le statut défiscalisé des îles Caïman, la plateforme était exploitée par BP qui multiplia les tentatives et procédés aussi expérimentaux que révolutionnaires pour colmater la fuite. En vain. Les nappes d’hydrocarbure n’ont cessé de s’étendre et de se multiplier avant de toucher les côtes américaines où le constat fut posé : cette saloperie de pétrole tache, colle et pue...

Ainsi donc, l’Homo Occidentalis a atteint un tel niveau de suffisance et de cécité qu’il doit avoir le nez dans la m... pour constater que celle-ci n’a rien de ragoûtant. Il lui faut des plages souillées, des oiseaux englués, des poissons asphyxiés et des écosystèmes mutilés pour se rappeler que ce pétrole dont il devenu accro fait payer cher – au propre comme au figuré – sa toute-puissance.

Eh non, M’sieurs-Dames, les publicités ont beau nous vendre des stations-services propres et coquettes, des carburants aux effluves vertes et des échappements rejetant fleurs et papillons, le pétrole ce n’est pas propre, ça ne sent pas bon et ce n’est pas inoffensif. Par ailleurs, il exige un sacré boulot, des risques plus ou moins mesurés et des manipulations jamais sans nuisances avant d’arriver dans notre réservoir... Autant de réalités dont la facilité d’accès et le confort d’usage dont nous bénéficions aujourd’hui ont une fâcheuse tendance à nous couper. Faire le plein mais aussi allumer une lampe, tourner un robinet ou tirer une chasse d’eau sont devenus des gestes banals, des automatismes dont nous n’avons plus la moindre conscience des impacts en amont ou en aval. Or, rien de tout cela n’est innocent ; par-delà le prix qui nous sera facturé, chacun de ces actes a un coût environnemental et social. Et ce n’est pas parce que notre responsabilité est (très) diluée qu’elle doit être ignorée.

Il est aujourd’hui de bon ton de stigmatiser BP, ses imprudences et ses manquements aux règles, mais il serait trop facile d’en faire un bouc-émissaire unique coupable d’une catastrophe que nous devons refuser de considérer comme évitable. D’une part, nous sommes tous les clients avides de BP – ou d’un autre pétrolier, peu importe –, demandeurs d’une énergie abondante et bon-marché peu soucieux des conditions permettant que cette demande soit satisfaite. D’autre part, n’en déplaise à nos fantasmes de domination par la science et la technique, le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais, l’accident fera toujours partie de la donne avec laquelle nous devrons jouer.

S’il conviendra d’analyser les circonstances de la catastrophe de Deepwater Horizon afin d’en déterminer les responsabilités et tenter d’obtenir les “dommages et intérêts” qui permettront de réparer ce qui peut l’être, il serait regrettable que nous en restions là. Il faudrait aussi et surtout avoir – enfin – le courage de sortir du deni dans lequel nous nous complaisons et la lucidité de nous confronter à un choix dont nous ne pourrons indéfiniment reporter l’échéance : sommes-nous prêts à revoir notre mode de vie pour en réduire le coût environnemental et social ou sommes-nous au contraire disposés à payer un prix de plus en plus fort pour ne rien changer ? C’est là en effet la seule question qui vaille et qui nous permettra de sortir de la schizophrénie dans laquelle nous nous complaisons en voulant croire que nous pourrons continuer sur la même voie sans devoir en assumer les désagréables conséquences ...

La position de Barack Obama apparaît d’ailleurs symptomatique de ce dilemme devant lequel nous sommes aujourd’hui. Quelques semaines avant l’explosion de Deepwater Horizon, le Président américain avait en effet communiqué son intention d’autoriser les forages pétroliers en mer au nord de l’Alaska, dans une région glaciaire où les spécialistes s’accordent à considérer que tout incident sous-marin serait quasiment insoluble. Le programme énergétique de son administration prévoyait par ailleurs le développement de nouvelles installations off-shore au large des côtes US, notamment dans le Golfe du Mexique. On peut dès lors douter, sans risquer le procès d’intention, que le moratoire de six mois décrété par BO sous le coup de l’émotion – et qui vient d’être déclaré illégal par la justice américaine – passe le cap de l’effet d’annonce...

Cette schizophrénie tiraillant Obama (et bien d’autres !) entre pulsions environnementales et comportements économiques se double d’une approche quasi autistique refermant le décideur sur son univers politique. Ainsi, lors d’un discours prononcé le 28 mai en Louisiane, le président Barack déclara : “J’ai eu tort d’autoriser les forages en pensant que les compagnies pétrolières travaillaient de concert pour éviter les pires scénarios. Ce n’était pas une simple croyance aveugle de ma part : jusque là, dans le Golfe, tout s’était plutôt bien passé.” [1] “Plutôt bien passé”, vraiment ?

Le 3 juin 1979, une fuite importante se déclara sur le puit Ixtoc-1 géré par la plateforme Sedco 135F et situé dans la baie de Campeche, à proximité immédiate des côtes mexicaines. L’écoulement de pétrole ne put être stoppé que le... 23 mars 1980, soit après 295 jours. On estime que quelque 3,5 millions de barils – soit plus de 550 millions de litres – se répandirent alors dans la mer [2]. A titre de comparaison, Deepwater Horizon aurait jusqu’à présent déversé environ 1,3 millions de barils (207 millions de litres). Il faut une sacrée dose de mauvaise foi, de méconnaissance du dossier et/ou de culot populiste pour affirmer face à ce bilan qui fait de Sedco 135F la plus importante marée noire du XXème siècle que “jusque là, dans le Golfe, tout s’était plutôt bien passé”... !

Il est vrai que les autorités américaines et mexicaines s’entendirent pour garder la chose relativement confidentielle et y réussirent d’autant plus facilement que seule une infime partie des rejets arriva jusqu’aux côtes. Mais le désastre environnemental n’en fut pas moins majeur. D’une part, le feu ayant été utilisé comme arme essentielle contre cette marée noire, d’importantes quantités de “brut” furent brûlées, émettant dans l’atmosphère une masse considérable de polluants. D’autre part, près de 90% des organismes vivants localisés dans la zone de l’accident furent détruits. Mais les destructions loin des yeux restent aussi loin du coeur...

Dans le même ordre d’idée, qui sait – et, a fortiori, se soucie du fait – que l’exploitation pétrolière terrestre opérée au Nigéria génère chaque année depuis plus de quarante ans une pollution équivalent à 40 millions de litres ? Tout au plus les médias nous offrent-ils ponctuellement quelques images spectaculaires lorsqu’une de ces fuites dégénère en explosion meurtrière. Mais pour le reste, silenzio stampa... C’est l’omerta. Pourtant, 40 millions de litres, cela équivaut approximativement à ce qui s’échappa des soutes de l’Exxon Valdez après qu’il se fut échoué sur la côte de l’Alaska une nuit de mars 1989. Un événement qui bénéficia d’une couverture médiatique retentissante et déboucha sur un procès au cours duquel les dommages et intérêts se négocièrent en milliards de dollars. Les Nigérians, eux, pataugent non seulement dans le brut mais aussi dans l’indifférence générale. Loin des yeux, loin du coeur et loin du portefeuille... Comme si la détresse d’un Albatros au Nord valait plus que celle d’un être humain au Sud. Comme si ce désastre environnemental et sanitaire était considéré consubstantiel à un pays où l’espérance de vie n’excède pas 46 ans, où 65% de la population urbaine vit dans des bidonvilles, où 1 enfant sur dix meurt à la naissance et 2 sur dix n’atteint pas l’âge de 5 ans... [3]

Pour en revenir à Deepwater Horizon, il faut savoir que son exploitation impliquait de descendre à 1.525 mètres sous le niveau de la mer puis de forer à 4.500 mètres ; la pression au débouché du puits atteignait 300 bars (environ 300 fois la pression atmosphérique). Des chiffres impressionnants mais qui ne constituent pas pour autant des extrêmes. Le Golfe du Mexique, réputé pour ses records en matière d’exploitation pétrolière, abrite ainsi des puits qui traversent jusqu’à 7.000 mètres de sédiments et de roches sous 3.000 mètres d’eau avec des pressions de 1.000 bars... Tout aussi édifiant apparaît le nombre de puits d’ores et déjà en exploitation dans ce Golfe du Mexique : plus de 4.000 ! Comment peut-on croire, dans un tel contexte, que les incidents, accidents et catastrophes sont évitables ?

Le pétrole, ça tache, ça colle, ça pue, ça pollue... Deepwater Horizon aujourd’hui, l’Exxon Vadez, l’Amoco Cadiz ou l’Erika hier, des événements dramatiques nous le rappellent ponctuellement en nous mettant le nez dans la réalité. Notre capacité de déni est toutefois telle que nous refusons de voir les évidences qui affleurent sous la surface des choses. Car c’est une évidence que l’industrie pétrolière est intrinsèquement polluante et dangereuse, un état que les exigences de performances industrielles liées à la raréfaction de la ressource ne feront que renforcer. Et c’est une autre évidence qu’au-delà des nuisances à grande échelle enregistrées lors des catastrophes, le pétrole mène un travail de sape quotidien contre notre environnement, notre espace de vie, qu’il asphyxie progressivement. La négation de cette évidence-là est d’autant plus grave que le mal se répand de manière insidieuse mais inexorable. Et cette fois, lorsque nous aurons le nez dans la m..., il sera malheureusement trop tard.


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[1] Cité dans “Rue 89”, n°1, juillet 2010, p.71

[2] Source : www.oilrigdisasters.co.uk

[3] Sources : www.statistiques-mondiales.com


Par chercheinfo • Vendredi 25/06/2010 • Version imprimable

A chacun son conservatisme.

(J’ai commencé cette chronique lundi 14 juin et l’ai nourrie au fil des jours…)

La Belgique s’est enfoncée encore un plus dans le conservatisme (mâtiné d’indépendantisme) ces dernières élections. Elle suit en cela ce qui se passe ailleurs en Europe, encore récemment avec les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, faisant, par certains côtés, de notre (in)continent une citadelle de peur et d’angoisse.

N’est-il pas légitime de s’inquiéter de son avenir, de celui de ses enfants ? N’est-il compréhensible que nous voulions conserver tout ce que nous avons sans que d’autres « qui n’ont rien fait pour » ne viennent nous le piquer ?  C’est parfaitement normal pour l’individu qui a autant de conscience qu’une pierre, qui pense à un avenir à long terme avec des réflexions à court terme, qui manipule le passé pour justifier son présent, niant autant la responsabilité de ses pères que la sienne. Un certain portrait de l’Européen… ou plus simplement du nanti face aux plus démunis.

Je n’ai personnellement pas un avis tranché sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ou sur la volonté d’indépendance qui pourrait en découler. D’abord, faudrait-il s’entendre sur ce qu’est un peuple, particulièrement en Belgique, où des chantres du mouvement flamand portent un nom francophone et des leaders wallons, un patronyme flamand. Ensuite, parce les volontés d’indépendance sont plus liées en Europe à des considérations pécuniaires que réellement identitaires ou à qu’à un rejet de la sujétion.

Ainsi donc, le nord du pays s’est plongé dans un conservatisme de droite. Mais le sud est resté progressiste, si tant que cela veuille dire encore quelque chose. Mais il est une chose que les partis gagnants de ces élections ont en commun : la tiédeur face aux questions environnementales. Cela est clair pour la NV-A qui n’a pas repris dans son discours l’intérêt que pouvait avoir la VU pour l’environnement. Le parcours politique et professionnel de son leader ne le pousse pas à considérer cela comme une priorité. De même au PS, il existe une certaine condescendance pour ces matières. Il y a déjà la manière peu élégante avec laquelle un (ancien) ponte du parti, Mr Eerdekens, considère l’écologie. Mais cette caricature n’est peut-être que l’expression d’un sentiment finalement commun dans son parti.

Pierre Titeux dans sa chronique Qui avale une noix de coco doit avoir confiance en son anus... en disait un mot.

Le vendredi 4 juin, la Coalition Climat – plateforme regroupant plus de 80 organisations de la société civile (syndicats ; ONG Nord/Sud, de développement, environnementales... ; mouvements de jeunesse ; etc.) censées représenter un million de personnes – a souhaité « faire entrer le climat dans la campagne » en conviant les présidents de partis à venir « voter pour le climat » sur les marches de la Bourse de Bruxelles, lieu symbolique d’un système au coeur de nos maux. Les partis envoyèrent tous une délégation plus ou moins prestigieuse mais ce qui semble avoir frappé les politiques, plus que les revendications sur lesquelles ils étaient invités à se prononcer, c’est la maigreur de la mobilisation autour de l’événement, ce que le Ministre Magnette venu représenter le PS ne manqua pas de relever avec une pointe d’ironie en disant espérer « que vous serez plus nombreux une prochaine fois ».

Cette ironie ne cache-t-elle finalement ce malaise qu’a le PS, mais pas seulement lui, tous les politiques, je pense, même certains Ecolos, ce malaise face aux défis liés à la dégradation de l’environnement. Nombre d’entre eux sont convaincus que cela constitue un des risques majeurs des deux prochaines décennies. Mais se sentent-ils capables d’expliquer à leurs concitoyens la nécessité de modifier leurs habitudes de vie ? J’en doute. Pourtant, parce que je ne peux qu’être enclin à suivre Pierre Titeux quand il dit que « l’environnement constitue une préoccupation mineure pour une très grande majorité du public », ce serait leur rôle d’expliquer ces enjeux.  Ils le font très bien pour nous expliquer le besoin de rigueur financière, d’allongement de la durée de travail. Mais que les gens crèvent en travaillant soit, mais que l’on ne vienne pas leur enlever leurs paradis artificiels.

On va donc s’accorder à réformer, à modifier nos structures pour simplement continuer dans la même voie sans issue.

Je ne sais pas si c’est comme cela que Daniel Cohn-Bendit entendait le conservatisme des élections en Belgique, mais c’est en tous les cas comme cela que je le vois.

 
Denis Marion
Entrepreneur sans but lucratif.
 

PS. A choisir, Pierre, je préférais que tu t’exhibes nu sur la scène du concours Reine Elizabeth plutôt que immoler devant le 16 rue de Loi. A force peut-être que le message finirait par passer.[1]

 

[1] Dans la même chronique citée plus haut.

Par chercheinfo • Mercredi 16/06/2010 • Version imprimable

Ce n’est pas la multiplication des partis qui rendra cette planète vivable

La biodiversité n’est pas en danger… certainement en Belgique… en tous les cas en politique. Des partis politiques, il y en a de « toutes les cougnes ». Je ne dis pas que c’est un mal, l’idée d’un parti unique n’étant pas faite pour me plaire. Cette diversité est importante pour l’existence d’un débat démocratique quand bien même celui-ci serait confisqué de facto par les partis traditionnels. Mais ce qui est considéré par la plupart comme indispensable à notre vie sociale semble beaucoup moins intéressant quand il s’agit de la nature.

Quand Zébulon 1er, empereur d’Outre Quiévrain assène un « L’environnement, ça commence à bien faire », on rentre, permettez-moi, dans le domaine de la « connerie ». Ce serait déjà gênant de la part d’un quidam, mais venant d’un dirigeant politique, cela frise le crime. Cette phrase sortie pour complaire aux grands syndicats agricoles français est l’expression même de l’ignorance et du mépris que nous pouvons avoir pour les matières environnementales, et singulièrement pour la protection de la nature.

Comme en politique, dans la nature, si un seul détient le pouvoir, la catastrophe est toujours au bout du chemin. Pourtant, ce risque ne nous préoccupe pas. L’idée d’un réel danger ne nous effleure pas. Pire, qu’importe une nature en bonne santé si nos concitoyens ne peuvent asseoir leur prospérité. Ce mot revient si souvent dans la bouche de nos politiques. Encore, dernièrement, j’entendais un politique néerlandophone s’ériger en défenseur de la prospérité des Flamands : pognon, pognon. Vue si courte de ces enfants qui dévorent la boite de chocolat et qui s’étonnent quand elle est vide. Et quand dans leurs discours, nos dirigeants parlent de rigueur, et en règle général,  pas pour les plus riches, j’aimerais que cette rigueur s’applique à autre chose qu’au budget des états. Si nos dettes financières font le plaisir des spéculateurs, nos dettes environnementales seront la mort de nos sociétés.

Parce que les « prospérités » en matière de biodiversité ne sont pas nombreuses, il est temps d’agir. Certes des associations, des hommes, des femmes, des communes[1], s’investissent dans ce combat. Magnifique, mais peut-être désespéré, si globalement nous n’évoluons pas plus vite dans nos réflexions et nos actes. Le danger est pourtant là. Au rythme des extinctions des espèces et de leur influence sur l’équilibre, certains prétendent que la « disparition de la vie » est programmée à un horizon de deux siècles. Elucubrations, exagération ? Peut-être ? Il n’empêche que cette perte de biodiversité inquiète de nombreux scientifiques et de nombreux organismes…
 
Ainsi selon la FAO…

On estime qu’actuellement, 30 espèces seulement couvrent 95 pour cent des besoins énergétiques  humains et quatre d’entre elles (le riz, le blé, le maïs et la pomme de terre), plus de 60 pour cent. Au vu du rôle important que joue ce nombre relativement restreint d’espèces cultivables pour la sécurité alimentaire, il apparaît crucial de maintenir la diversité existante en leur sein. Si les espèces végétales qui couvrent l’essentiel des besoins énergétiques et en protéines sont assez peu nombreuses, elles sous-tendent souvent une grande diversité. Par exemple, on estime que l’espèce de riz Oryza sativa compte plus de 100 000 variétés différentes. Les communautés d’agriculteurs des Andes exploitent plus de 175 variétés de pommes de terre locales. Cette diversité d’espèces permet de cultiver dans différents sols, régions ou conditions météorologiques[2].

Cette richesse est clairement menacée.

Les océans sont aussi victimes de ces disparitions, de manière plus importante, mais malheureusement moins connue que celles des zones terrestres. Le scandale du thon rouge est là pour nous le rappeler. Les pêches dévastatrices[3] y sont pour beaucoup, mais de nombreuses autres activités humaines sont également responsables. La marée noire au large de la Louisiane devrait également nous servir d’épouvantail.

Pourtant, même ceux qui ne vivent que par les chiffres devraient s’inquiéter. Les services rendus par la biodiversité sont difficilement chiffrables[4], mais leur valeur est indéniable et leur fragilité avérée[5]. Le travail incessant des abeilles peut être difficilement remplacé par les petites mains d’une main d’œuvre sous payée.

Le 13 juin, vous voterez pour qui vous voudrez. Je ne suis pas certain que cela aura un impact positif pour la biodiversité. Mais n’attendons pas cette date pour modifier nos comportements. Et il y a un petit livre pour vous aider : « 366 gestes pour la biodiversité »
 
Denis MARION
Entrepreneur sans but lucratif.


Par chercheinfo • Mardi 01/06/2010 • Version imprimable

A poil électoral

Par Pierre Titeux, le 27 mai 2010
 

Je dors à poil, été comme hiver. D’une manière générale, les vêtements m’oppressent, je me sens comme dans un carcan. C’est la raison pour laquelle je ne porte que des chemises, trop grandes de quelques tailles et avec toujours deux-trois boutons ouverts.

Oui, j’ai déjà pratiqué le naturisme. Mais pas dans un centre de vacances ou un camping spécialisé ; le côté ghetto me dérange. Le pied, ce sont les vastes plages réservées que l’on trouve sur le littoral français, des kilomètres où chacun peut profiter du soleil, du vent et de l’eau sans être le nez sur les fesses de l’autre !

Comme pour tous les gosses – surtout de ma génération où le tabac n’était pas encore classé poison mortel, la cigarette a fait partie d’un processus d’affirmation de soi... un brin ridicule, j’avoue. La première taf remonte à mes neuf-dix ans. C’était une “Sprint”, que j’avais piquée à mon père. J’ai continué à “en griller une” régulièrement mais sans jamais devenir accroc. Et j’ai arrêté lorsque j’ai débarqué à l’université. Tout le monde y fumait et comme j’ai un caractère qui ne s’accommode pas des pratiques grégaires...

Lorsque je ne suis pas au top, cela peut déboucher sur une crise de boulimie aiguë. Il m’arrive ainsi d’ingérer trois fricandelles avec deux grandes frites mayonnaises et une bouteille de vin blanc pour faire passer le tout...

Entre vin et bière, il n’y a pas photo : vin ! Bordeaux pour le rouge ; chardonnay pour le blanc. Mais je ne sais pas vraiment apprécier et consommer avec modération alors j’applique souvent le principe de l’alcoolique selon lequel il est plus facile de refuser le premier verre que les suivants.

Vingt-deux ans de vie commune, c’est un bail. Pourtant, entre nous, c’est comme au premier jour : toujours aussi difficile !

J’échangerais sans hésiter une nuit avec Monica Bellucci, Sophie Marceau, Eva Mendès, Emmanuelle Beart, Penelope Cruz ou Scarlett Johanson contre une heure en tête-à-tête avec Jodie Foster.

Je suis plus douche que bain, dessert que fromages, rugby que football, Stones que Beatles ; je ne se supporte pas de rester inactif, devrais perdre 20 kilos pour retrouver mon poids de forme, ne crois plus au Père Noël et rêve de faire un jour tous les grands cols du Tour de France à vélo.

Voilà : vous en savez un peu plus sur moi... Cela ne présente pas le moindre intérêt, vous vous en foutez dès lors royalement et vous avez on ne peut plus raison !

Pourtant, à en croire le contenu d’une rubrique électorale lancée depuis quelques jours par le quotidien belge préféré des amateurs de sports, de faits divers et de populisme, certains politiques semblent considérer que ce type d’informations personnelles voire intimes contribue utilement au débat démocratique sinon à l’édification des foules. Comment comprendre sinon qu’ils acceptent avec tant de complaisance de se donner en pâture au voyeurisme ordinaire à travers l’interview décalée évoquée ci-dessus... ?

On m’objectera la volonté d’aller vers l’électeur, de montrer qu’ils sont des hommes (et des femmes) comme les autres. Mais est-ce vraiment ce qu’on attend d’eux ? En quoi ces révélations confinant parfois au pathétique contribuent-elles à leur crédibilité, à l’affirmation de leurs compétences, à la défense de leurs valeurs et programme ?

Ce type d’article n’est pas nouveau mais c’est, à ma connaissance, la première fois qu’il fait partie intégrante de la couverture d’une campagne électrorale. Et il m’apparaît difficile d’y voir un signe de la vigueur et de la qualité de notre vie politique... Les “politiciens” (à prononcer avec une moue mêlant dégoût et mépris) souffrent déjà d’une image négative voire déplorable. Loin de contribuer à l’améliorer, ces sorties entre “people” et café du commerce contribuent de facto à miner le peu de respect qui entoure encore une fonction pourtant intrinsèquement noble. C’est la raison pour laquelle on ne peut se contenter de les ignorer en les considérant comme insignifiantes.

Alors que l’actualité décline la crise sous toutes ses formes (institutionnelle, financière, économique, monétaire, sociale...), ceux qui sont censés être en état d’urgence pour sortir le pays du bourbier dans lequel il s’enlise trouvent le temps – et considèrent opportun... – de nous parler de fricandelle, djellabah, système pileux et transports amoureux. Il n’y a pas à dire, ça fait sérieux ! Mais il est vrai que les succès électoraux de papa Daerden et Don Berlusconi, respectivement chantres de la bonne humeur éthilique et de la séduction botoxée, ont démontré par l’exemple que le sérieux n’était pas le meilleur moyen de racoler l’électeur... Car c’est bien de cela qu’il s’agit : se montrer sous un autre jour, éminemment sympathique, pour tenter de capter quelques suffrages sourds aux discours programmatiques mais pas insensibles à la dimension humaine. C’est une autre façon de faire de la politique ; reste à savoir si la fin justifie ces moyens...

Je note en ce qui me concerne qu’on ne verra jamais un haut responsable économique sacrifier à ce genre de facétie. « Alors, vicomte Davignon, plutôt slip kangourou, boxer ou caleçon ? » - « Dites-moi, Albert Frère, vous êtes aussi bon au lit qu’en affaires ? » Ca aurait de la gueule, non ? De même, ces frasques journalistiques sont exclusivement réservées à des hommes (jusqu’à présent du moins ; sans doute y aura-t-il bien l’une ou l’autre candidate pour faire mentir la règle avant le 13 juin). Ces dames n’ont-elles pas été sollicitées ou sont-elles simplement plus dignes ? Dommage, je rêve de ces questions pleines de tact : « Sarah Turine, c’est quoi votre préférence en lingerie : string ou culotte Petit Bateau ? »« Laurette Onckelinkx, dites-nous, Maître Marc, au lit, c’est aussi un as du barreau ? » - « Sans langue de bois, Joëlle Milquet, cette noirceur capillaire, c’est un don de la nature ou le résultat d’une bonne teinture ? »« Sabine Laruelle, vous pouvez nous raconter votre dernière cuite ? »

Et pendant ce temps, on attend vainement de voir l’enjeu environnemental et toutes ses dimensions sociétales surgir dans la campagne... Comme il paraît loin, le temps où nos ténors entonnaient en choeur le crédo de l’urgence écologique et se revendiquaient unanimement des préceptes d’Al Gore et Nicolas Hulot. C’était en 2007. Depuis, l’urgence n’a cessé de croître... mais est passée de mode. Et ça, en période électorale, c’est un handicap fatal.


Par chercheinfo • Jeudi 27/05/2010 • Version imprimable

Tu ne tueras point a dit le Seigneur.

« Tu ne tueras point a dit le Seigneur. Cela ne veut pas dire seulement occire son voisin, mais aussi ne pas respecter le code de la route »
Extrait d’un prêche de 1953.[1]

Ma femme et moi avons failli mourir, il y a quelques semaines. Nous avons senti passer la faux sur une route près de chez nous, suffisamment près pour en entendre ce sifflement caractéristique pour ceux qui connaissent ce son d'un jour d’été, beaucoup moins rural et sympathique dans une voiture…

Cela vaut-il la peine d’en faire une chronique ? C’est déjà si difficile d’en relater les circonstances sans tomber dans le procès-verbal ou le constat et puis, je raconte déjà tellement mes déboires circulatoires.

Je n’aurais donc pas écrit cette chronique si, il y a peu, je n’avais pas été à Lasne, pays des 4x4 qui avalent les casse-vitesse censés les ralentir (ce que ne peut pas faire ma petite voiture). Je ne sais pas vous, mais je me sens toujours mal à l’aise quand je ne vois plus que la calandre d’une jeep dans mon rétroviseur. J’aime la convivialité, mais sur les routes, j’apprécie que l’on garde ses distances, quand bien même serait-ce une dame qui me suive.

J’aurais pu mettre cela sur le compte de la distraction si cela n’avait pas duré trois ou quatre cents mètres et quelques casse-vitesse. Alors, à un carrefour, je m’en ouvris à la conductrice, très poliment je vous assure. Elle me renvoya, manant, par un vulgaire « dégage », avec une rare arrogance qui rime si bien avec violence.

Alors, pour en revenir à ma presque fin, l’épisode relaté au début est simplement celui d’un homme trop pressé qui ne tient pas compte des interdictions de dépasser et de la possibilité qu’ont certains de tourner à gauche sur un trajet qu’il connaît très bien puisqu’il habite à quelques centaines de mètre de là.

Aurait-il provoqué  un accident, que l’on aurait sans doute parlé de « pas de chance », peut-être aussi d’homicide, mais si involontaire.

Et pourtant, je ne suis pas loin de croire que nous sommes plus près de la délinquance que de l’imprévoyance. Il y a quelques 150 homicides par an en Belgique et un petit millier de morts sur les routes[2]… Là-dedans, il doit bien en avoir quelques-uns qui tiennent plus du « meurtre »  que de l’erreur humaine.

Bruit, vitesse, intimidation du Matamore qui joue avec celle des autres, sont encore malgré toutes les campagnes de prévention, un modèle bien suivi, tant par les hommes que par les femmes d’ailleurs. Même dans ses formes les plus bénignes, cela est vécu  quotidiennement par des milliers de personnes comme de la violence, une violence si ordinaire que leurs ne s’en rendent pas compte ou ne s’en sentent pas responsables.

Pourtant, quels ne sont pas les citoyens qui se plaignent, par exemple, de la vitesse excessive dans les rues de nos villages et ont peur pour leurs enfants. Ils mettent en avant la perte de convivialité liée à cette insécurité. Chacun connaît maintenant ce lien entre vitesse et risque d’accident. Mais ce que l’on connaît moins, c’est le rapport entre la vitesse et le bruit. Passez dans une rue à 70 km/h plutôt qu’à 50 km/h augmente le bruit de 2 à 3 décibels, soit un doublement du niveau sonore[3]. Bien entendu, le revêtement de la route aura son rôle à jouer. Rouler à vive allure sur des pavés sera plus bruyant que sur de l’asphalte. La manière de conduire influence aussi nettement la pression sonore. Freiner et accélérer vivement à un carrefour ou à un casse-vitesse augmentera le bruit perçu par les riverains. Les études montrent que tout ce bruit n’est pas sans influence sur la santé et qu’il accentue cette perte de convivialité évoquée plus haut.[4]

Si nous nous mettions à lever le pied, à respecter les riverains et les autres usagers, si nous nous arrêtions de penser qu’un permis de conduire est un permis de port d’arme. 

Denis MARION.
 

[1] Repris d’un documentaire sur Fernand Raynaud, les trente glorieuses et la voiture.

[3] L’échelle des décibels est logarithmique : si l’on ajoute 3 décibels, cela correspond en fait au doublement du niveau sonore. Et si l’on ajoute 10 décibels à un niveau sonore, celui-ci est en fait multiplié par 10.

[4] Tenez-en alors compte dans votre manière de vous déplacer. Privilégiez les déplacements à pieds ou en vélo. Et si vous devez utiliser un véhicule à moteur, adoptez un mode de conduite respectueux. La convivialité et la sécurité en seront augmentées.

 

Par chercheinfo • Jeudi 20/05/2010 • Version imprimable

Les problèmes des vrais gens.


La Belgique, déchirée entre Flamands et francophones, serre les rangs contre la burqa. Dans un rare moment d’unanimité, la Chambre des représentants a voté jeudi soir l’interdiction totale du voile islamique intégral dans l’espace public, faisant du royaume le premier Etat européen à légiférer sur le sujet
souligne vendredi Le Figaro.[1]

Le gouvernement se ramasse sur BHV, un dossier qui finalement n’intéresse que peu de monde, même en Flandres. Dans le même temps, nos députés trouvent le temps de voter une loi sur la burqa. Mettons les choses au point. Il est opportun de s’inquiéter de pratiques d’un autre âge, comme il serait opportun de se pencher sur les messages véhiculés par la publicité ou la mode, comme il est opportun de s’indigner du sort fait aux plus démunis ou à la planète.
 Mais il est peut-être plus facile de se battre sur des symboles qui ne concernent objectivement que peu de monde que de s’attaquer à des éléments fondamentaux : pauvreté, pollution, mode de vie destructeur,…
 
Serge Halimi, dans l’édition d’avril 2010 du Monde Diplomatique,  parlait de Burqa-bla-bla[2] 
Les Français sont vraisemblablement plus nombreux à connaître le nombre de minarets en Suisse (quatre) et de « burqas » en France (trois cent soixante-sept (1)) qu’à savoir que le Trésor public a perdu 20 milliards d’euros à la suite d’une décision « technique » de l’exécutif.
 
Dans une chronique récente, Henri Goldman traite du même thème
À part les associations défenderesses des droits de l’Homme dont les avis ont été souverainement ignorés (Amnesty international, Human Rights Watch, Ligue des droits de l’Homme, Mrax…), rien n’est venu troubler la belle et courageuse unanimité obtenue à si bon compte sur le dos d’une poignée de semi-cloîtrées silencieuses qui du coup le seront encore un peu plus. [3]

Détournons les yeux des électeurs avec des symboles[4] (dont parfois, il est vrai, ils ne se foutent pas), des réels problèmes. Qu’un arrondissement ne soit pas scindé ne contrariera que quelques excités et ceux dont le fonds de commerce est essentiellement le communautaire. L’interdiction de la burqa ne concernera que quelques femmes dont il faut certes s’inquiéter du sort, mais peut-être autrement…

Les mesures anti-crises pourraient ne pas être reconduites. Des propositions de loi intéressantes seront sans doute jetées aux paniers. Le travail des parlementaires sera à recommencer, avec toute la difficulté inhérente au parcours d’un texte de loi.

« Les vrais problèmes des gens » ont à la bouche de nombreux politiques.  Je préferais que l’on parle « des problèmes des vrais gens » parce que j’ai l’impression que certains élus ont quitté leur enveloppe charnelle.

 
Denis MARION
 
  

Par chercheinfo • Jeudi 06/05/2010 • Version imprimable

Les cracks de la pollution.


Avec Bourvil-"Les Cracks"
. -
J’avais le choix pour cette chronique. M’attaquer aux aides que réclament les compagnies aériennes, m’indigner de l’attitude des politiques belges ou vilipender les coureurs cyclistes pollueurs.
 Les compagnies aériennes belges peuvent attendre puisque le gouvernement est démissionnaire. Les politiques belges, eux, ne perdent rien pour attendre. Je leurs réserve un chien de ma chienne. Mais les cyclistes, c’est de saison.
Trois coureurs, Benjamin Gourgue, Christopher Froome et Blel Kadri, qui ont participé mercredi dernier à la Flèche wallonne, en Belgique, font l'objet d'une plainte pour « pollution » à la suite de jets de bidons en bord de route

Incongru trouvez-vous qu’une association porte plainte contre des coureurs qui auraient jeté leurs déchets sur la voie publique ? Je ne suis pas un criminel disait sur les antennes de la RTBF l’un des sportifs cités plus haut. Pourtant, dans nos rues, cela vaudrait à l’auteur une amende de quelques dizaines d’euros. Mais c’est la tradition. Les pauvres coureurs ne peuvent pas revenir avec leurs déchets sur le porte-bagage ou dans leurs fontes. 

Moi, je vous dis que cette association a pleinement raison.

Un, c’est un mauvais exemple. Et il doit être pleinement suivi puisque que le long des routes, surtout à certains endroits privilégiés, c’est la foire aux canettes et aux bouteilles. Et ce n’est pas uniquement le fait des autres usagers.

Deux, par simple justice. Pourquoi le citoyen lambda et pas le cycliste dopé ? Ce qui me fait penser à un autre problème, mais trop délicat pour une rubrique de bon ton.

Trois, par goût du sport. Tout le monde à la même enseigne. Une paire de fontes. Un jambon beurre ou des tartines au choco, une fillette de rouge, une gourde, mais pas la même ou une canette de bière (pas d’affreux sodas) et contrôle à l’arrivée, y compris le pot de rillettes éventuel. Pourquoi ne pas aller à quelques boyaux de rechange et une trousse à outils. On supprimerait les voitures suiveuses. Ce serait du CO2 en moins. Et tant que l’on y est, supprimons la caravane. Il n’y a plus d’Yvette Horner. Et la publicité Rodania est plutôt énervante. Cela fera certes des brols en moins pour les gamins, mais surtout sur les accotements. 

Allez. Avouez… Pour tous ceux qui regardent le Tour de Chose pour les paysages… Ce serait plaisant de voir des coureurs pique-niquer. Ce serait didactique aussi. Comment réparer une crevaison ? Ou reforger une fourche ? Une prime au sportif débrouillard. Ce serait édifiant de voir les joueurs arriver à l’étape et trier leurs déchets.

Et puis pensez à nos talus, accotements, prés et champs, cela fera des crasses en moins à ramasser par les cantonniers, les scouts, le club des jeunes cyclistes, les amateurs de paysages, notre sympathique Jojo[1], les défenseurs de la nature, les machines agricoles, …

 
Denis MARION
 

PS. A ce train-là, diront les grincheux, on pourrait fiche des amendes aux formules un. Pourquoi pas ? Pour ce que cela sert. 

 
 

[1] J’ai évité l’affreux Jojo.


Par chercheinfo • Jeudi 29/04/2010 • Version imprimable
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